Inutile de passer en revue les multiples services publics gratuits ou bon marché que chacun connaît, on a beau les lister, les obsédés du racket fiscal semblent ne rien entendre. Pire, ils sont dans le paradoxe total en réclamant à la fois plus de résultats et une diminution des moyens. Il est bon de simplement remettre en tête quelques fondamentaux.
Plus tu payes d’impôt plus tu es riche. Il est donc enviable de devoir payer beaucoup d’impôts. Un artiste ou un actionnaire qui fait beaucoup de rentrées financières sur une courte période va devoir donner un fort pourcentage des gains à la collectivité. Il ne pourra pas amasser d’un coup le magot qui lui permettrait de vivre sans rien faire jusqu’à la fin de sa vie. Le pauvre devra se contenter d’amasser des demi ou des quarts de magots. C’est vraiment si dur de devoir attendre deux ou trois magots pour devenir quand même rentier ? Quelle impatience à vouloir mourir socialement dans la luxure et arrêter toute production personnelle pour la collectivité qui lui a permis de décrocher le gros lot.
Echapper à l’impôt serait devenu un sport national. Des nantis arrivent à utiliser le système pour ne payer aucun impôt. Quel moralité là dedans ? Quels sont les abrutis qui ont permis ça ? Ne serait-ce pas ceux pour qui on ne vote plus ? Un tel sport détruit la nation. L’argent des impôts retourne dans notre poche. Pas en totalité pour les moins à plaindre, qui n’ont donc pas à se plaindre.
Les riches ont les moyens de se passer du service public, tous ponctionnés qu’ils soient. Ceci est parfaitement anormal, anti-démocratique. Comment parler de justice sociale quand riches et pauvres ne sont pas à égalité devant le service public ? Si les nantis n’avaient pas de passe-droit et que le service public était un passage obligé pour assurer leur santé et l’éducation de leurs héritiers, imaginez comment sa qualité augmenterait !
Critiquer les gâchis réalisés avec l’argent collectif est indispensable. Des progrès sont réalisés grâce aux cours des comptes depuis quelques années. Remplaçons donc les incantations médiatiques par des analyses rationnelles et des sanctions électorales. Mais pas d’amalgame avec ce que nous construisons collectivement.
Le fisc et ses agents sont mal aimés, et ils y contribuent sans doute par de l’arrogance et parfois même de l’inhumanité. Toutefois si vous déclarez des choses simples et transparentes vous avez peu de risques d’en souffrir. La complexité des formalités administratives mérite d’être critiquée et réduite, mais évitons ici aussi l’amalgame abusif entre le mode de perception et le principe de l’impôt.
Les machines remplacent notre travail et il y a peu de limites à cette évolution. L’état case les gens dans des boulots de fonctionnaires, des stages parking, des faux statuts de retraité ou d’étudiant. Jusqu’à quand va t’on croire qu’on peut tous avoir un emploi dans les « services » ? Non, il faut convenir qu’une population croissante est contrainte de se retirer du système économique libéral. Elle peut rester active d’une autre manière, et pas forcément contrainte par l’état. On va tous devenir des assistés ou des fonctionnaires. Ben oui ! C’est exactement ça. Plus question de parler d’assistance à partir de là . Même les patrons, de plus en plus seuls à bord de leurs machines sont subventionnés avec notre argent à tous.
L’argent se crée
rait-il uniquement dans
le privé ? Certains croient encore que les impôts des salariés du privé payent les salariés du public. Rappelons donc que le travail dans le public bénéficie naturellement au privé, et que les fonctionnaires achètent des produits fabriqués dans le privé qui payent les salaires du privé.
Le principe des montants brut et net en bas des bulletins de salaire entretient un malentendu. On nous prendrait sur notre salaire. Or les charges patronales sont également prélevées au titre de votre appartenance à l’entreprise, et relèvent donc du même principe. Cette impression de personnalisation de la contribution collective est donc totalement artificielle. Le prélèvement à la source devrait réduire ce malentendu.
La mafia fait ses choux gras du commerce illégal et du travail au noir. L’anti-étatisme, l’anti-humanité, comme l’élitisme y sont élevés au rand de religion. Ces rapaces des perversions sont profiteurs et progénitures de la trop grande richesse et de la trop grande pauvreté. Or l’impôt vient justement réduire ces extrêmes et contribue donc à limiter les dérives mafieuses. Ce qui est anti-impôt est de l’ordre du mafieux.
L’argent des impôts nous protège tous. Ceux qui ne le pensent pas ont la vue très courte, et occultent tous les bénéfices qu’ils en ont retiré depuis leur naissance et qu’ils en retireront encore jusqu’à leur mort.
L’impôt c’est l’humanité. Sans impôt pas d’humanité.
(27 avril 2002, texte du domaine publique, libre copie et modification)

2 commentaires
Bah non, je vais pas me commenter moi-même, c’est juste pour apprendre comment ça marche
ce texte va finir par etre celebre a force de le recopier, arf !
(ct juste pour mettre un message)