Lettre ouverte à Tous, bien que j’aie le vague sentiment qu’il en est plutôt d’une bizarre lettre ouverte, au Père Noël…
Bonjour Tous,
Si je vous le disais, qu’une douce folie
A fait de moi votre ombre, et m’attache à vos pas :
Un petit air de doute et de mélancolie,
Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie;
Peut-être diriez-vous que vous n’y croyez pas.
Musset (1810-1857).
Derrière l’histoire de la connaissance qu’on fait d’une personne, se cache l’histoire de la déception qu’elle nous procure. C’est sans doute un phénomène qui s’explique simplement : avec la silhouette ou les premiers mots se traînent jusqu’à nous des clichés qui achèvent un portrait sommaire et forcément suffisamment positif, assez du moins pour que nous prolongions nos rapports avec cette personne. Et quand ces clichés sont remplacés par du concret, le glamour vole en éclat, et le prosaïque, le paradoxe, la complexité, le banal viennent reprendre leurs droits inaliénables.
Le 8 décembre 2006 au C.I.A.P.A.*
L’homme ne peut se prétendre libre, puisque prisonnier de sa condition d’homo sapiens, donc ce dont la nature l’a doté de manière innée ; prisonnier de sa morale, de son civisme, de son histoire, de sa culture, de son environnement en général, soit ses acquis.
Qui l’ont changé d’un être innocent en un être perverti, aliéné.
La poule. L’œuf. Toujours les mêmes questions qui reviennent. La pensée d’autrui construit-elle notre pensée, où bien est-on attiré par la première parce qu’elle entre en cohérence, en résonance, avec la seconde ? Sans aucun doute y a-t-il interaction entre les deux, une sorte de dialectique, un va-et-vient par lequel on se définit progressivement. On verra ici où j’ai puisé certaines de mes sources spirituelles et intellectuelles, mais aussi pourquoi j’ai d’emblée été attiré par ces sources, c’est-à-dire parce qu’elles ont, à un certain moment, formalisé des intuitions que je portais en moi. Un jour, j’ai compris, et ce fut une révélation, que je n’étais pas seul, pas le seul. Si je parais prétentieux, ce ne sera ni la première, ni la dernière fois.
Voilà déjà quelques temps que je désirais rendre hommage ici au grand penseur que fut Albert Caraco (1919-1971), que j’ai découvert récemment, et tout à fait par hasard, dans les sombres recoins d’une librairie lyonnaise. Son Bréviaire du Chaos est sans doute l’ouvrage qui condense le mieux sa philosophie, si toutefois on peut parler de philosophie. Sa réflexion est avant tout morale et historique, une sorte de diagnostic obscur et désespéré autant que prophétique du monde contemporain, et un appel sans appel à sa fin déjà promise, à son anéantissement définitif. Je citerai ici, autant que possible, de larges extraits de ce petit opuscule, afin que chacun puisse juger de sa nature, de sa valeur et de sa pertinence.
A une certaine jeune fille, qui n’a jamais été et qui ne sera jamais comme les autres
Il est cinq heures du matin, et par hasard, je tombe sur un blog qui attire immédiatement mon attention de par son indigence crasse. De lien en lien, je fais une promenade dans un monde surprenant : celui des adolescents. Quelques heures plus tard, je me demande…
Depuis le long fil sur leur suicide, chacun sait que les adolescents sont mes amis. Et que je suis leur ami. Je voudrais donc ici leur rendre hommage. Je badine, je me moque, aussi, mais je voudrais, avant tout, les comprendre un peu mieux. Car après tout, ces embryons d’adultes sont d’un point de vue entomologique très intéressants. Et certains, une infime minorité, par ce qu’ils écrivent, m’ont ouvert les yeux sur leur dimension et m’ont amené à reconsidérer leur univers.
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01 déc 06
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