Contons ces mouvements précis, ces annulations de nos affections, énumérons le perpétuel déchiffrer de nos actes si actuels en performance quantitative, et le bouger de notre pensée devient soudainement mathématisé, calculé et la température de ce constat refroidit nos inavouées danses juste entamées. Oui nous sommes esclaves de mouvements du cosmos, ces aller et venir de différents mondes nous conditionnent, nous dirigent au point que le coeur s’il bat trop vite est étudié comme anormal. La dame voulait mourir mais son cœur ne battait pas juste, elle avait un cœur qui battait vieillesse, et la société lui dit : tu meurs normal ou alors tu ne meurs pas jusqu’à ce qu’on t’ait réglée pour mourir.
Elle mourut un jour sans avoir vérifié son compteur de tacs.
Nous partîmes, pour un voyage sans rythme, pour une croisière sans scie d’eau, les inexactitudes de nos gestes furent si accomplies que nous avons eu peur d’avoir franchi la perfection du désordre, ce fut si doux d’exister même en mourant dans une musique incivilisée. Elle est morte sans pleurer dix fois, elle a pleuré dix-huit fois et elle a cassé sa montre en tombant, dehors le port était très joliment illuminé, même le voyage ne fut qu’un chaotique mensonge, nous n’étions pas partis, car il fallait faire la file pour sortir du port et chacun son tour, nous avons voyagé sur le pont en regardant les jours passer vers la fin, et nous n’avons pas compté les grains de vie qui lui restèrent, car on l’avait prédit qu’elle allait mourir en deux mois et elle n’était pas sûre : mais si le docteur le lui disait, il fallait que ce soit vrai ?
À l’aube du troisième mois elle fit entendre le mouvement de la mort, son souffle m’a énergisé l’âme et un circuit de sentiments passèrent dans mes veines, et j’ai pu m’envoler dans le néant pendant quelques secondes improbables, et j’ai su que la vie est une surprise et que la peur est son cadran.
Si tu vois ma fille dis-lui que je l’ai aimée infiniment : on se demandera après, qu’avait-elle voulu dire par infiniment, énormément ? Pour toujours ? Sans limites ? Peu importe elle avait aimé : un jour une vie, que ce soit un amour simplement.
Quantifier l’existence, drôle de sport humain, vérifier les instants, bizarre tentative de justifier une raison, ce tic et tac absurde qui vit à notre place, le temps est arrêté au sommet de nos heures et la silhouette de nos expressions reste intacte dans son paquet en cellophane, on voit tout à travers, on peut dire les détails, les uns après les autres, faire des listes de choses et puis critiquer la confection.
Elle est vieille, mais elle doit mourir à l’heure établie par le calendrier, pas le dimanche car les croquemorts ne sont pas de garde, et le septième jour l’on doit se reposer, pas mourir…
La mort est en transit, à travers les chemins de gens, un équilibrisme particulier se promène dans le désordre magique de nos parties de corps qui veulent exister et désarçonner les montures, la bête ne veut pas être chevauchée, ni calquée, libre de toute vergogne elle se bat pour déshabiller les bottes des maîtres, et là soudain le temps s’arrête et vite comme la lumière passe à travers les mondes et laisse derrière lui les étoiles et le monde parait si infiniment petit et fragile que la vie est ridicule, si inexplicablement astucieuse et filante, sur un sifflement des années, les images du monde s’envolent loin des nécessités des convenances, le rêve court sans mourir et la main serre sans toucher, le pas mord sans se plier et l’œil perd son image sans pleurer : vivre, et l’âme vivante revivre, surgir des eaux après avoir bu la mer entière, et pour voler il suffisait la pâte de l’oiseau.
Je suis si jeune, je veux être vieille et belle, l’enfant et le sage, le temps m’importe peu, à mon âge mon corps bouge malgré ce que dit le boulanger et mon pain est bon malgré que les jeunes femmes vieillissent, tu sais ces numéros de rue qui m’empêchent d’arriver chez quelqu’un, ces escaliers de cent échelons qui me fatiguent d’aimer mon tendre et doux avant de l’avoir perdu.
Bon. Les tremblements de terre de la carcasse humaine sont comme un silence sourd, les parois de mon ventre sont maigres comme mes repas et tombent les unes après les autres pour me détruire la danse, mais je veux survivre, je suis la bénie de la « calle mayor » vierge de Guadalupe, métissée inexacte de mon créole de monde, je ne contrôle rien, je vais mourir à la plage semble dire l’oracle, mais je suis déjà revenue de là et je vivrai encore, le bouger des vagues m’énerve, je crois que je vais mourir un autre jour, le jeudi matin me tape sur le système.
Savez-vous que chaque instant est ailleurs et en ce moment je ne sais plus qui j’étais ?
Parce que je vole comme un papillon à chaque coup de vent, peu m’importe qu’il vienne du nord ou du sud, je vais atterrir dans le jardin de Mme Belinger, celle qui cultive sept roses rouges pour son curé.
Je jure que je ne compterai plus les spaghettis, car cela ne m’empêche pas de me taper toute la casserole, et cela avec le sourire sur les lèvres.
Ben ouais…
J’ai tout organisé pour que se soit totalement inattendu et inespéré, voire dilué dans le temps, perdu dans l’horizon au point de ne pas savoir. Qui sait peut-être cela n’arrivera jamais, la date est trop lapidaire, je vivrai comme elle, éternellement dans ma grotte bleue, jusqu’à ce que le temps des choses soit révolu et que la vie enfin commence.
Madame Coccinelle

6 commentaires
La vie est un voyage dont le but est la mort. Tout au début, l’insouciance, la joie des étapes, l’envie de voir des nouveaux pays, on ne voit pas le temps passer. Puis arrive un temps où l’on ne trouve plus de gout aux choses. Les yeux ne voient plus au loin, le regard s’éteint, le cerveau n’est activé que par les gémissement qui percent du fond de cale de cette embarcation à l’intérieur de laquelle on s’ennuie. On écoute, on reste immobile, les bruits et les craquements deviennent un sujet de questions, puis de préocupation, arrive un jour ou l’on comprend. Pauvre navire, ton temps est impartie, tu as déjà fait une longue route, la destination se trouve là où tu finis, et toi seul le sais, même pas, d’ailleur. Que vogue la galère, jusqu’a ce que le rythme du tambourin qui résonne en ton coeur laisse la place au silence, au silence de la mort. La perte de toute activité, plus rien, un néant entre quatre planches, à terre, le voyage est finie.
Un sursaut, en profiter, c’est le cap à franchir, t’affranchir de ce rythme obsédant, quand tu ne l’entendra plus, c’est que tu sera mort.
Vis! vis! rattrape le temps perdu, toutes ces escales que tu as laissés filées, geignant au dessus de la fosse, sans jamais y tomber, ce n’était pas le moment, celui là , tu ne le connaitra pas. De même que ta naissance fut un temps de silence annonciateur de la mélodie de ta vie, de ton existence, la partition se finie bien sur un silence, aussi, ça c’est sûr. Entre ton premier cri de nourrisson démarrant sa nouvelle vie et les hurlements de reproche à l’approche de la mort, as tu pris le temps d’aimer ce voyage gratuit? en d’en remercier, et la vie, et la mort, elles vont ensemble, inséparrables, et si la première t’as donné la possibilité de planter des arbres du bonheur, la deuxième aimerait recueillir les fruits, dans ton dernier souffle apaisé, c’est son rôle, c’est le but. Le temps du voyage est pour ce vaisseau nommé corps; l’âme, elle, n’est que la passagère invitée, et aussi le seul maitre à bord. Tout ceci comporte des obligations, c’est ainsi.
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Ps, oui, va fan cullo, je suis hors sujet, ok, diablollita
ben voilà …
je suis hors sujet,
Comment veux tu etre hors sujet ? Car sujet il n’y a
voilà einstein….
critique d’art..
THALATTA
Des soi, l’Autre
Déçois nous, mère nôtre
Déçois la chère de tes apôtres
Tendre obole
Machine molle
Joue à j’aimais
Suie, nous
À jamais
Nuitée
Défibriller l’allonge
Des raisons qui pourrissent
Que le silence ronge
Pour savourer, augustes
Tes hydres qui fleurissent
En ce sommeil du juste
Equarrir tes remèdes
Précipité d’abysse
En faire que tu cèdes
À nos coups de butoir
Nappage d’immondices
Centré en vil espoir
Overdose
Mucoviscidose
Ou styliser nos âmes
En déforme de hure
Au moyen d’oriflammes
D’une couleur étrange
En l’acquêt de luxure
À séduire tes anges
En leur cubique ronde
Fracasse fière allure
Anomiale faconde
Naître ou pas dans un bouge ?
Telle est la question sûre
Que se posent tes rouges
Lumierrante
Malévoluante
Où tu t’épuises en bruits
S’échangent des ovaires
Donc la vie est violeur
Qu’on souhaite impérissables
Tu attises nos fruits
Dont le goût est colère
Serties en déshonneur
Evolution jetable
Aime-nous à jamais
Aspire à ta foi
Nous qui assurions
L’amorce à trépasser
Aime-nous à jamais
Expire en tes rois
Nous qui centurions
Une force à t’effacer
Aurore
Sémaphore
Ça, vouloir vaut tant
Ça, vouloir veut temps
Ça, pouvoir ne peux
Attends
du pisco ?