Le bruit des voitures empêchait d’ouvrir les fenêtres, le regard des gens arrêtés à ce feu, surtout les camions, empêchait toute intimité, et les nombreux passants, à pied, rejoignant quelques cités du diable, surtout le soir de java, la nuit ou au petit matin, joyeux le jour du RMI, ou furieux le reste du mois, donnaient à cet endroit un air de camp retranché. La grille, imposante, voulue par Maman, pour la tranquilliser, fermait au moyen d’un gros verrou et d’une chaîne à bateau. Un petit terrain, grand comme une tombe, bordé par des grilles de cimetière, voulue par maman, entretenait la solitude entre la rue et la maison. Une fenêtre, à barreau, et sur la droite un escalier. Quatre marches désolées sans le moindre pot de fleur, on aurait pu entrer pour les voler, faut pas tenter le diable, et en haut de cet escalier, un rideau, de PVC, première défense, toujours baissé, on aurait pu entrer en plein jour, faut pas tenter le diable. Derrière le volet, une porte, en chêne massif, voulue par Maman, et pour la fermer, trois verrous. L’un d’origine, un truc costaud de menuisier consciencieux, et plus haut, une deuxième serrure, voulue par Maman, et entre les deux, un tout petit verrou, sans clefs extérieures, des fois qu’une personne mal intentionnée, ayant forcé les deux premiers, soit entré dans la maison, refermant ces deux-là, et se cachant dans la cave… Après il faut appeler les gendarmes, qui ne se déplacent plus, depuis longtemps, ainsi que les pompiers…
Où sont donc ses enfants?
Le mâle aîné, force de caractère s’il en est, est devant son PC, il est mort de trouille. Cherchant à se dissimuler sa peur, il écrit, il écrit, bourré, ça le calme, d’habitude, mais là, l’heure est grave, très grave…
Maman vaque à ses occupations. Elle décide que 14 heures est une heure tranquillisante pour vider ses poubelles, aujourd’hui… Ne pas prendre d’habitudes, afin que la pègre ne puisse mettre au point un plan d’attaque. Elle prend son sac plastique, le noue, et se dirige vers les verrous. Le petit n’a pas bougé, personne n’a forcé la porte, la cave est vide. Elle désenclanche le premier, celui du haut, le plus fragile, si d’un coup d’épaule… Puis le second, rien ne se passe, alors commence la manoeuvre dangereuse, ouvrir le volet en PVC, il est 14 heure, ça devrait aller. La porte ne saute pas, personne s’acharne, alors, elle fait jouer le pêne du petit, elle écarte l’huis, millimètre par millimètre, jette un oeil terrorisé… rien, aujourd’hui. Vivement, elle sort sur le palier, plein de crottes de pigeons, ils se croient sur une maison abandonnée, et prestement, elle referme la porte, et de ses clefs, referment les deux verrous, en scrutant autour, si un rapace ne vole autour, elle est comme ça, ma maman…
Très vite, aussi vite que ses pauvres jambes sans exercice le permettent, elle descend les trois marches, et s’engage dans l’allée qui mène au garage et derrière la maison. Le garage n’a pas l’air forcé, ni l’abri de la cuve à fuel, les deux portes ont bien leur cadenas, la chaîne à bateau n’a pas bougée.
Elle ouvre la poubelle, doucement… personne! Ouf! Elle y jette le sac, regarde le jardin en friche baigné de soleil, les cerisiers sont encore en hibernation, l’herbe ne va pas tarder à pousser, la clôture du fond n’a pas bougé, mais les voisins ne sont pas là. Vite, il faut s’en retourner.
Alors, elle refait le chemin inverse, et décide d’aller au courrier. La voisine qui d’habitude lui permet de sortir au passage du préposé, n’est pas là, elle est décédée, et depuis, c’est difficile d’aller au courrier.
Les deux vieilles s’épaulaient, bravaient le monde et sa méchanceté, faisaient front de la porte entrouverte jusqu’à la boite aux lettres…
Des lettres… Merci Mamy, merci Tantine, pour ton mandat, quel bonheur que ces lettres-là. Et là, toute seule, bravant l’incertitude, le coup du lapin, les prospectus arrachés par un malandrin, elle sort sans ses bijoux, elle ouvre la boîte aux lettes, et retire les précieux envois, referme la boîte, sans verrous supplémentaires, c’était pas possible, et retourne vite dans sa maison, le premier verrou lui donne bien du mal, il ne joue qu’à coups de marteau, le deuxième n’est pas encore usé, et le petit vient d’être changé, par un ouvrier de confiance, accrédité par la mairie, ça tranquillise…
Lorsque, dans le hall, elle a fermé les verrous, redescendu le rideau en PVC, changé ses demi-bottes en caoutchouc contre ses chaussons, elle regarde dans la salle à manger si les volets n’ont pas été forcés, si la statue du troubadour y est toujours, et si les assiettes de valeurs n’ont pas été décrochées, si les meubles de bois arménien n’ont pas finalement fini chez les Turcs et si le coffre-fort n’a pas été percé. Non, rien de tout ça, ça va, elle est heureuse alors.
Elle se rend dans la cuisine, vérifie si le réglage du poêle à gaz n’a pas bougé, le Tancarville est bien resté devant l’escalier des chambres, et les volets sont fermés, ça va, tout va bien, elle est heureuse, elle prend sous l’évier une bouteille de champagne entamée, un p’tit coup, elle y a droit, en regardant son courrier…
Son mâle aîné, quelque part en Auvergne, est gris! Il a compté les jours, ça fait trois jours aujourd’hui. Sa douce soeur est prête devant le téléphone, le fils puîné, trop sensible est aux Indes devant un shilom bien tassé, les neveux et nièces sont prévenus, tout le monde attend… La vieille prend son temps…
Le mâle aîné se mord les dents.
Elle fait un tas des lettres et un autre des prospectus, puis chausse ses lunettes. Dépouille le courrier, rien d’inhabituel, elle verra des mandats, ha! quelle famille de troubadours.
Puis elle attaque les prospectus, des journaux du coin, des invitation pour un cadeau donné, elle rigole, bande de voleurs!!!
Une lettre??? adressée à son fils??? par Flying Blues et par Air France??????????????????????????????
Mais c’est quoi, c’te cabale???????????????
Déjà, pour le petit, elle avait interdit les Indes… trop dangereux à trente-quatre ans…
Elle ouvre, déjà saisie d’un mauvais pressentiment, lui! qui était ENFIN casé! qui mangeait à la cantine, gratuitement, et sans femme ce coup-ci, elles lui ont bien coûté assez cher, il a pas encore compris!!!
Non! non! non!
Elle lit.
……….Cher monsieur Ogrouski.
Vous avez décidé de faire confiance à notre société pour votre voyage à Cayenne, le 06 mai 2008.
Votre décision de demander votre compte de la cantine est courageuse, même si cela est irraisonné, à notre sens.
Dans le cas où vous échapperiez aux FARC islamiques, à la malaria ou aux prostituées de ce pays de débauche, puisqu’éloigné de la Marne, et si votre tentative d’évasion du bagne se fait par avion, alors, cette carte vous permettra d’accumuler les miles, pour chaque tentative réussie.
Cher monsieur Ogrouski, veuillez agréer l’expression etc etc
La vieille manque d’air!§! Elle suffoque. Elle, qui venait de mettre en vente la maison pour acheter en Auvergne une autre maison, proche de ses deux fils!!!
Non! non! non!
Elle appelle la soeur, et tombe sur le répondeur.
<–Bon ben c’est moi, Ogrouski refait des conneries, il recause à des drogués??? J’attends que tu me rappelles.
Elle appelle la gendarmerie de Clermont-Ferrand. Elle tombe sur le répondeur…
<–Bon ben c’est moi, mon fils a encore des mauvaises fréquentations, il faut pas qu’il quitte la cantine, non! non! non!
Le mâle aîné est en décomposition lorsque le portable retentit, comme une sirène, dans la pièce déjà déménagée.
–
–< Ben si! à 44 ans, j’ai décidé de faire ce que je voulais!!!
<–Ben t’aura plus de mandat!
Note au lecteur qui serait arrivé jusque là : c’est du roman, toute ressemblance avec des faits qui vont venir serait fortuite…
Ogrouski

19 commentaires
Je te remercie de continuer dans cette veine, Ogrou, de textes pas forcément humoristiques à la base, mais qui une fois mis dans la bonne rubrique nous les font découvrir sous un jour différent.
merci, PrivateJoker
Mon slip;
Par ces mot, l’auteur désire montrer qu’il est en bisbille avec la société spectacle, qu’il ne désire pas faire de sa vie un article de promotion de sa haute stature, et qu’il entend casser toute critique de narcissisme, bien que sa vie mérite une attention forcée de la part du monde entier.
Du coup, il l’a dans les dents!!!
Devant le tribunal de bord, il est traduit.
S’affirmer dans la littérature, c’est déjà accepter de se donner une identité! Et aimer cette identité créée…
Et aussi, par forces sous-entendus, bien montrer que l’on a tout lu…
Le style, critiqué bien évidement… comme pour tout poète incompris… hé oui!! le sujet choisie… soit; une vie incroyable d’un héros connaissant certains mois, les fins de mois difficile, les cardans cassés de la bagnole, ‘’à bout de souffle’’ où les voisins non mégalomanes, les égarements de pensées devant tels où tel choix, et les cuites de prise de décision.
On naît poète ou l’on l’est pas…
Il y a ceux qui souffrent, ceux qu’on scrutent, et ceux qui sont édités…
L’amour, bien évidement, un poète ne saurai se passer de ce sujet facile, nombreux copp-coll à disposition, et toujours Phénix renaissant de ses cendres, jamais mourir, pour toujours écrire, c’est le boulot de la poésie qui veut ça… y a pas le choix.
L’amour, simple d’emploi et producteur de lignes innombrables sur des introductions toutes de bonheur, des développements de jours heureux, de jouissances journalières, et des conclusions en retraits obligés, pour casser l’enfantement de la continuité, et accrocher le lecteur sur des lignes de souffrances, de pleurs, l’amour perdu, l’amour inoubliable, etc etc, je n’ai pas mon codex de poésie sous la main, mais je vous ai compris, il n’y à qu’à attendre que vous aussi, patience…
Enfin bon, je ne suis pas mort, hélas, ce siècle là ne m’est point dévolue, à moi aussi, et toi, lecteur, n’est point celui qui exhumera de l’enfer de la coke et du charbon, le boulet qui vous réchauffera le coeur, et ce boulet, c’est moi!!
OGROUSKI!!!!!!!
Allez hop!! je m’affirme!!!
Il est des instants ou il fait froid, le paysage revient en ma mémoire, tout est en hibernation, une bonne ballade, de saison. Perdus dans nos pensées, ma main contre tes reins, le bout du chemin, toi, tu es là, je t’embrasse, et tes lèvres étaient froides, mais le baiser était bon, et je te réchauffais dans mes bras, et ton sourire, j’aimai ça, ta joie, ton bonheur, le mien, de t’avoir, toi, pour moi, et maintenant, je déteste le froid, je n’en veux plus, d’ailleurs, je n’y pense même plus, je t’ai oublié, et hop! voila un sonnet.
Le poète a composé, quelle tristesse…
Mon slip;
mais qu’il y t’il donc dedans, qui me permette une telle anarchie? là ou les vers pullulent chez les médisants, je reste coi, et rien à caresser, tu n’es plus là.
c’était un haïku;
je déteste le froid
je n’en veux plus
je t’ai oublié.
et hop, et ainsi de suite, c’était fastoche
Ma vie, mon oeuvre;
Écrire sa vie, sans artifice, en complaisance de ce que le lecteur attend, une identification, créer un modèle donné, choisir son lectorat et puis écrire comme ci, comme ça, et pas autrement, c’est la loi.
mais les idiots sont légions, alors que mon lecteur est rare, ha! fatal destin! Quand aura il donc mon premier livre entre ses mains gracieuses?
En autoédition avec souscription…
c’est de l’humour, je vous aimes bien.
Votre amour pour moi m’ébranle, a demain.
Je te remercie de continuer dans cette veine, Ogrou
Oui mais le coeur n’y est pas, cher ami. Afin de ne pas avoir l’air d’étaler ma vie, je vais faire semblant que tu aurai de l’intérêt pour ce que j’écris, ne dis rien, STP, mon lecteur est naïf, ma gloire est à l’acceptation de ce prix, ok, man?
Bien, alors, donc, Maman appelle, me demande si ça va, je lui répond que je pars en Guyane, elle raccroche, prend sa voiture, parcours cinq cent mètres, et explose une XM et un autre bolide, envoie une jeune fille à l’hôpital, elle ne l’avait pas vu dans la voiture, et elle, reste, elle, cramponnée au volant, jusqu’à ce que les pompiers, la gendarmerie, acceptent de lui signer une décharge pour l’hôpital, promet un mandat pour la jeune blessée (faudra que je la revoie, d’ailleurs) et repart chez elle d’un bon pas, ouvre les différentes choses qui condamnent toute intrusion, et s’assoie.
Moi, je suis dans les alpages, avec des filles qui désirent évidemment le nirvana, évidemment, mon portable est coupé. Le lendemain, j’ouvre, plein d’appels, de la ville de Maman.
Bref, elle a plus de bagnole, et il faut quelqu’un pour aller avec elle deux fois par semaine à Leclerc, la famille se fait présente, et moi, je participe à l’élaboration de mon autobiographie, avec la mention;
Afin d’éviter le bagne et l’enfer d’une maison de retraite à sa pôvre moman, un AVENTURIER de l’extrême, tout à l’arrache renonce à la terre promise pour continuer le culte de la créatrice…(fermer le ban!!)
C’est sur que si ça avait été le père, là, je sais pas, mais la notion généralisé d’un Dieu masculin, moi, je dis, c’est du pipeau. Les mecs qui ont écrit sur le pouvoir suprême, y connaissaient pas Maman!!
Donc, fin de la Guyane, la suite entre les lignes…
Sincèrement, c’était un essai d’évasion, ça me faisait rire de m’évader pour aller au bagne, et puis voila, j’ai le billet, le passeport, les vaccins prévus, et puis, ffuitttt, tout est parti, reste un autre futur à construire, c’est la vie et j’espère ne mettre fâché avec personne, surtout ceux a qui j’ai cass… enfin bon…
Le rideau tombe…
Prochaine création plus tard…
Rentrez bien.
Bonjour Ogrouski,
« Ta Maman » me fait penser à certaines dames déjà âgées, mises en scène ou dialoguées par Michel Audiard. Comme celles-ci, « Ta Maman » a de ces obsessions (il n’est nullement question de folie), qui la raidissent et ne font en réalité que la rendre plus solide, et cette dureté toute superficielle ne peut réussir à cacher un solide bon sens, et la place immense qu’ont ses « enfants » dans sa vie. Et sa fragilité. Ogrouski, t’auras peut-être plus de mandat si tu persistes dans tes délires guyanais, et ça on s’en fout. Mais tu fais quoi à « Ta Maman » et à tous ceux pour qui tu importes ? Tu t’en fous aussi ? C’est simple et logique la vie, n’est-ce pas !? Et ça peut être très court si on a pas les couilles… bon d’accord, aussi si on a les couilles… et pis quelquefois c’est trop long, ou c’est pas ça…
Bon, j’avais écrit ça y’a déjà un petit moment. Je ne l’avais pas posté parce que je sais pas trop. J’espère qu’il n’y a rien de grave.
Bisous
Bien l’bonjour chez toi
(PapaGros)NouNours
Avoir à justifier ses propres choix, devant ceux qui en voulaient d’autres.
Je pensais disposer de deux trois ans, avant « ce maintenant ». Elle est toutes seule, isolée, ne peut plus faire ses courses, et elle perd un peu la tête, et moi, je suis seul, sans attaches, et voila.
La haut, il y a la Seine, Paris à 150 kilomètre, des champs, de la brume et du froid venu du nord, ça s’appelle l’Aube. Il y a aussi mon enfance, des odeurs, des vues, des souvenirs.
Le plus grave, c’est qu’ayant connu des gens plus agés que moi, la-haut, pendant ma jeunesse, maintenant, c’est des gens agés qu’il me faut retrouver pour retrouver mes copains d’avant, du moins ceux qui ne sont pas morts…
Le chien est le meilleur ami de l’homme, y crève plus vite
Mais ca veut dire quoi Ogrou ? tu montes vivre avec ta mère ?
maintenant que tu as commencé à expliquer des choses faut continuer … Peut être que tu peux voyager quand même , moins longtemps et de manière moins « définitive » mais il faut faire quelquechose quand même ,,, Et puis tu as des gosses aussi … Ils ne peuvent pas rester un peu avec ta mère pendant que tu voyages ?
Ché pas moi …
De devoir se justifier.
Chère Amie.
Te connaissant, je butte sur la réponse.
Soit je la fais terre à terre, c’est à dire, je répète ce qui est écrit au dessus, soit;
trois raisons pour ne pas partir (posté dans le fil 44 ans)
ma mère (déjà, j’entrevoyais)
mes enfants (que j’aime, tout en voulant ma vie)
l’amour (grounds zéro, pas d‘appétence…)
sinon, je la fais, harf!!
Dimanche 24.02 11.00 PM
Mardi soir
l’angle d’attaque d’un texte, je l’ai pas encore pour celui là. C’est très difficile. Ayant commencé par du théâtralisé, ma mère vous est rendu de façon marrante mais la réalité est toute autre… Je vais le faire genre Blog, ok?
Samedi 23.02
mon portable, resté ouvert, m’indique qu’un correspondant anonyme à cherché à me joindre trois fois, son numéro, fixe, est de la zone de Moman. (mauvaise nuit)
Dimanche 24.02
Le correspondant anonyme de la zone de Moman remet ça, je l‘appelle, lui passe un ami qui entend, ils se parlent, puis
l’ami me dit;
<
Je part pour Romilly, dans l’Aube
Romilly sur Seine… Ami lecteur, écoutes!
Le jeu de LIBRA, c’est de faire des posts intéressants qui ne seront que peu lus, certes, mais bon…
Dimanches 24.02. 18.00 H
J’arrive chez Moman. Son accident, c’est juste une éraflure de pare-chocs, rien de plus.
On discute, je sais qu’elle est folle par moments…
Le voisin désire racheter la maison mitoyenne, rien de plus. Tout le monde la vole, et elle est toute seule.
OK!
Je lui dit que l’on verra demain pour le constat du pare-choc, et je lui demande ses derniers relevé bancaires.
Ses papiers sont en désordre, chose inconvenantes!
La nuit, elle me réveille deux fois, pour me demander si je sais ou sont ces papiers… folle, folle
Lundi 25.02
On recherche le garage, elle ne sait plus. Finalement, nous arrivons dans une casse, la voiture est là, devant mes yeux. L’avant est défoncé, la roue droite repliée dans la caisse, plus d’aile, un choc terrible.
Nous nous rendons sur le lieux de l’accident du pare-choc, et là, un homme, très gentil, lui demande si elle vient pour le deuxième constat???
Moi, j’en peux plus…
En fait, devant une école, à environ 80 kilomètre heure, elle a tamponné une XM et embouti une 205 garée sur le coté droit, la conductrice est à l’hôpital, le quartier en émoi, le premier constat à disparu, dans les différentes caches de la maison de Moman et un deuxième vient d’être créé. La journée se passera à régulariser tout ça.
Et moi, ami lecteur?
J’ai, en ma poche, le billet pour la Guyane, j’ai, en trame de fond, l’absolue besoin de vivre encore un peu avant l’apogée d’une maladie qui mine mes entrailles, mes poumons, mon moral, et mon espérance d’un futur.
Romilly, c’est une ville sinistrée, depuis longtemps, j’y allais quand j’étais en déprime, et qu’il me fallait du remontant, et sortit de là, je me disais que ma vie était bien conduite, et là, en ce moment, ce Lundi 25.02, je suis devant le choix d’y retourner, pour assister ma mère dans ces deniers jours de folie, ou bien la foutre à l’hospice et continuer à tenter de vivre encore un peu pleinement, avant la chute fatale de mes possibilités…
Trois ans, après, je serai sourd définitivement, une autre vie…
J’ai aussi mes tourments, mes enfants ne le comprennent pas…
Mardi 26.02
Je vais chez la Gendarmerie, pour demander de l’aide!! moi anarchiste, ma mère est folle, que pouvez vous faire???
<
Je me prend une cuite maison, mon corps part dans le néant, je reste seul avec moi, ma pensée, mon instance de conditionnement de ma vie, le désir de liberté et aussi de confort… pas simple.
Déjà pour mes enfants, ça me posait problème, mais pour une mère qui est en fin de vie…
Ok, stop la Guyane, je ne me vois pas mettre ma mère dans une maison de retraite.
Cette nuit là, elle me réveillera deux fois aussi, pour me demander quand je part…
Mercredi 27.02
Nous allons à la banque. Le guichetier me met d’office à l’écart, instituant la clause qui fait de ma mère une personne valide, et moi, un profiteur.
Je pète les plombs, carrément, il à eu chaud, je lui narre les constats, ma visite à la gendarmerie, lui explique que je suis à bout, et que sa vie ne tient qu’a un putain de listing bancaire; convaincue, il obtempère…
J’ai le détail des opérations de banque de Moman, et rien ne laisse supposer un vol, comme elle le prétendait, donc, personne ne la vole…
Jeudi 28.02
C’est l’anniversaire de V, je suis pas bien, SMS ou pas?? Mais je m’en fous car je n’y pense plus. En Guyane, elle ne m’aurait pas rejoint, déjà que le marais Poitevin.. enfin bon! ZEN!!
Je vois enfin sa soeur, à ma mère, ma Tante, donc.
Opérée d’une cataracte, elle ne vois que peu, 2 dixième par oeil, c’est elle qui est censée s’occuper des courses, on se reposait sur elle, et là, je la vois, et bienvenue dans l’univers des vieux.
Ami lecteur, le passage suivant est difficile, si tu es jeune passe, passe, c’est horrible… Attend d’avoir l’âge…
Des gens naissent, sont jeunes, grandissent, s’amusent, rient, jouent, deviennent sérieux, ont des responsabilités, puis vieillissent.
Moi qui suis handicapé, (des oreilles), je sais déjà comment le monde se ferme lorsque l’on ne peut plus communiquer, mais lorsque l’on est vieux, là! je découvre…
60 ans, un cap!
Le corps devient présent, oui! le corps est, pour certaines choses, à la limite. Ce corps, qui nous sert à vivre, ne remplie plus certaine fonction. La tante, presque aveugle, ne lit plus rien, son téléphone, changée par sa fille, possède des énormes touches, qu’elle entrevoie à peine, sa voiture, élément indispensable de sa liberté, est un supplice, car elle ne voit que des ombres, et pourtant, elle conduit, car laisser sa voiture est un signe de « décrepissement« , ça existe pas, c’est moi qui ait inventé un terme, qui pour les vieillissants, créé des limites, des ponts, que l’on passe dans un sens, dans un sens seulement. Lorsque la Tantine conviendra que prendre la voiture est hors limite, alors, il lui faudra convenir qu’elle est trop vieille pour être autonome, et donc, dépendante, et ma tantine a dix ans de moins que ma Moman…
On en revient à moi…
Tu vois, FC, te connaissant, j’aimerai te donner une idée pour un spectacle, qui mettrait en scène un humain, homme ou femme, regardant de jolis ballons d’espérances, et ces jolis ballons, au moment ou la personne les touche, ils éclatent, et ne laissent rien que le néant.
Dans la vie, pour ceux qui y participent, il existe des chemins, obligatoire pour parvenir à un but. Une scène conditionne un micro, un public, un texte et une prestance, et aussi et surtout un message.
Moi, écrivain, qui vient d’entrer dans cet univers là, je préférai la fuite en Guyane, je pressentais, j’avais entrevue, lors de Noël, la folie de Moman, je savais que c’était une obligation, pour le fils, de revenir s’occuper de celle qui m’a donnée la vie, et que j’y reviendrai que lorsque Moman aura perdu la tête, et c’est arrivé plus vite que prévu…
La place d’un enfant.
Les parents vieillissent, on ne peut pas leur en vouloir, et là, on est confronté à un monde rédhibitoire.
Pour vivre dans le monde existant, il faut des facultés, et lorsque ces facultées disparaissent, alors, la vie devient un enfer, l’enfer des vieux.
Les vieux désirent mais ils ne peuvent plus, les descendants de ces vieux sont appellés pour édicter de nouvelles lois, à l’encontre du désir de leur créateur, c’es trés dur, la raison…
Plus de voiture, plus de sortie libre, non acces aux papiers bancaire, rien, plus rien maman, jusqu’a la maison de retraite, t’es foutu maman! trop vieille, je m’occuppe de toi, chacun son tour, c’est bien…
Jeudi 28.02
Le soir tombe, les obstruactions misent en place pour empêcher le cambriolage sont en place, ne pas y toucher:!! Cela contraÏerait Moman (du verbe contrit) , il est cinq heure, la maison est verrouillée, et moi, je me prend encore une grosse cuite, jusqu’a 23 heures, le temps est long…
Moi, l‘oublie, la degeneressence, la famille, les enfants, le devoir, un être, la vie, sa vie, à l’être, cet être, et sa descendance, la mère, l’enfant, le devoir, le respect, malgres la folie, elle est folle, et moi, je dois calquer ma vie sur cette folie…
Vendredi, je dois partir…
Je la laise seule dans sa folie, avec sa soeur moype, avec son voisin inquiet, avec cette promesse que je reviendrais bientot, dans deux mois, adieu la Guyane, je reviens pour m’occuper de celle qui m’a donné la vie, celle qui m’a mit dans une vie ou tout doit être ordonné, et que celle qui m’a donné la vie n’est plus apte à se défendre, aussi, je dois, en tant que brave fils, venir à son secour, voila, tout est dit
j’espère que je suis compris…
ogrou
C’est une tradition respectable. « Aider les parents durant leur vie, les ensevelir lors de leur mort ». Voir par exemple
http://www.confucius.org/lunyu/fd0205.htm
dans les Entretiens de Confucius.
« Tu vois, FC, te connaissant, j’aimerai te donner une idée pour un spectacle, qui mettrait en scène un humain, homme ou femme, regardant de jolis ballons d’espérances, et ces jolis ballons, au moment ou la personne les touche, ils éclatent, et ne laissent rien que le néant. »
Non merci Ogrouski , j’essaie de faire des spectacles où les gens s’envolent avec les ballons …
Non merci Ogrouski , j’essaie de faire des spectacles où les gens s’envolent avec les ballons …
En direction du Néant ?
[Edit : ...et pourquoi pas d'une cyrrhose du foie, en effet, si les ballons sont rouges et qu'ils font des taches en explosant...]
Bonjour Ogrou,
« Décrépitude » : dégradation physique (aussi « mentale », étant entendu qu’elle n’est alors qu’une dégradation physique du cerveau) accentuée produite par l’âge. Je le trouve bien et en tout cas largement mieux que ton « décrépissement », pour lequel tu n’étais visiblement pas inspiré. Quitte à faire dans le néologisme honteux, je te propose « détritude », qui renverrait immédiatement à l’expression pléonastique « la détritude inéluctable et fatale du politicien ».
Par exemple : « Au début du 21ème siècle (aussi Zarbi), monsieur Nicolas « la Chose » Sarkozy (aussi Poisson Pourri), qui n’avait pas même 60 ans, mais pourtant le zizi-panpan déjà exigeant (défaillant ?) ne fonctionnant que de Cécilia en Carla, et possiblement en Rachida, s’embourbait gravement de détritude en décrépitude! ».
« « Ogrouski : c’est comme de charybde en scylla, mais en mieux !!! Heu … En pire ?!!! » »
« « Cela contraÏerait » » au lieu du verbe « « contrit » », fait plutôt penser à « cela contrarierait » du verbe contrarier. Contrit ne possède pas de forme verbale en français, il faut remonter au latin pour la forme verbale (contrit dérive du latin « contritus », participe passé du verbe « conterere » qui signifie broyer, ou alors détruire, user, consumer au figuré). Cf le TLFI. Ogrou, sur ce coup là, à patauger une fois de plus dans la honte, pour ta pleine rédemption, tu ne peux que réciter ton acte de contrition…
Sinon, j’ai une question de fond qui contrairement aux apparences ne t’est pas spécialement destinée : c’est quoi le courage (avec comme postulat, la présence obligatoire de la peur ou d’une force antagoniste) ?

Fuir en Guyane (aussi au diable (vauvert)), et apprendre en 5 minutes ou peut-être moins, à charmer les serpents venimeux et les constrictors ?
Ou, s’occuper de sa Mère ?
Un élément de réponse ??? Le courage, c’est avoir peur, se casser la gueule, se relever envers et contre tous et tout (aussi la peur) … et FUIR, parce qu’il faudrait quand même pas exagérer ! Bon ok, la Question : FUIR en Guyane (aussi au diable (vauvert)) ? Ou dans les jupes de sa Mère ?
Bien l’bonjour chez toi
Et bon(?) courage(?)
(PapaGros)NouNours
–FC, pour le coup des ballons, c’est une faute d’évotion du texte, j’ai érreuré (du verbe erreur).
–HB, Les gens qui s’envolent vers le néant, accrochés aux ballons, dans un troquet, ouai, y a matière à rire…j’yr pense
–a Nounours, maintenant…
Bien, donc,
**décrépitude**, avec le « tude », ça fait état dans l’instant
alors qu’avec le « issement », ça fait glissement, et c’est cette image que je voulais, ouai!
**contrïerai**, du verbe contrit, signifie une auto-contrariété, avec glissement toujours…
alors que contrarié provient d’un fait qui dérange, mais que l’on peut résoudre, sinon, c’est morfondre…
**Glissement**, c’est dans l’écriture, un sens d’évolution de la vie, en mal
Lorsque je serai à l’académie, je verrai à corriger la langue Française, mais nous n’en sommes pas là, faisons avec… un acte de bravitude en quelque sorte.
Quand au courage, alors excuse moi, mais si t’as trouvé que ça pour me piquer, sache que mon flanc n’est pas à découvert. Le courage, c’est cette merde d’appelation qui t’oblige à sauter du plongeoir pour un sale connard de prof de piscine, c’est sortir d’une boite de nuit avec les copains pour se faire matraquer sur un parking, c’est mettre la main au cul à une representante de l’espèce féminine, pour montrer que t’en as, enfin bref, le courage c’est une grosse merde que tu dois chier devant les autres…
Tout seul, il y a l’estime de soi, c’est à dire savoir si t’es content de toi, vu que les autres, c’est bien trop souvent l’enfer et que tout seul, ma foi, les actes de courage n’existent plus vraiment.
l’estime de moi.
je partais pour gagner plus d’argent, afin de donner plus de pension à mes enfants, Lanceur de fusée, ça gagne bien, il parait…
l’estime de moi
Un nouvel élément se présente, l’état de ma mère, et hop! j’incorpore, je jauge, je pèse, et donc, plus de guyane, et ma mère ne serra plus toute seule
l’estime de moi
je vois pas ou, personnellement, j’ai pu fauter.
ha, le courage?? c’est souvent synonyme de folie, non? tu me croyais courageux??
merci pour vos posts, ce fil se termine
aplus
rentrez bien
voila voila, adieu
merci fucius, c’est quoi ce/ton site?
C’est amusant ça : on comprend de mieux en mieux les commentaires d’Ogrouski, et de moins en moins bien ceux de NouNours… La faute au printemps, peut-être ?
C’est amusant ça : on comprend de mieux en mieux les commentaires d’Ogrouski, et de moins en moins bien ceux de NouNours
Pourquoi « et de moins en moins bien » ? A titre tout à fait personel, j’aurais écrit « et toujours aussi mal », tant je n’ai jamais compris un traitre mot des commentaires de notre ami, pas plus qu’un de leur traitre titre. Et je peux te dire, depuis le temps, que le printemps n’a rien à voir avec ça…
Mon père est très marrant . Je ne sais pas si c’est ce qu’on appelle Alzheimer , d’ailleurs ça m’énerve de donner un nom à sa son vieil être . Il m’a dit l’autre jour « ta mère m’ a acheté des cachets pour la mémoire , mais j’oublie de les prendre »
Après on a aussi discuté du fait qu’il dit trop souvent des conneries et que ça me déstabilisait . Ça lui a fait du bien . Des trucs comme ça quoi …
entièrement d’accord
Bonjour Ogrou et Compagnie,
Mon post « zizi-panpan… », c’était pour rire, pour rigoler quoi.
Je précise au cas où…
(Je viens de le relire). Et à m’esclaffer comme ça, j’aggrave certainement mon cas !
Tant pis, pouffons donc, puisqu’il ne peut en être qu’ainsi.
Mais toi Lecteur, comment te « décrépisseras-tu » ?
Il me fait marrer !
Joyeux non-anniversaire à tous !
Le Chapelier fut le premier à rompre le silence. « Quel jour du mois sommes-nous ? » demanda-t-il en se tournant vers Alice : il avait tiré sa montre de sa poche et la regardait d’un air inquiet, en la secouant et en la portant à son oreille de temps à autre.
Alice réfléchit un moment avant de répondre : « Le quatre.
– Elle retarde de deux jours ! murmura le Chapelier en soupirant. Je t’avais bien dit que le beurre ne conviendrait pas pour graisser les rouages ! » ajouta-t-il en regardant le Lièvre de Mars d’un air furieux.
« C’était le meilleur beurre que j’avais pu trouver », répondit l’autre d’un ton humble.
Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll, chap.VII, Un thé chez les fous.
Bien l’bonjour chez vous
(PapaGros)NouNours
J’adore tes posts, ils sont fougueux, voila

les rares fois ou tu daigne (le star daigne) répondre,
La pensée communique aux doigts (de faits) et le déroulement de ta pensée s’exprime par mains retord de diction, par des échappées linguistique, et par des déraisonnements logique, difficile à comprendre pour un obtu
quitte moi pas, Nounours
merci pour Audiard, j’essaye, maitre, je tente
finalement, ça va re-être la touraine, je pense…
la pierre du bonheur dans le fond du jardin famillial que l’on retrouve qu’au moment ou on pisse dessus, après le retour au bercail…
Comme dans du paulo coello, putain, ma vie est un roman, et vous auriez loupé ça….
donc,
-ma mère va se faire foutre, j’ai pas envie de jouer le chien d’une vieille conne
-l’amour, ben j’en suis là ou la la tête me demande de retourner…
-mes gosse, ben oui, voila, et puis y a pas que ça
à suivre, sous réserve de changement