Que n’a-t-on pas déjà dit sur Facebook, qu’il est le réseau social le plus populaire au monde, qu’il représente sur le papier environ quinze milliards de dollars, qu’y naviguent déjà des millions de personnes du monde entier, que la société Microsoft a déboursé 240 millions de dollars pour une part de 1.6% du site, où déjà presque deux millions de français y sont inscrits, et quoi d’autre encore ?…
Cependant derrière les chiffres, le succès et les mots pompeux une petite question pas facile émerge : Pourquoi ?
Pourquoi préférons-nous gérer nos relations sociales via des messages, textos, annonces et jeux sur des sites plutôt que de sortir et se rencontrer dans le vrai monde ?
Facebook est sans aucun doute la chose la plus « in » sur la Toile. Tout le monde y invite ses amis, joue sur de nouveaux programmes, télécharge ses photos, se filme, fait connaissance, et mille et une autres activités de toute sorte incluant le « toast virtuel ». Nombreux sont les surfeurs qui confessent qu’ils sont accros.
Cependant, est-ce que Facebook répond aux véritables besoins sociaux ou bien est-ce encore une fuite en avant de la réalité vers un monde imaginaire dans lequel nous avons des dizaines, voire des centaines d’amis, un monde de jeux, un monde meilleur dans lequel mes photos sont retouchées et impeccables, un monde sans heurts sociaux (du moins, pour l’instant).
Ce sentiment de «ensemble» oppresse.
Nous sommes des créatures humaines, et en tant que créatures créées uniquement dans le but de recevoir, nous aimons flatter notre ego et montrer aux autres combien nous sommes beaux, intelligents, et avec beaucoup, beaucoup d’amis. Voir et être vu. Le réseau social nous offre une excellente scène pour le faire. D’une part, voir le monde et d’autre part, paraître le mieux du monde. Etre un héros, avec de belles photos, avantageuses, séduisantes et très suggestives, mais qui cachent peut être un véritable besoin. Un besoin qui dans la sagesse de la Kabbale appelle l’union.
La Kabbale parle beaucoup des relations entre les individus. Elle explique que pour comprendre l’essence du lien entre nous, nous devons connaître la racine dudit lien. Selon les kabbalistes, nous étions tous autrefois unis en une seule âme collective, une sorte de grand corps composé d’un nombre interminables de cellules (âmes) qui ont entre elles un lien de réciprocité continu.
A un certain moment dans le processus de la création de la réalité telle que nous la connaissons aujourd’hui, l’âme générale se brisa en des milliers de fragments. Par cette brisure, nous avons perdu la sensation de lien de réciprocité entre nous. Cette séparation entre les fragments de l’âme collective, c’est-à -dire entre nous, a entre autre, créé en nous une sensation de vide, et depuis nous cherchons des substituts à cette sensation de perfection vécue autrefois.
En fait, les systèmes sociaux que nous avons créés cherchent dans leurs racines, inconsciemment, le chemin pour revenir à l’ancien lien disparu. Ancien souvenir qui nous ramène à notre racine spirituelle.
L’acteur clef dans la formation de la rupture entre les fragments de l’âme collective est l’ego qui s’est imposé au centre de la scène, et ces cent dernières années il n’a fait que s’amplifier. De nos jours, il a atteint de nouveaux sommets et à côté du développement auquel il nous pousse et qui éveille un certain émerveillement, il semblerait également qu’il ouvre un grand vide dans nos cœurs et détruise jusqu’au fondement de tout lien humain et chaleureux qui existait en nous.
L’égoïsme nous fait ressentir que nous dépendons les uns des autres pour satisfaire nos besoins, nous pousse à manipuler autrui, nous en servir, et une fois chose faite et qu’il ne nous sert plus, cette personne disparaît tout simplement de notre vie.
C’est pourquoi il nous est pénible de supporter le fait que nous sommes unis malgré nous. Ce sentiment de « ensemble » est oppressant, et parfois même, écrasant. Cette sensation nous amène à chercher différents chemins pour nous y opposer et pour renoncer à cette union qui nous maintient ensemble, et à laquelle, en fin de compte, nous devrons retourner.
Le type des liens qui se développent entre nous est l’expression de cette situation compliquée. Si nous les observions sous cet angle nous pourrions découvrir qu’ils symbolisent ces deux situations sensibles opposées.
D’une part, nous voulons être avec tout le monde, et d’autre part, nous voulons rester protégés derrière un écran d’ordinateur ou un téléphone portable. Il s’avère, et cette compréhension commence à se généraliser, qu’Internet ne relie pas vraiment les gens mais leur permet d’être unis en se séparant les uns des autres.
C’est précisément cette sensation de séparation, s’amplifiant avec le temps, qui dévoile un autre besoin, un besoin d’union véritable. Une union qu’il n’est pas possible de faire avec des câbles ou dans une quelconque réalité virtuelle. La réponse à ce besoin est la mise à jour de notre réseau de liens en des liens plus profonds, intérieurs, une sorte de réseau qui se baserait sur la participation des pensées et désirs qui vagabondent naturellement entre nous.
Connecting people?
Notre époque est à une période avancée dans le développement de l’humanité. A la fin du processus se tient le but de s’unir à nouveau en une seule âme. Aujourd’hui nous sommes plus proches que par le passé de découvrir que l’essence du monde n’est pas la matière, mais la connaissance infinie qui dirige tout ce qui se passe dans notre entourage.
La Kabbale parle de l’union et dans une seule langue pour tous – un langage intérieur, basé sur le ressenti et la profonde compréhension de ce qui nous entoure.
Yéhouda Ashlag, éminent kabbaliste du début du 20ème siècle, écrit dans un de ses articles que l’homme pourra véritablement aimer son prochain lorsqu’il vivra dans une société où les individus arrêteront d’agir pour satisfaire leurs besoins personnels et ne se soucieront que de veiller à ce que l’autre ne manque jamais de rien.
De la description de Yéhouda Ashlag, il découle que pour parvenir à de telles relations entre nous, il est nécessaire de réaliser un changement fondamental dans notre perception de la réalité. Au cœur de ce processus se trouve un besoin de changer la nature égoïste avec laquelle nous sommes nés, en un attribut de don envers autrui. Ce faisant nous mériterons de vivre une nouvelle réalité, spirituelle cette fois.
Nous ne pourrons renoncer à notre éternel souci de nous-mêmes que si les autres se soucient de nous, de la même façon dont nous nous préoccupons d’eux, comme dans une petite famille où chacun se soucie de l’autre. Ce système relationnel harmonieux est décrit en détails dans les écrits de Yéhouda Ashlag. Une fois que l’homme est libéré de son souci personnel, il s’élèvera pour ressentir une nouvelle dimension de la nature et de l’univers.
Pour le moment, nous continuons à être assis derrière l’écran, incognitos et libérés, libres de sentiments tout en nous efforçons de ne rien montrer en public, et pour cela trouvons un refuge temporaire. La prochaine étape sera de faire tomber les masques et de s’unir vraiment, dans le cœur.


10 commentaires
Bonjour Nathan,
Je m’étonne de trouver un internaute kabbaliste sur Libragora. Non pas que je connaisse bien la Kabbale juive, tout au plus, j’ai une connaissance très partielle de la kabbalistique chrétienne de Jean Pic de la Mirandole qui de toute façon s’inspire directement de la tradition juive.
Cependant, est-ce que Facebook peut s’expliquer par les raisonnements mystiques (ici non péjoratif) des kabbalistes? J’en doute. À la base et selon la rumeur, la plateforme Facebook aurait été inventée par un étudiant du campus de Harvard afin que les étudiants du campus puissent communiquer facilement entre eux. Ce projet a bien fonctionné, si bien que moi-même j’y suis inscrit et que j’y tiens l’inventaire d’un carnet d’adresses pour le moins aussi bien organisé qu’interactif. Les aristocrates british avaient ce qu’on appelle l’agenda. Cet agenda aristocratique était un répertoire de connections vitales auquel on pouvait se référer lorsqu’on était ruiné ou sujet à scandales ! Je conçois Facebook comme une version démocratisée de cet agenda aristocratique. D’une part, Facebook a son emploi éphémère, il promeut la parure de chacun inégalement. D’autre part, il établit une revitalisation de la communication quotidienne. En cela Facebook n’ouvre pas une communauté qu’il retient dans ses bornes, il permet aux communautés une interaction rapide et efficace avec chaque membre d’une communauté donnée. Par exemple, j’ouvre mon Facebook et je classe ma liste d’«amis» selon leur network. Je vois apparaître les villes: Montréal, Annecy, Paris, Dublin, Kilkenny, New York, Boston, L.A, Sofia, Amsterdam, Lille, Marseille, Bali, Pekin, etc. D’un seul coup d’œil, j’ai une vision globale de l’emplacement géographique d’une multitude de personnes que j’ai pu croiser et connaître suffisamment dans ma vie pour que, si par exemple je vais à New York, je puisse me manifester à l’une de ces connaissances qui est actuellement là -bas et qui peut subséquemment me référer à certains endroits ou me renseigner sur certaines astuces, voir m’héberger un weekend, etc.
Autrement dit et à mon sens, Facebook ne me commande pas de rester chez moi, au contraire, il peut m’aider dans mes déplacements et les encourager. Encore, si à l’école il me manque des notes de cours, je rejoins le groupe de mon département d’étude, de ma Faculté à Montréal et je lance une demande : «j’étais absent à tel cours, est-ce que quelqu’un d’entre vous pourrait m’envoyer une copie de ses notes de cours?» Le lendemain, j’ouvre mes courriels et je vois que j’ai reçu d’une étudiante que je ne connais que de vue, le contenu de ce qu’il me manquait.
Facebook favorise l’égocentrisme lorsque l’on veut faire de l’égocentrisme. Mais Facebook ne nous impose rien contre nous, contre notre vigilance.
Encore, des gens me disaient que beaucoup d’employeurs vérifient certaines de leurs candidatures en se référant aux profils Facebook de chacune d’elles. Je leur répondis que pour ma part, je préférais avoir un profil où chacun doit recevoir, au préalable, mon autorisation avant de le consulter et de plus que, personnellement, si quelqu’un venait me juger, même pour un emploi, par une intrusion délibérée dans ma vie privée et que pour cela je n’obtenais pas l’emploi en question, dans la mesure où j’aurais déplu, pour ma part je me dis que jamais je voudrais travailler pour quelqu’un d’aussi vicieux.
Finalement, Facebook nous offre une part de l’intimité de l’autre, mais c’est une part choisi par cet autre qu’il offre comme ce qu’il veut strictement offrir et ce n’est pas dit que ça l’intéresse tout le monde. La quantité de récits de vie est à ce point prolixe sur Faceboook que ça l’apaise nos envies d’épier notre prochain. Parce que ce prochain a lui-même donné librement ce que nous pouvons épier chez lui.
Autrement dit, je ne pense pas que Facebook ni ne gêne, ni ne favorise l’union des âmes au sein d’un même tout unitaire et généreux en amour, en bonté, en grâce. Ni, pour ma part, la restauration de la Jérusalem Céleste.
Amicalement,
Flint
Quelle histoire pour pas grand chose.
Facebook me permet de trouver des « amis » qui partagent les meme centres d’interet, c’est assez pratique pour progresser et apprendre de nouvelles choses.
Par ailleurs, ce reseau est aussi tres efficace pour promouvoir une entreprise, un produit..faire connaitre une nouvelle marque, une activité
Je veux bien mettre un peu de Kabbale dans tout mais juste un peu alors. Tout ne peut pas s’expliquer par la kabbale.
C’est assez énervant de commenter le texte de quelqu’un qui ne repointera pas son nez ici avant de poster le prochain, c’est à dire d’ici environ huit jours, et qui ne prendra même pas la peine de lire les commentaires, encore moins d’y répondre. Bon. Globalement, je trouve que tu opposes trop « existence réelle » et « existence virtuelle », Internet et la réalité. Le réseau est séduisant parce qu’à prioiri il est plus facile de s’y faire des amis si on en a pas « en dehors » – chose assez peu probable. De toute manière, les deux ne s’excluent pas, tant que le réseau ne prend pas toute la place.
Pourquoi cet usage abusif du « nous », comme si chacun de nous était concerné par le phénomène ? Je sais bien qu’il s’agit surtout d’un procédé littéraire, mais c’est assez agaçant tout de même. On peut être internaute (et même web-addict) et ne fréquenter ni Facebook, ni MySpace ni aucun autre réseau social. Nous sommes nombreux dans ce cas par ici. Au reste, on peut être un utilisateur de Facebook et n’être ni un no-life, ni quelqu’un qui se cache derrière un écran par peur de ce qu’il est (ou de ce qu’on pourrait penser qu’il est). D’autre part, en quoi le fait d’avoir des amis sur Facebook interdit-il d’en avoir dans la « vraie » vie ? Je me demande même si les gens qui ont beaucoup d’amis sur Facebook ne sont pas les mêmes qui en dehors du Net ont une importante vie sociale, ou socioprofessionnelle, comme on veut. Je m’étais fait la même reflexion en naviguant sur MySpace et sur pas mal de blogs où les gens se renvoient mutuellement des commentaires – private-jokes à la clé – parce que ces gens se connaissent réellement. Ce sont souvent des copains de classe, des collègues de bureau, des amis.
Tu dis qu’Internet ne relie pas vraiment les gens mais leur permet d’être unis en se séparant les uns des autres. Je crois que ça leur permet de passer ensemble un temps qu’ils passeraient sans doute seul, et que ce qui compte, c’est l’ensemble, ce n’est pas le média ou la manière. Qu’on soit face à face ou derrière un écran, qu’est-ce que ça change au fond ? Est-on forcément moins sincère ou moins impliqué dans le dialogue ou la relation ? Le fait d’être derrière son PC fait-il de chaque internaute un menteur potentiel, un tricheur, un manipulateur ou un égoïste ? Au contraire, ne tire-t-on pas profit des réseaux sociaux en étant justement soi-même, afin que les autres (que l’on connait ou pas) nous reconnaissent ? Partout, les gens affichent leurs photos de famille, uploadent leurs videos de vacances, et après ? On s’y montre sous son meilleur jour, impeccable et retouché, dénonces-tu. Oui, mais ne fait-on pas la même chose quand on se coiffe, qu’on s’habille et qu’on se parfume avant un rendez-vous ?
Le but est de se rencontrer, et peu importe si on ne se confronte jamais, on s’est croisé, on a existé pour l’autre, à un moment donné. En effet, on passe assez vite à autre chose. L’offre ne manque guère, et puis les rapports humains ont aussi subi une accelération. Il n’y a rien à déplorer. C’est ainsi. Si on ne veut rencontrer personne, la chose n’est pas différente ici ou in-real-life. J’ai crée un profil sur Facebook, avec mon vrai nom et ma vraie bio, mes hobbys, tout ça. Au bout de quelques jours, il ne se passait rien. Tout simplement parece que cette fonction de recherche d’amis ne me disait rien, et que manifestement, je ne disais rien à personne. Quelle différence avec ma vraie vie ? Aucune. Les « amis » ne m’interessent pas, je les trouve dispensables et inutiles. Facebook ne me sert donc à rien. Si j’avais cette capacité à nouer des relations dans l’existence, j’en serais tout autant capable sur Facebook. Si c’était le cas, pourrait-on dire que je me sers de l’écran et du clavier pour me cacher derrière ?
HB
Salut,
J’ajoute seulement une précision. Facebook est un peu sur le principe MSN, les amis que tu t’y fais sont ceux que tu connais dans le monde de tout les jours. Ce n’est pas un site de rencontre, mais de consolidation entre ceux qui se connaissent déjà .
Flint
Salut Doc,
Donc les amis que tu t’y fais, tu ne te les y fais pas, puisque ce sont déjà tes amis. Donc, tout ce que tu peux te faire, ce sont les ami(e)s des tes ami(e)s, si ce ne sont pas encore tes ami(e)s. Je plaisante
Je sais que Facebook n’est pas un site de rencontres, cela dit, d’après ce que j’ai pu voir, il y a moyen de rencontrer du monde, ne serait-ce que par cercles concentriques, et tu peux préciser dans ton profil si tu cherches simplement des amis, ou une relation sérieuse et durable, ou encore des relations professionnelles.
Quoiqu’il en soit, cela vient à l’appui de ce que je disais plus haut : Facebook n’est qu’un moyen comme un autre de se voir entre amis (qu’on a déjà ), de se donner des nouvelles, presque en live, en images et en son. La distance entre réel et virtuel est ici très mince, puisque le réseau assure les mêmes fonctions que les relations « charnelles » en s’y substituant de manière commode. Avant on allait boire une bière au bar du coin, ou on se faisait une bouffe à la maison tous les trente-six du mois, maintenant, comme on a plus le temps avec nos vies de tarés, on se « poke » vite fait en passant, ça prend moins de temps et de toutes façons, le résultat est le même… Le but c’est toujours que l’on ne nous oublie pas, n’est-ce pas ?
Viens là que je te poke…
A+
HB
Amen!
re-poke
Avez vous pensez un instant à tous ceux qui ne sont pas vraiment doué pour le face à face ?
je veux dire ceux qui preferent draguer par ecrit ? dans un 1er temps bien sur.
Facebook c’est tout ce que vous avez dit et bien plus encore. Des mecs cherchent des filles et inversement et autres combinaisons possibles, d’autres creent des groupes de discussion sur un sujet, des entreprises font leur pub, des minettes s’exhibent, d’autres se retrouvent entre copines de lycées..Des « specialistes » en tous genre proposent leur savoir, des gens trainent, d’autres creent leur profil et le laisse a l’abandon.
le texte originel au debut de ces comments est debile, c’est l’oeuvre d’un pisse-froid qui oppose la vraie vie a la vie virtuelle. Encore un vieux con qui s’accroche a ses reves humanistes dépassés.
Un conseil ami CC, coupe ton ordi
Mon jeune ami tu confond symbolisme et symbolatrie .
Tu t’interesses a la kabbale
alors oui debranche ton pc allume une bougie et medites.
Mais j’ai peur que dans la voie que tu as choisi tu attendes un bracelet de Madonna!!!!!!!!!!!!!!!!!
Il est la mon bobby !!
On croit qu’il est pas la mais il a chopé le virus…alors le soir il rode tel un marseillais autour de la commanderie afin de voir si y’ aurait pas desfois un truc pas trop nase a lire.
La kabbale juive dit-elle comment s’est cree l’etat d’israel ? En massacrant, de façon plannifiée , une quantité impressionnante d’arabes qui se trouvaient dans les villages de la region avec l’assentiment du defunt ben gourion et la participation du tout jeune mais neanmoins tres motivé begin. Non, c’est dommage.