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Soif d’aujourd’hui

Notre soif de consolation a besoin d’impossible pour être rassasiée.
En hommage à Stig Dagerman
Celui qui craint que sa vie ne soit vaine, où trouvera-t-il le repos ?

par laurent

Sur la Terre comme au Ciel, je suis dépourvu de garantie, et ne puis me reposer d’exister.

Je n’ai pour ma part reçu en viatique ni révélation, ni système ; l’époque ne m’a pas non plus légué la fureur extensible de l’enragé, ni les rassurantes croyances du rationaliste, et même le Dieu demeure sans nom en sa maison.

Partageant le sort commun, j’en connais donc intimement vanités, bassesses, médiocrités, avidités ; et ne puis donc mépriser ce prochain, dont tout semble m’éloigner.

Ayant exploré également l’inimaginable diversité de nos motivations et subi, normalement, le poids des déterminismes, j’ai dû renoncer à m’ériger en juge de qui que ce soit, dont moi-même – laissant le feu et le
vent, l’eau et la terre m’enseigner la lumière, tandis que mon ombre toujours me retient.

Sachant cela, je suis quand même bien certain de quelque chose ; la soif de consolation que connaît l’être humain demande l’impossible pour être rassasiée.

Mais qui donc l’a approché ?
Quels récits nous rapportent les pas des héros sur la terre inconnue ?
Et où est–elle ?
Que nous manque–t–il pour la trouver ?
Qu’avons–nous trouvé à la place, pour qu’elle ne nous manque pas ?

En ce qui me concerne, j’éprouve et respire toute consolation, comme le plongeur prend sa respiration.
Quoi que j’en saisisse, là où je vis, il n’en restera rien, sinon la possibilité.
Car partant où, de prîme abord, une consolation se présente, l’homme aperçoit comme un autre lui-même, dans un autre élément, où justement il ne peut demeurer.

Bercé ou surnageant, le voici ballotté entre savoir et sentiment, sans rien pour le guider au-delà de son insatisfaction, sinon cette insatisfaction.

Du sort que chacun lui réserve dépend l’intensité de sa vie, et de la qualité de celle-ci, sa dignité.

Qu’a-t-on alors entre nos mains ?

Puisque je suis un homme ; une femme qui m’attire, un ange qui me sourit, un ami comme abri ; me laissant soudain entrevoir d’autres correspondances, réveillant en moi l’élément féminin.
Puisque je suis enclin à la poésie ; un arc de mots, que je ressens de la joie à tendre.
Puisque le monde m’enserre de toutes parts ; la maison intérieure, que je veux construire plus vaste que lui.
Puisque la mort signe la vie ; le printemps qui revient, surgissement de la promesse.
Puisque je me menace moi même, le conseil que m’adresse l’esprit.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées, qui remplissent ma maison intérieure de chuchotements misérables et odieux.
Je suis ton plaisir – tu n’as pas meilleur Dieu.
Je suis ton talent – vends-le !
Je suis ton avidité – ton seul intérêt.
Je suis ta maison intérieure – méprise les hommes !

Je dois donc apprendre à discerner parmi tous “mes” appels ; et seule ma conscience en profondeur peut, tout en se révélant, accomplir cette tâche, où les années de peine ne comptent pas, ni les joies ; où les peurs s’engendrent d’elles-mêmes et se déguisent à l’envi ; où je n’attends personne pour prendre ma part, sur la Terre meurtrie comme au Ciel abandonné.

Et c’est ainsi que pour moi, il ne suffit pas de croire que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout s’équivaut et rien ne compte. À mesure que progresse mon exploration, s’engendre, du cœur de ma conscience, un nouvel usage de la liberté, dans une nouvelle vision.

C’est un pays que j’ignore, parmi les choses et les êtres de chaque jour.

Fragile, me voici en ma mesure infime en charge de l’univers ; à la recherche d’une lumière qui ne s’éteint pas, avec quoi je pourrai réchauffer mon prochain, illuminer mes amours, sentir la brise du destin, fondre en moi l’élément féminin.

Aussi faible soit l’homme, il veut pouvoir être libre, dès qu’il peut le vouloir.

Dans cette démesure où sa vie s’articule, prenant la forme d’une croix, le voici en position de comprendre l’effrayant défi que l’éternité lance à son existence, allant et s’en allant comme la marée, sans jamais l’emporter, sauf où l’on ne revient pas.

Je ne puis donc capturer mes joies, ni compter les retrouver le lendemain ; bien qu’au soleil de chaque jour, elles miroitent là-bas, où je ne vais pas.

Je peux alors préférer rester assis devant ce feu que j’ai moi-même allumé, m’éprouvant indubitablement homme devant la danse des flammes.

Et si ma maison intérieure ne brûle pas, c’est une chance, ou un miracle, dans lequel je cherche un sens, l’éclat d’une joie, une paix qui durera.

Mais le malheur s’abat sans trêve en trombes gigantesques tout autour du monde, noyant les foyers par milliers, me prenant par le cou pour m’entraîner dans ses “raisons”, bien plus fortes que toutes mes consolations.

Que devient alors le sentiment humain de fraternité si ce n’est une misérable illusion pour justifier nos avidités ?

Ceux qui souffrent crient en vain ; les vivants sont impuissants, les morts ne revendiquent pas.

Et pourtant, jouant de moi, voici le soleil qui revient, la peine qui m’abandonne, au moment où je m’en faisais un refuge, me poussant à espérer de nouveau, me soufflant d’autres vérités, que je ne connais pas, mais qu’il me faut poursuivre encore, saluant l’arc-en-ciel, courant après, comme si je pouvais l’attraper, en faire un monde, et enfin m’y arrêter.

Mais si je suis bien certain d’une chose, c’est qu’il me faudra toujours marcher.

Je peux remplir toutes les pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que m’inspire l’Amour ; d’autres en feront des lois et l’écho se perdra !

Que devient alors le talent, si ce n’est une consolation pour ma solitude, mais quelle désespérante consolation, que celle qui me fait simplement ressentir davantage l’absence de toute communion.

Je suis alors tenté de renoncer, mais la vie s’est trop avancée, tandis que le passé a fui, d’autres voix m’interpellent, au-dehors comme au-dedans, qui menacent mon présent, si moi-même je ne le remplis pas.

Me voici donc à vivre par obligation, tandis que ma conscience tremble et vacille sans rien où reposer ; parce que d’avoir marché jusque là m’a séparé de choses aussi simples qu’un sol sous nos pieds.

Si je suis entouré, voici alors que viennent à moi les plus proches, pour m’exhorter à lâcher ma conscience profonde, son inutilité.

Mais il est déjà trop tard, je me trouve à présent trop avancé au milieu de la nuit ; comment saurais-je si j’ai rêvé le jour prochain, quelles lueurs sont à l’aube, lesquelles vont me brûler les mains.

Je sais seulement, mais sans consolation, que beaucoup se sont risqués jusqu’à soi pour s’enflammer de leurs propres clartés, pour s’aveugler à tout jamais, pour se changer en ombres.

Le sentiment de l’à-quoi-bon me gagne alors si fort, que la plus belle joie m’est vaine, que la “foi” reste plaquée au fond de moi, que l’amour ne m’est rien.

Mais les liens noués me retiennent, les actes que j’ai posés ne peuvent s’effacer. Si je m’arrête, ce sera désormais une autre façon de continuer.

Je n’ai jamais parcouru tant de chemin vers ma liberté, qu’à l’instant même où elle m’oblige à avancer, parmi les sables et les ruines, l’odeur âcre des regrets ; jusqu’à traverser l’étouffante impression que je ne la servirai jamais.

La voici donc maintenant, qui brille inaccessible, sur une terre jamais foulée, où tremble chaque pas.

J’aimerais tant lui demander où je vais ; mais je ne suis plus tenté de l’attraper.
Car voici maintenant que, partout où je pose les pieds, une nouvelle terre apparaît, parmi les choses et les êtres de chaque jour.
Ceux qui approchent la voient ; voici que les signes sont changés, le nouveau possible apparaît dans ce nouveau sentiment qui balaie tous les sentiments, cette embellie vraie du quotidien qui m’emporte sur place, m’enlève, me submerge…

Quel esclavage me retient, puisque au milieu de tout, voici qu’il n’y a plus rien ?
J’ai perdu jusqu’à cette joie amère qui me faisait sourire au milieu de mes ruines, me réchauffait sous la neige de l’oubli.

Ayant passé toute preuve, ma liberté se trouve à présent dotée d’une dimension merveilleuse, où toute chose se change, par delà son contraire.

En quoi consiste donc ce miracle ?

Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit de faire peser sur moi un devoir tel, que mon désir de vivre en vienne à s’étioler.

Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?

Là où la vie à présent m’a porté, sur ce rivage étrange et familier, je découvre ahuri un goût d’éternité réalisée.

Et je comprends maintenant que le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie.
Tout ce qui m’arrive d’essentiel me rapproche de cet état inconditionné où, hors du temps, s’allume et grandit ma liberté.

À cette flamme que je reconnais, se consument tous les projets que j’interposais entre la vie et moi : jusqu’au pur éclat de joie sans causalité, qui éclaire ce qui m’arrive, en lui donnant la forme d’une destinée.
Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi.

La vie n’est pas quelque chose que l’on doit mesurer.

Ni le saut du cabri, ni le lever du soleil ne sont des performances, mais quelque chose qui veut grandir et atteindre sa perfection.

Tous les fils qui m’attachent au sort commun, les innombrables déterminismes où se perd mon existence, ne sont rien d’autre que les points de départ sans cesse retrouvés de mon accession à l’inconditionné.

Je découvre ainsi, dans la plénitude de toute joie comme au revers de chaque épreuve, un élément qui lui est à la fois immanent et transcendant, insaisissable et sûr, et c’est l’air et la matière de la liberté.

Je comprends alors qu’il n’est pas besoin d’avoir la forêt de Walden pour prouver notre délivrance : c’est en tous temps et en tous lieux que je peux prouver qu’il est possible de vivre sa liberté ; que vivre n’est pas une habitude qui se poursuit à mon insu, et que je peux, jusque dans les formes figées de la société, saluer en moi, comme en chacun, la ressemblance divine.

Nous sommes donc plus forts que ce monde, qui s’arrête où nous recommençons nous mêmes.

Et nous n’avons besoin de lui opposer ni foi, ni raison, mais seulement la nostalgie de cette joie sans cause, dont nous sommes la destinée.

Quoi que je vive, cet avenir me tend la main.
Et quand surgit l’élément féminin du cœur de ma réalité, m’apportant à nouveau le goût et le sens d’aimer, je sais désormais immanquablement qu’il en est l’Aube avancée, le Printemps d’un seul tenant et non pas seulement une fleur, le bonheur dispersé.

Telle est donc mon unique consolation ; qui est bien plus qu’une consolation, et plus aussi qu’une commémoration : comme la recollection intuitive de la totalité qualitative, ouverte à chacun dans le mouvement de la conscience délivrée.

Je sais pourtant que la Victoire est “loin”, que les épreuves seront toujours aux rendez-vous que fixe l’imprévu, que les “échecs” sont encore nécessaires, par quoi j’aurai à chaque fois à m’ajuster.

Mais le ressouvenir du miracle de la délivrance d’Amour me porte comme une aile vers un but qui me ramène à chaque fois à l’équilibre : une consolation en forme d’accomplissement, plus prévoyante que toutes les philosophies, plus tangible qu’une raison de vivre : sur le sentier qui monte en pente douce, l’impossible reversé dans le possible ; la liaison réinventée, absolument active, de la Terre meurtrie et du Ciel abandonné ; et la grâce, signe fidèle à chaque étape — couronne que porte l’acte pur.

Laurent Chaumette

22 commentaires

  1. ffenix 28 septembre 2008 | Permalink

    Les amateurs de romantisme mystique apprécieront sans doute cet écrit, et plus encore celui de Dagerman. Pour ma part je dois être trop vieux – ou trop heureux – pour apprécier ce pathos impudique, phraseur et kitsch.

    Mais ça m’a permis de relire un auteur des contrées septentrionales :-)

  2. laurent 28 septembre 2008 | Permalink

    bonjour, et merci de ce curieux commentaire.
    J’ai utilisé la technique situationniste du détournement pour rendre à Dagerman un hommage actif : c’est-à-dire qui retienne la vérité centrale de son propos (« la vie avant tout »), en lui proposant une autre issue – heureuse justement – que celle du suicide.
    En substance, aucune « raison de vivre » ne peut répondre à l’infamie de la vie qui nous est faite et que nous nous faisons, seul l’amour survit à tout, même à la mort.

  3. ffenix 28 septembre 2008 | Permalink

    Qu’est-ce que cet amour qui survit à tout même à la mort Laurent ?

  4. HumanBeing 28 septembre 2008 | Permalink

    Celui qui craint que sa vie ne soit vaine, où trouvera-t-il le repos ?

    Quelle importance ? La vie est vaine, et au bout il y a la mort. Entre les deux, il y a du verbiage, des mots comme ceux de ton texte, pour ne rien dire. Quelques joies aussi, un peu d’amour, utiles pour continuer à vivre, à avoir envie de vivre. Tout cela est éphémère et condamné à se consumer dans l’instant. A la fin, il ne reste rien, et rien ne survit de soi qu’un vague souvenir dans la tête des autres.

    Ma seule consolation est précisément la certitude de la mort et le désir d’en choisir le moment. La vie n’est qu’une brêve répétition du néant, et le suicide, l’ultime expression de la dignité humaine.

  5. laurent 28 septembre 2008 | Permalink

    Qu’est-ce que cet amour qui survit à tout même à la mort Laurent ?

    Et bien cet amour, c’est l’amour, et il est en toi autant qu’en moi et qu’en toute chose, tout être.
    Amicalement

  6. laurent 28 septembre 2008 | Permalink

    Bonjour, en fait, ma réponse précédente, à propos de l’amour, est aussi une réponse valable ici, mais je vois bien qu’elle ne sera d’aucune utilité, si « la vie n’est qu’une brève répétition du néant », chose qui me dépasse. Je ne suis pas contre ce que vous dites sur le suicide,même si ce n’est pas toujours ainsi que l’on se suicide. Mais enfin, aussi brève soit la répétition, elle est unique pour chacun, et peut à tout moment virer du néant à – la vie.
    C’est ce que je vous souhaite.

    Je ne crois pas que mon texte soit « du verbiage », j’y ai fait très attention (outre que je n’utilise aucun verbiage) à chaque phrase, à son poids, son utilité, son ajustement aux autres, etc. Et je ne l’ai pas écrit pour ne rien dire : mais simplement pour dire un peu le contraire de ce que vous dites, et qu’on entend partout, maintenant que non seulement le Ciel est vide, mais que la Terre nous vomit.
    Non seulement « quelques joies », mais la joie, non pas un peu d’amour, mais l’amour,puits infini, source inaltérable. Voilà ce qui s’offre à toute personne.
    A la fin, une âme s’est forgée, qui nous fera une voile.
    Amicalement.

  7. gloria 29 septembre 2008 | Permalink

    tu vas nous faire chier pendant combien de temps hein ? avec te conneries mysticophallacieuses ?

    juste pour savoir hein…

  8. gloria 29 septembre 2008 | Permalink

    tiens donc l’amour c’est l’amour…

    non mais sans blague…

    héhéhéhééhhééhéhéhéhéhéhéh

  9. laurent 29 septembre 2008 | Permalink

    La grossièreté ne change rien au fait que rien ne vous oblige à me lire.

    Maintenant, si personne ne me répond plus, je me tairais.

    J’espère avoir répondu en partie à vos interrogations.

    ps. J’aime bien Libragora !

  10. Bienque 29 septembre 2008 | Permalink

    Si tu ne parles que d’amour, tu vas detruire libragora ! he he
    Le suicide est le seul moyen d’en terminer mais si c’est pour découvrir que la mort n’existe pas, quelle catastrophe ! Impossible d’en sortir. Condamné a vivre eternellement, condamné a progresser eternellement. De plus, le sort du suicidé n’est pas enviable. Il erre toute une vie jusqu’à renaitre. Pour moi, je travaille, tres modestement a trouver mon salut dans la conscience.
    Crois tu, Laurent, que l’on doive lire, les ecritures, avec un oeil indien, meditatif, bouddhiste.
     » Heureux les pauvres en esprit car ils auront la terre en heritage ! » Si on considere « les pauvres en esprit » comme signifiant dépourvu de l’influence du mental, cela prend une autre tournure. Ainsi, on peut lire la bible une seconde fois, si j’ose dire, et y voir autre chose.  » Le royaume des cieux  » est -il le paradis ou l’eveil ? cela nous fait que des questions et peut etre des reponses

  11. laurent 29 septembre 2008 | Permalink

    « Si tu ne parles que d’amour, tu vas détruire libragora! »
    - Il y a assez de personnes qualifiées ici pour tout reconstruire.

    - Tu as raison sur le suicide : sauf geste de dignité quand tout est perdu, il est fuite. Or, on peut tout fuir, mais pas soi-même. Chacun se retrouve tôt ou tard devant ce qu’il a fait et été (suicide inclus le cas échéant), et ce n’est que justice.

    « Pour moi, je travaille, très modestement à trouver mon salut dans la conscience. »
    - Je ne fais rien de mieux. Et pour chacun, la voie est libre : il suffit de la dégager des suffisances de l’ego, des vaines rancunes, des aveuglements volontaires, etc. qui ont modelé (déformé, rétréci) nos regards, donc nos consciences (la conscience est toujours conscience de quelque chose, le néant n’est que néant, soit rien, une non-vue de l’esprit), et ainsi de retrouver le regard des anges « qui portent des yeux tout autour de la tête » (Arès) et ainsi ne perdent jamais Dieu de vue.
    Ce qui fait que je pense que l’oeil indien (etc.) pour lire les « écritures » est une bonne chose, mais que le mieux est l’oeil enfant !
    Ce qui rejoint me semble-t-il ce que tu dis sur le mental.
    Il faut sans doute lire, s’instruire, mais la difficulté est de ne pas perdre cette initiale « pauvreté en esprit » que le « Ciel » habille de lumière.
    Car le royaume des cieux n’est jamais loin.
    Il suffit qu’en nous la « Terre » lui donne la main (voir les Dialogues avec l’ange, qui développent tout cela merveilleusement)…
    Merci de ton attention.

  12. gloria 29 septembre 2008 | Permalink

    on s’en fou..

  13. inkie 29 septembre 2008 | Permalink

    tiens pour une fois on est d’accord, glo

  14. HumanBeing 1 octobre 2008 | Permalink

    Or, on peut tout fuir, mais pas soi-même. Chacun se retrouve tôt ou tard devant ce qu’il a fait et été (suicide inclus le cas échéant), et ce n’est que justice.
    « Tôt ou tard »… C’est très drôle comme formulation, surtout concernant des éventualités sensées se dérouler dans le non-temps (ou éternité) qui constitue, semble-t-il, l’essentiel de la vie après la mort. Passons.

    Autrement, ton discours est vide. C’est du baratin pour les simples d’esprits et les naïfs, rien d’autre. C’est du pur verbiage, bien que tu t’en défendes. Concrètement, tu ne dis rien. Abstraitement non plus, d’ailleurs. On a ici, et on a eu, des manipulateurs de concepts autrement plus convaincants. Il s’agit plus d’une construction poétique, à base de grosses ficelles et d’enfilage de perles, que d’un texte folie-sophique…

    Tu ne sais pas, tu ne peux pas savoir de quoi tu parles, parce que ce dont tu parles est inconnaissable d’un point de vue autant universel que particulier. Cela relève du champ d’une expérience individuelle qui ne tient pas dans des mots, mais dans des émotions.

    Explique-moi donc clairement ce qu’est l’amour et comment il fonctionne… Et de quel amour parles-tu quand tu parles d’amour ? Et ne me réponds pas que « cet amour c’est l’amour », comme tu l’as dit plus haut à ffenix… C’est fort peu convaincant. Tout amour a un objet, quel qu’il soit.

    Alors, quel est le tien ? L’Humanité ? :-o

    [post copieusement édité depuis ce matin... Je galère à mort aujourd'hui :-D ]

  15. ffenix 1 octobre 2008 | Permalink

    Et oui, la voilà la question intéressante : Laurent va-t-il parvenir à nous dire ce qu’est l’Amour dont il nous parle, cet amour qui dure après la mort ?

    Je rappelle la définition de la pensée tragique selon Rosset :

    « Une seule formule suffît à caractériser la pensée tragique : l’impossibilité de croire qu’il puisse y avoir de la croyance. Et, а l’origine de cette incroyance а la croyance, [...] elle invoque un argument très simple : toute croyance, mise а l’épreuve, est incapable de préciser ce а quoi elle croit ; elle est donc toujours, rigoureusement parlant, une croyance а rien ; or, croire а rien équivaut а ne rien croire. L’homme peut donc croire а tout ce qu’il voudra, il ne pourra jamais s’empêcher de savoir silencieusement que ce а quoi il croit est — rien. » (Clément Rosset, Logique du pire, p.34)

    Laurent est des nôtres :-D

  16. Bienque 1 octobre 2008 | Permalink

    Tu parles de croyance et Laurent te parles d’être. Vous n’êtes pas du tout sur la même longueur d’ondes. Je ne crois pas deformer sa pensée en disant que l’amour est ce qui est. En parlant de croyance, tu parles d’autre chose. De plus, la croyance n’est pas que fanatisme, c’est faire une erreur assez considerable me semble-t-il. Je me souviens m’être fait reprocher ici ma croyance en la psychanalyse par PJ notament. comment pouvais-je prouver ce que j’avancais. des preuves, vous vouliez des preuves, je n’en avais pas helas pour moi. Vous consideriez la psy comme une croyance. Est ce un fanatisme ? Nous sommes evidement d’accord pour dire non. Le bouddhisme est-il un fanatisme ? non. Le tantrisme ? non. On peut multiplier les exemples. L’atheisme est-il un fanatisme, non. Et pourtant c’est une croyance. L’amour c’est l’etre et pour le connaitre, il faut en faire l’experience.
    Ce n’est pas forcement derriere un philosophe qu’on trouve la reponse a sa question. Au fond, la metaphysique est une croyance, Mais nous devons respecter tout systhemes de croyances. C’est la moindre des choses.
    j’ai remarqué qu’on fait souvent une erreur a propos du nihilisme. Le nihilisme s’attaque à la pensée, c’est une agression contre la pensée, n’importe laquelle , la pensée en general même la plus simple.
    No futur, ce n’est pas nihiliste car faire du rien une philosophie c’est toujours une pensée même si c’est tres difficile de penser le rien. Il faut d’ailleurs faire un effort intellectuel important pour penser le rien. Les nazies, les fachistes sont nihilistes en ce qu’ils refusent tout droit de cité a la pensée

  17. gloria 2 octobre 2008 | Permalink

    on s’en fou …

  18. laurent 2 octobre 2008 | Permalink

    Salut ! Il y a les mots – et ce qui veut être dit.

    - «  »Tôt ou tard »… C’est très drôle comme formulation, surtout concernant des éventualités sensées se dérouler dans le non-temps (ou éternité) qui constitue, semble-t-il, l’essentiel de la vie après la mort. » Je parle selon ma conception : l’après-mort n’est pas (pas encore) l’éternité. Traditions et témoignages se retrouvent au moins sur ceci : la vie continue. Son rythme n’a évidemment plus le soleil pour ponctuation-mais Dieu, « la » puissance d’amour.
    Il n’y a plus rien dans quoi se dissimuler : et ce que l’on a été conditionne évidemment notre entrée dans ces « lieux ».
    Il y a un très intéressant témoignage de tout ceci, en direct, dans le petit livre de l’ancien journaliste Alain Guillo, « A l’adresse de ceux qui cherchent » (je recommande ce livre à ceux qui cherchent).
    Donc voilà, quelles que soient les limites de notre langage, de notre compréhension, ou de ma précision, il n’est que justice de prévenir chacun, même celui ou celle qui dit s’en foutre: « on peut tout fuir, mais pas soi-même. Chacun se retrouve tôt ou tard devant ce qu’il a fait et été ».

    - Concernant « notre soif de consolation », il me faudrait des exemples de « verbiage », ça ne doit pas être difficile à trouver si je te suis ; je soutiens jusque là que chaque phrase a un sens, en relation sensée avec les autres.
    Quant à savoir à qui cela s’adresse, je serais heureux d’atteindre à assez de sincérité d’expression pour être compris des « simples d’esprits et des naïfs », dont je ne place pas l’intelligence au-dessous de la mienne.

    - Ce dont je parle, le le connais, car cela relève du champ de mon expérience individuelle, qui relève elle-même de l’expérience de l’unité de la parole et des émotions, ce qu’on appelle la poésie d’ailleurs.

    - L’amour est LA force d’attirance universelle, active en tout et partout. Ce qui doit te permettre intuitivement facilement de comprendre comment elle fonctionne : les « lois » de la physique en reflètent une partie bien sûr; il en va de même pour les « lois » spirituelles : en vérité, ces forces aspirent elles-mêmes à fusionner et ne plus faire qu’une : voilà l’Homme (qui de ce point de vue n’est pas même encore né).
    Tout cela est très bien décrit dans les « Dialogues avec l’ange ».
    Partant de là, l’amour se décline à l’infini…
    Mais si le mouvement de ton coeur rejoint le battement de l’univers – c’est la Joie pour toi, et tu ne peux que la rayonner.
    Ainsi l’amour n’a pas de fin, comme je vous le disais (je sais Gloria que tu t’en fous).

  19. laurent 2 octobre 2008 | Permalink

    Merci ffenix.

    Ce Rosset, quel beau dialecticien. Et rigoureux en plus !
    Mais il suffit à un petit enfant de regarder la nuit étoilée ou d’ouvrir l’évangile (« car j’ai caché aux sages et aux savants ce que je révèle aux petits enfants que vous êtes redevenus »), pour éprouver la foi en la puissance d’amour.
    Il y a « Dieu » et Dieu, voilà tout.

  20. HumanBeing 2 octobre 2008 | Permalink

    Euh, moi aussi je m’en fous. Poliment, hein, mais je m’en fous quand même.

  21. surfiste 3 octobre 2008 | Permalink

    http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=4208

    allez y, c’est du gros
    casanova citation
    celle que je cherchais, je la trouve pas et je m’en rappelle plusexactement, mais en gros, ça donnait

    vous qui avez le mépris pour la bassesse
    vous vous prenez pour des sages, alors même que vous avez en vous un sentiment de mépris
    pour certains autres

    en gros, si je vois Casanova, je lui demande comment c’est qu’il a dit :-)

    sinon, oui, moi aussi :-D

  22. Bienque 17 octobre 2008 | Permalink

    Hollywood chewim-gum,
    clac
    Chewim-gum au gout tres frais, hollywood !
    Soif d’aujourd’hui, yeah
    On se sent bieneuuuh !

    Hollywood chewim-gum,
    clac
    Chewim-gum au gout tres frais, hollywood !
    Soif d’aujourd’hui, yeah
    On se sent bieneuuuh !

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