Je n’entends pas traiter ici de la peur comme réaction subjective à ce qui menace la sécurité objective d’un individu. Je la traiterai d’abord comme la coïncidence qui survient dès lors que la sensation du familier se dissipe dans l’étrange. C’est par le biais de cette intuition de l’étrange que j’entamerai ce soubresaut de psychose qui se révèle au sujet qui s’effraie ; lorsqu’il s’inquiète d’être volatilisé hors de lui ou anéanti, de par lui-même.
Un enfant en bas âge est confiné, pour la nuit, entre les quatre murs de sa chambre, il fait noir, mais pas entièrement, il y demeure encore des voiles blafards qui dansent sur les objets et les transfigurent en nombreux spectres qui semblent attendre qu’il cesse de les surveiller du regard pour bondir sur lui. L’enfant ne crie pas, il est beaucoup trop effrayé ; la chambre de ses parents est, par le couloir, contigüe à la sienne ; il voudrait se lever pour y accourir, mais il risquerait de ne pas l’atteindre, au son d’une brindille sur laquelle on pose accidentellement le pied tous les fantômes mal dissimulés se lèveraient, l’attraperaient et le dépeceraient en le frappant contre les murs ; tout cela avant même qu’il atteigne le couloir. Cet enfant n’hurle pas quand il a peur, le risque est trop grand, le cri agacerait tant les spectres qui le surveillent qu’il serait tué pour sa traîtrise (?), bris d’un silence en sourdine. Il n’a pas le droit d’avertir ses parents de ses peurs car l’intensité d’une peur est incommunicable. Ses fantômes le lui ont bien montré. Ses parents viennent le calmer quand ses peurs sont trop criantes, les monstres sauront attendre que les parents repartent se coucher et qu’ils se rendorment. L’enfant luttera contre son sommeil la nuit durant, il inspectera chacune des parties de sa chambre, aux aguets, pendant des heures, jusqu’au lever du soleil, en tenant tout dans son analyse la plus serrée de l’éminent danger qui le guette de toute part. Les parents savent bien que les fantômes n’existent pas, mais ce que les parents ignorent c’est que l’enfant est convaincu qu’il ne passera pas la nuit sans mourir, atrocement mutilé. Un craquement dans le mur, une branche amenée par le vent frappera la fenêtre, le moteur d’un frigidaire interrompra son vrombissement ou le tic tac de l’horloge semblera arrêter sa routine, un court moment, que son heure aura sonnée, il est déjà mort ; nul adieu il ne fera à sa famille, nulle explication il n’aura pu leur fournir, demain à l’aube il sera retrouvé étalé en tripes, en sang, en chair et en giclures, barbouillé sur la surface des murs de sa chambre d’enfant.
Ses parents ne peuvent pas comprendre que chaque nuit c’est la même chose, on vient le poignarder, le défenestrer, l’annihiler ; son monstre, ses parents le pensent sans méchanceté véritable, mais ce monstre est d’une violence que ses parents ne sauraient jamais sonder, eux pensent qu’un enfant de cet âge est trop naïf de la violence dans le monde pour imaginer tant de cruauté en un seul être fantasmatique, et pourtant, dans ce silence paralytique où il se tient, l’enfant lutte à jamais contre son sommeil ; il ne se cache pas les yeux avec sa couverture puisqu’il ne verrait plus d’où la mort vient pour le prendre et il sait bien que les lames et les griffes transpercent les couvertures de son lit. Il dort tous les matins sur son pupitre en classe, il vit déjà dans une profonde solitude que peu de gens côtoieront de leur vivant. Il veut bien parler de son malaise à qui le veut, mais les adultes n’y prêtent pas foi, «il fabule le petit» puisqu’il ne vit aucune maltraitance… Lui, pense-t-il, de la maltraitance il en vit de par les spectres qui le hantent : incubes, succubes, démons et sorcières qui viennent pour le déchiqueter, le mutiler, l’éventrer, le tuer à coup sûr ! À l’école, il dessine des scènes de guerre, des armes, des gens qui souffrent ; on prend son dessin, mais on ne s’inquiète pas de ses peurs… on demande à qui la faute : aux parents, aux amis, aux professeurs, à qui ? Déjà , cet enfant, personne ne l’écoute vraiment. Que dirait-il s’il pouvait interrompre la déclamation des adultes ? «VOS GUEULES, JE VAIS MOURIR AVANT LA FIN DE LA NUIT. J’AI PEUR!!!».
Les années passeront, il saura se construire son propre arsenal de défenses. C’est que petit, il était tellement aimant de tout qu’il n’avait pas la moindre défense contre l’agresseur. En vieillissant, il perdra ses mauvaises habitudes : aimer, pleurer, jouir ; il ne restera plus rien. Il n’aura plus peur, il fera peur à tous les autres, le monstre qu’il craignait dans l’invisible, ses parents, amis et professeurs le craindront dès lors en lui seul. Il parlera de suicide, de haine, de meurtre et de sang, lui seul aura le pouvoir d’en rire allègrement. Devant le silence bâillonné de ses convives qui l’écouteront apeurés, il n’hésitera pas à prendre un couteau de cuisine et à leur simuler qu’il peut s’ouvrir la gorge au moment où il le désirera, il aime bien les tenir tout entier dans sa peur, c’est sa manière de les inviter à entrer chez-lui. Il ne s’intéressera plus aux choses qui meublent son environnement, il sera très satisfait de demeurer pétri sur place à ne rien faire et à ne rien penser, immobile, statufié dans le monde. La compagnie des autres lui sera à jamais un désagrément et le rire des foules un ressort pour son mépris d’eux tous. Un vrai solitaire qui s’ennuiera, en premier lieu, de ce qui lui est le plus familier puisque le familier qui n’a jamais su écouter le «criant» en lui est, pour lui, le premier et le plus proche des étranges qui se dressent contre lui. Vivre en société sera pour ce corps d’enfant vieilli une parodie qu’il lui faut imiter un minimum. Ce ne sera pas forcément un psychopathe parce que même la psychopathie lui semblera une vanité, il attendra impatiemment de mourir tout au long de son existence ; il fait son temps dans le monde comme un prisonnier dans sa prison et cette pensée lui pèse peut-être moins sur l’esprit qu’une dette dans le compte d’un bien nanti.
Que lui reste-t-il ? Eh bien, lorsqu’il avait peur la nuit, il utilisait cette peur et ce temps à passer l’univers de sa chambre au peigne fin, dans la plus scrupuleuse attention de son esprit. En vieillissant, il a commencé à tout intellectualiser, il n’a rien voulu laisser à l’irrationnel, sans arrêt son esprit travaille, calcule et compile en catégories, en banque de données ; toutes les sensations sont répertoriées en champs lexicaux, son langage n’a rien laissé au hasard dans le monde, il ne fait plus rien d’autre que de méditer son univers, ses semblables et parfois même sans user de mots, il se berce dans son analyse des choses du monde et dès que cette activité est interrompue, un désir ardent l’empoigne et le force à s’anéantir, alors il n’a pas d’autre choix que d’intellectualiser à rebours tout ce qui se dresse sur son chemin, chacun de ses gestes comme chacune de ses paroles, toutes interactions entre les hommes et rien d’autre ne subsiste en son esprit que cette activité mécanique qui prend chaque chose en la déconstruisant et en la reconstruisant mille fois sous mille coutures. Il ne cherche même pas à savoir, cette mécanique surplombe son désir de connaître, elle est au fondement de sa vie, tout peut se produire que rien ne l’inquiète puisqu’au final chaque hécatombe sera déconstruite, analysée, chaque chose en son temps répertoriée, compilée comme dans le grand livre de sa mémoire ; ni par amour ni par peur, par habitude seulement à ne rien savoir faire d’autre. Vidé en substance par ces exercices mécaniques dans son activité courante et totalement éthéré quant au monde et aux autres et c’est ce qui fera de lui un fou aux limites du socialement acceptable puisque chaque fois où on lui reprochera sa folie, il trouvera les mots qu’il agencera en maints arguments pour démontrer qu’il n’y a là aucune folie, mais bien plutôt une évidence de la raison. Cependant, tout cela ne lui est pas plaisant, mais d’un sérieux intransigeant. Son confrère en camisole de force n’avait ni les mots ni les arguments et la seule chose qui les distinguait l’un et l’autre c’était un contexte d’enfance où pour l’analysant : le jour, le familier lui redevenait agréable. Alors que pour celui qui porte aujourd’hui la camisole de force : le jour, le familier ne lui redevenait pas agréable. La violence qui habite l’un et l’autre est pratiquement la même : l’analysant peut à force d’analyses demeurer plusieurs jours au lit complètement brisé de ce travail acharné qui le crève littéralement alors que l’autre demeure au lit par excès d’électrochocs suite à de multiples agressions qu’il renouvellera dès qu’il le pourra sur son personnel médical. L’un et l’autre détestent la controverse et pendant que l’un la contourne en mots, l’autre la détruit en la frappant de ses poings. Deux esprits malades qui hument l’odeur du sang par le même organe ; l’un qui cherche à prévenir que tel ou tel charnier se profile au loin et l’autre qui s’y enlise en craintes et en tremblements qui viennent museler ses pensées et ses joies dans la noirceur du monde qui le ceint de toutes parts.
Quelle est cette peur contre laquelle chacun de ces deux hommes, appelés l’un et l’autre, se met en bute comme il le peut ? C’est la vision claire d’un cortège d’ombres macabres qui dévoilent le monde tel que chacun au fond de lui sait comment il est en vérité et c’est de cette conscience du diffus d’un entre-deux monde où tout est tenu par le déni collectif où nul homme ou femme ne voudrait aller en lever le voile et c’est sur cette corde raide où tout est sous le signe menaçant de la bascule que certains privilégiés (?) marchent les yeux grands ouverts. Pour quelques uns, très nombreux peut-être, ce voile est d’ores et déjà levé à la naissance et le déni n’est malheureusement pas une option pour eux. Ils connaissent par l’intuition que les bonheurs proclamés n’adviendront jamais sans appeler à leur suite tout un lot de malheurs et d’atrocités par lesquels on peut savoir que le monde n’est pas quelque chose de beau au sens où on l’entend généralement, mais davantage un cirque de l’horreur et ce dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit. Que toute chose, disais-je, quelle qu’elle soit nommée est charpentée dans une unique matière qui est tout à la fois la souffrance et l’esprit.
Émile



21 commentaires
Bonjour Emile,
Ou je suis totalement idiot et je n’ai pas compris l’ampleur de ton raisonnement, ou bien je suis idiot parce que ton second degré m’a échappé et partant, je suis passé à côté de ce qui n’est peut-être qu’une fantaisie littéraire. Tu écris bien, très bien, même, et tu dois le savoir ; le problème est que tu finis par en abuser. Ce que tu nous offres là est une anthologie du verbiage post-lacanien, où le baroque le dispute au grotesque. C’est beau, c’est très beau, comme un vernis qui masquerait mal le simplisme de l’argument.
Si j’ai bien suivi, l’angoisse de mort – ou de morcellement, puisque c’est sensiblement la même chose – serait le symptôme, et même le moteur d’une nature psychotique. Les terreurs nocturnes (qui de surcroît deviennent par la suite diurnes) dégénèreraient en psychose, psychose au singulier parce qu’il n’existerait qu’une psychose. Ce qui me dérange le plus, c’est le déterminisme induit par ta démonstration.
S’il n’y a avait qu’un seul schéma psychotique, et qu’un facteur déterminant (l’angoisse de morcellement) cela pourrait marcher, à la rigueur. Mais il suffit de fréquenter n’importe quel couloir de n’importe quel hôpital psychiatrique pour s’apercevoir que la plupart des psychoses n’ont pas pour ressort l’angoisse de morcellement. Le psychotique lambda – prenons un schizophrène – est le plus souvent un être profondément morcelé et angoissé par son propre morcellement psychique, palpable par lui dans certains moments de lucidité. C’est ce qui explique sans doute que le taux de suicide effectif chez les schizophrènes atteigne 21%, et le taux de tentatives dépasse les 50%. Il est vrai que face à toute la poésie socio-psycho-philosophique qui s’écoule de ton texte, ces pauvres données parfaitement terre à terre ne pèsent pas lourd. En outre, il me semble que l’homme que tu décris n’a rien d’un psychotique, mais possède par contre toutes les caractéristiques d’un parfait névrosé. Quand je lis une phrase comme…
« La violence qui habite l’un et l’autre est pratiquement la même : l’analysant peut à force d’analyses demeurer plusieurs jours au lit complètement brisé de ce travail acharné qui le crève littéralement alors que l’autre demeure au lit par excès d’électrochocs suite à de multiples agressions qu’il renouvellera dès qu’il le pourra sur son personnel médical. »
…il me prend une irrépessible envie de rire. C’est comique à force d’être caricatural. Ce texte ressemble à une compilation de concepts plus ou moins fumeux, ou plus ou moins sérieux, selon le point de vue adopté, qui dissimulent en fait une conception naïve et réductrice du psychisme humain. Le tout est magnifiquement exprimé, ce qui constitue la seule raison pour laquelle je l’ai lu jusqu’au bout.
HB
Bonjour Émile,
Citation « « PEUR La première des émotions » ».
Pour les mammifères (Ne cherchez plus dans le dictionnaire ! Ce sont des animaux à poil Laineux, qui allaitent leurs petits à la mamelle. Les humains sont des mammifères. Si si.), la première des émotions est le bonheur, la joie absolue
d’être dans la quiétude, la chaleur et la douceur du ventre de la mère. « Eu re », comme dirait nano.
C’est effectivement dommage pour les bébés in vitro.
Bizous
‘Nours
Ah, oui, tu veux faire peur à qui Émile ?
HB tu ne sais pas penser dans l’autre, tu as apris seulement à penser en toi …c’est la raison pour la quelle tu ne comprends pas la vibration du recit qui est un tricot d’une emotion partagée dans l’autre , et si simplement decrite au point de ne pas pouvoir se distancier de la le sentiment du grottesque car qui d’entre nous n’a jamais eu honte de se voir et de se sentir ou de s’entendre ?
accepte que les mouvements ne viennent pas toujours de ta capacité à comprendre et reçois la comprehention de l’autre comme un veicule emprunté qui nous permets de vivre dans l’autre et nous comprendre…
tu est allé à l’extrème de ton analise de ton analiser , il faut abosolument HB que tu aprennes à te laisser montrer dans l’autre…
ne prends pas mal ceci, j’ai beaucoup fait resistence sur ce coté de toi qui ne vit pas dans l’autre et il m’a pris beaucoup de temps pour que tu acceptes que je t’aimais bien malgré que tu n’y comprennes rien dans ton son mon language…
voilà sur ta definition du grottesque qui n’est rien d’autre qu’un autre refus de ta part de laisser controller à l’écrivain ce que tu ressens…
emile j’aime bien ton ne pas dire , parceque la peur est bien cela, ne pas dire,
je ne te dis pas la peur que j’éprouve en ne te pas dissant que je t’aime…bref
j’aimerais bien mourir , je pense que tous aimeraient mourir, parceque c’est une chose qui est de tout le monde , la peur est pour moi cette promesse,
à coté de ce que je reçois dans cet écrit , l’interligne parle de l’espace qui se tienet entre la peur et le courage de mourir …un courage lache et sans solution mais quipeut critiquer une fin vu que tous en aura une ?
bon je sens cet chambre oscure , si habitée de la peur d’entendre , la peur pas comprise du dire protecteur indiferent …
l’esprit est sur ma main la ligne et la fin …avoir peur c’est signe de vie encore …même si elle s’epuise à le signaler en le faisant …
demain je dirai encore un truc..
mais là je dois penser sur ce sujet qui m’a bien secoué le cocotier des mes tranquilités..
Personnellement j’ai bien ri. l’homme que tu decris est un nevrosé et pas un psychotique. Par ailleurs l’angoisse n’est pas un saint tôme. Pour avoir hélas ete psychotique, je ne me reconnais pas dans ce personnage. Il y a autant d’angoisses que de gens mais il est vrai par contre, que l’angoisse du psychotique est une souffrance indefinissable et terrible a tel point que moi je voulais m’egorger. par bonheur, la cuisine etait fermée.
c’etait un sale temps qui ne me fascine pas et je me souviens des pauvres types qui y etaient et a qui on donnait une poignee de neuroleptiques. La betise des psy etait grande, leur incompetence comparable et le silence dominait. dieu merci, si je puis dire, c’est un psychanaliste lacanien ( et oui, c’est pourtant la verité) qui m’a sorti de cet enfer et qui m’a nevrotisé ou comme dirait PJ, normaliser.
L’angoisse du nevrose est une angoisse sans objet veritable, c’est une angoisse de castration. L’angoisse du neant, comparable a la peur de fondre dans un verre d’eau comme un sucre, peut etre la peur de la mort, de la separation ou d’inclusion.
J’avais peur de la pluie, je croyais que j’allais me dissoudre et pourtant je savais que je survivrais. je m’amusais a faire peur aux autres en leur faisant croire qu’il y avait des gnomes , des farfadets qui se glissaien,t la nuit dans les couloirs pour nous epier; Ils avaient des mains crochues et des yeux injectes de sang. Je me retenais pour pas aller pisser.
Enfin c’était y’a longtemps. Et y’a rien de beau, de romantique, de romanesque, de fascinant la dedans. C’est sale, ca pue souvent la pisse et la merde, la detresse est difficile a supporter surtout quand on est pas habitué, et puis tout le monde s’en fout. Oubliez les romans, la psychose ca n’est pas drole, c’est plutot aussi sec qu’une zone industrielle laissee en plan.
Bonjour Hb,
La force d’un argument, m’a-t-on appri, tient toujours à sa simplicité. Quel est l’argument de mon texte? S’il devait y en avoir qu’un seul, on le trouverait depuis le titre jusqu’à la toute fin du texte, sans cesse contourné ou bien montré autrement. Nous, les êtres humains, avons peur. Peur de quoi? Du pire! Mais qui au juste a connu le pire, je te le demande? Personne qui ne soit revenu pour en dire quelque chose. La peur reste, elle est partout: méfiance, suspicion, stress, anxiété, angoisse, toujours ce qui effraie nous argue en frayeurs et d’un rien. Quel est ce rien? Si l’on ne peut le nommer toujours est-il que je le pointe et la simplicité de mon argument est de pointer ce rien qui effraie, cet indicible où je dis qu’il y a psychose (non pas telle une maladie, mais tel un tout autre domaine au réel).
Le seul déterminisme, pour moi, dans ma compréhension de la psychose, c’est celui de l’ensoleillement schizoïde tel qu’illustré dans mes précédents textes. Sinon, il n’y a pas qu’une psychose toujours la même, parce que ce qui en témoigne est un sujet psychotique et qui dit sujet, entend aussi sa subjectivité. Mais psychose, une, il y a d’où souffle la psychose (si on veut). En fait, on retrouve bien des similarités d’un psychotique à l’autre: descendants de reines, rois, princes; des délires qui se construisent de la même manière, par l’usage des mêmes lois de la pensée sytémique, peut-être. Un bon système fonctionne toujours sans faille qu’il soit psychotique ou non et de là , on peut pressentir que la psychose n’est pas que clinique, mais sociale et langagière. Il serait moins souffrant d’être socialement psychotique… demandons aux boureaux du IIIe Reich.
Je ris souvent à la lecture de grands classiques, des tournures qui me semblent un peu raboteuses ou bien des phrases qui tombent loin de mon goût que je n’hésite pas à nommer mon et le bon goût. Enfin, heureusement, je sais du rire qu’il est souvent la matière de l’ignorance, rassure-toi, je suis un bon rieur.
Il n’y a pas de concepts au sens académique, les mots signifient, ici, ce qu’eux-mêmes veulent dires dans leur contexte. À aucun moment je n’ai traité du psychisme humain, j’ai traité la pêur dans le domaine de la psychose et biensûr les mots y manquent. En ce domaine, l’esprit carthésien est inopérant!
Amicalement,
Émile
«ET TU CROIS QUE LA LITTÉRATURE C’EST DRÔLE POURRITURE QUE TU ES!!!!
JE ME FOU DE TES ANGOISSES SÈCHES, DE TES PEINES ATROCES, DE TES SOUFFRANCES INDESCRIPTIBLES! JE N’AI QUE LE DÉSIR DE TE TUER, DE T’ÉVENTRER ET DE M’INSTALLER DANS LE FOND DE TES ORGANES. DE TE VIOLER ET DE TE RE-VIOLER JUSQU’À CE QUE TON SANG M’AIT COAGULÉ SUR LA QUEUE…. APRES JE TE BAISERAI DANS LE CUL JUSQU’À CE TU T’ÉFFRITES EN BRÛLURES, LÉSIONS, HÉMATOMES… VA CHIER!!! JE TE JETERAIT DE L’ACIDE SUR LA FACE ET DE L’HUILE bOUILLANTE SUR LE CORPS POUR T’EMBRASER… ET TE PISSER SUR TA CARCASSE DE PUTE, TE CHIER DESSUS (toujours) ET T’ENFONCER UN PIC DANS LE CUL JUSQU’À CE TU CRACHES DU SANG SUR CENT MÈTRES!!!!!», dit-il.
**** Plus sérieusement si tu considères que la littérature c’est une idiotie où on se livre uniquement à la fantaisie pour la fantaisie…. tu n’as ni compris le littéraire ni plus que tu as décrit l’indescriptible. Alors, ne pronostique pas sur l’histoire du jeune garçon, tu ne connais rien à rien. Soi psychotique si tu le veux, ça ne t’offre pas la moindre garantie quant à la profondeur de ta vision du monde, c’est important, mais la pluspart des esprits entâchés de psychose n’ont pas la moindre profondeur; il ne reste alors que leur confusion comme preuve de leur confusion*****
Vois tu Bienque, pour moi, la souffrance est inquantifiable, si pour toi la vision de l’horreur c’est une zon désaffectée et que pour moi c’est un coup de pic à glace dans le cul, eh bien soit! Si nous échangions nos visions, tous les duex, nous aurions le discours de celui qui a bien souffert.
Du reste, vie en paix!
Émile
Peur à personne…
Les ventres des mamans sont parfois aussi nerveux et brûlants qu’un cratère de volcan, ils assèchent et goûtent le souffre comme la peur.
Bien heureux sont les bonnes naissances qui font de bons pendus!!!
A+
Émile
J’aurais voulu dire quelque chose de plus, mais je m’en tiendrai à un «merci Gloria» parce que des mots, il en faut davantage pour calmer la haine qu’il en faut pour laisser planer l’amour.
Merci Gloria.
Émile
Bonjour gloria,
Tu as sans doute raison, dans le fond. C’est vrai que je suis plutôt autocentré, et même égocentrique, autant quand je lis que quand j’écris. Notre connaissance et notre perception du monde ne partent que de nous-mêmes et ce qui nous frappe dans les oeuvres est ce qu’elles renvoient de la connaissance et de la perception que nous avons de nous-mêmes. C’est ce que tu dis quand tu parles de « vehicule emprunté qui nous permet de vivre dans l’autre et nous comprendre…», et je te rejoins tout à fait sur ce point. J’ai peut-être oublié qu’au delà du « moi-même », il y a aussi l’Autre, et c’est vrai que la rencontre avec autrui (sa connaissance, sa perception, sensibilité, sa culture), que je vis souvent d’abord comme une confrontation, me pose toujours problème. Mes commentaires sont souvent faits de la même manière. Une réaction à chaud, juste après lecture, puis quand l’auteur répond, je rentre volontiers dans la discussion. D’une certaine manière, le conflit peut stimuler la discussion, ou lui donner un point de départ, à condition qu’il soit dépassé par ceux qui s’y engagent.
Peut-être le texte m’a-t-il trop renvoyé à moi, et que de ce fait je l’ai trouvé dérangeant. Qui sait ?
Bonjour Emile,
« Nous, les êtres humains, avons peur. Peur de quoi? Du pire! Mais qui au juste a connu le pire, je te le demande? Personne qui ne soit revenu pour en dire quelque chose. »
Mais quel est ce pire dont nous avons peur ? L’enfant, ce que tu décris fort bien d’ailleurs, est victime de son angoisse de mort, au moment où il prend conscience de la finitude de l’existence. Sa terreur des monstres n’est autre que la peur d’être soustrait à la vie, d’être dissout. Or, en grandissant, je crois que la peur de la mort se métamorphose chez l’adulte, la plupart du temps, en angoisse de la souffrance, qu’elle soit psychique ou somatique. Pour nous, le pire n’est pas la mort, mais la vie, une vie que nous serions contraints de mener dans des conditions intolérables. Il ne s’agit pas de Rien. C’est parfois même très concret. La conscientisation de la souffrance est en soi une torture. C’est le principe et le piège de l’analyse.
Or, le « pire », défini comme angoisse de la vie, on en revient, on en revient même chaque jour lorsque l’on vit dans la souffrance, lorsque la réalité, objective ou subjective, n’est pas ou plus supportable. Il peut s’agir de la maladie, quelle qu’elle soit, mais aussi du fait de vivre sous une dictature, de connaître la privation de liberté, ou de connaître l’extrême pauvreté, la déchéance, la faim et le froid. Il y a aussi, en lien avec l’angoisse de mort, l’angoisse du deuil, celle de la mort de l’autre. Quand on dit : « ça n’arrive qu’aux autres », c’est l’expression d’une tentative de mise à distance de cette angoisse parce qu’elle est présente en chacun de nous, tout le temps, toujours, d’une manière ou d’une autre.
L’angoisse de souffrir est la motivation de bien des suicides, et sans doute la raison pour laquelle les enfants (et celui de ton texte, notamment) ne se suicident pas. Il ne ressentent pas cette angoisse-là . Il n’ont pas conscience de la souffrance avoir d’avoir intégré qu’elle peut conduire à la mort. L’angoisse a donc ses objets particuliers, et leur représentation mentale nous les rend effrayants. Une fois de plus, ce n’est pas Rien. La peur est concrète, elle est fixée sur son objet.
« Sinon, il n’y a pas qu’une psychose toujours la même, parce que ce qui en témoigne est un sujet psychotique et qui dit sujet, entend aussi sa subjectivité. »
Oui, bien sûr, mais tu fais une tentative d’objectivation de la psychose, et quel soit son domaine elle ne peut être objectivée, car la manière dont elle est vécue n’est pas objectivable. Sa subjectivité fondamentale l’empêche d’être décrite telle qu’elle est vécue par le sujet. Elle ne peut être racontée qu’en termes de signes, signes exterieurs, manifestations, soit une objectivité incomplète. C’est là que l’imagination romanesque relaye la connaissance et s’y substitue. C’est un des mérites de ton texte que de faire cette tentative de relais, mais il faut que cela soit assumé et défini comme extrapolation littéraire, non comme rapport objectif d’une quelconque réalité. C’était le sens de mon reproche dans mon premier commentaire.
@+
HB
Hola emile, t’emballes pas comme ca ! Ca n’est que mon opinion ! Pourquoi tant de haine ( de desir ) pour ma personne. Je n’ai pas la verité. Le fait que j’ai vecu une psychose me donne le droit de dire MON opinion qui est une opinion ( doxa). Alors calmes toi, y’a pas le feu dans tes reves.
Je mets la litterature au dessus de tout ( sauf ma femme), c’est justement pour ca que j’ai reagi. Pas de quoi en faire une psychose !
La verité je l’ai pas, c’est hb qui l’a d’ailleurs il vient de faire une passe a PJ qui gardes la balle. Et oui mesdames et messieurs il l’a perdu, il en a fait trop.
On est toujours mené un a zero. Extraordinnaire, magnifique, fabuleux !
Je suis d’accord.
Oui, c’est juste que je préfère le terme «exploration» à celui d’«extrapolation». Voilà tout. Les deux sont fumeux d’accord; ce en quoi j’aime le mysticisme.
Merci Hb pour ton commentaire.
Émile
Je ne m’énerve pas, j’ai seulement voulu faire une démonstration en force des moyens dont peut se doter la littérature; c’est qu’elle est moins l’art de romancer que l’art de faire la guerre, cette littérature.
!
Émile
il n’y pas de mal à se souvenir de notre être enfant, t retoucher avec la mains cette peur de ne pas être grands..
dailleurs c’est la seuleme paranoia qui fini par grandir et passer …
à part ça les textes tres tricotés me font peur, mais j’aime avoir l’emotion du insourmontable au moins dans un texte…
se servir de ça pour cesser de mourir , car on meur para sa mains souvent , c’est un saut dans cet infiniment anodin qui est une vrai vie vecue..
la peur sert à ne plus se souvenirs pourquoi nous ne sommes pas là …
j’ai senti de la peine en lisant ton texte emilio..
oui parceque tu ne donnes jamais les antidotes..
et cette curarique menace cinique de trop dire pour ne plus penser fini pour impisonner la bienveillance..
bref…
ecrit le regard maintennant , tu nous dois ça ,,,
enfin je crois..
«ET TU CROIS QUE LA LITTÉRATURE C’EST DRÔLE POURRITURE QUE TU ES!!!!
JE ME FOU DE TES ANGOISSES SÈCHES, DE TES PEINES ATROCES, DE TES SOUFFRANCES INDESCRIPTIBLES! JE N’AI QUE LE DÉSIR DE TE TUER, DE T’ÉVENTRER ET DE M’INSTALLER DANS LE FOND DE TES ORGANES. DE TE VIOLER ET DE TE RE-VIOLER JUSQU’À CE QUE TON SANG M’AIT COAGULÉ SUR LA QUEUE…. APRES JE TE BAISERAI DANS LE CUL JUSQU’À CE TU T’ÉFFRITES EN BRÛLURES, LÉSIONS, HÉMATOMES… VA CHIER!!! JE TE JETERAIT DE L’ACIDE SUR LA FACE ET DE L’HUILE bOUILLANTE SUR LE CORPS POUR T’EMBRASER… ET TE PISSER SUR TA CARCASSE DE PUTE, TE CHIER DESSUS (toujours) ET T’ENFONCER UN PIC DANS LE CUL JUSQU’À CE TU CRACHES DU SANG SUR CENT MÈTRES!!!!!»,
Tu vois, emile, la psychanalyse, c’est pas que des conneries ! Si on lis ce texte la, plus interessant a mon sens que l’autre, on en apprend beaucoup sur l’inconscient.
**** Plus sérieusement si tu considères que la littérature c’est une idiotie où on se livre uniquement à la fantaisie pour la fantaisie…. tu n’as ni compris le littéraire ni plus que tu as décrit l’indescriptible. Alors, ne pronostique pas sur l’histoire du jeune garçon, tu ne connais rien à rien. Soi psychotique si tu le veux, ça ne t’offre pas la moindre garantie quant à la profondeur de ta vision du monde, c’est important, mais la pluspart des esprits entâchés de psychose n’ont pas la moindre profondeur; il ne reste alors que leur confusion comme preuve de leur confusion*****
Vois tu Bienque, pour moi, la souffrance est inquantifiable, si pour toi la vision de l’horreur c’est une zon désaffectée et que pour moi c’est un coup de pic à glace dans le cul, eh bien soit! Si nous échangions nos visions, tous les duex, nous aurions le discours de celui qui a bien souffert.
Je n’ai jamais affirmé tout ca !! Tu me pretes des idees ( deja c’est pas mal) que je n’ai pas. J’ai le droit de pas aimer ton texte et de preferer maupassant ou villiers de l’ile adam, theophile gaultier ou hoffman a ton precieux … texte que je trouve tres banal. apparement, ton narcissisme ne le supporte pas, j’en suis desole mais quand on presente un texte on doit accepter la critique.
Bon écoute un peu, on se parle souvent de psychanalyse…. je te rappelle que j’en ai fait une. J’ai choisi de te dire ça à toi, parce que tu savais, un peu, de quoi il es retournait… ce dit dévoilement violent du désir refoulé, etc.,ect.
Toi tu n’en reviens pas…
Bon, j’ai mis ma séquence en dialogue, et je l’ai terminé par un «dit-il» pour m’en dégager. Ce que je voulais te faire comprendre c’est que l’art d’écrire est plus qu’un art de romancer, la littérature est militaire en ce sens qu’elle exerce une force sur autrui (le lecteur). La preuve en est donnée par ton étonnement et ton incompréhension quant à mon message. Tu pourrais t’en ficher, mais non tu la ramènes et c’est un peu parce que tu la ramènes et que ce que tu ramènes, eh bien, c’est mon désir violent d’où une force coercitive, entre l’auteur et son destinataire, présente dans l’assaut en question que je t’ai adressé.
Du reste, mon texte n’est pas précieux je l’ai écrit en 2 heures, en pleine nuit, après avoir eu une longue journée de travail et bien des verres dans le nez. Alors, non ce n’est pas un texte précieux, c’est ma capacité à écrire en terrain accidenté qui est précieuse. Ce que je veux dire c’est ne me prête pas des idées qui ne sont pas les miennes et cesse de jouer les narcissique à attendre de moi des excuses. D’ici là , tu peux toujours la ramener…
Émile
* Note avant de m’accuser de t’attribuer des pensée qui ne sont pas les tiennes, prend note que le conditionnel reste un «à condition de». Dans :«si tu considères que la littérature c’est une idiotie» porte attention au «si», le «si» qui marque le conditionnel. Merci.
Une dernière chose. Que tu préfères Gauthier, Adam et Maupassant à moi ça ne me dérange pas du tout. Je me sens toutefois obliger de t’aviser que c’est là une erreur naïve. Ce que j’écris est plus pénétrant et plus juste autant dans le style, dans l’émotion que dans le génie que les auteurs cités.
Émile
Je voulais juste te remettre devant les premières phrases de mon texte où je présente l’exercice que je me propose de réaliser sur la psychose PAR la peur… De la peur.
«Je [la peur] la traiterai d’abord comme la coïncidence qui survient dès lors que la sensation du familier se dissipe dans l’étrange. C’est par le biais de cette intuition de l’étrange que j’entamerai ce soubresaut de psychose qui se révèle au sujet qui s’effraie ; lorsqu’il s’inquiète d’être volatilisé hors de lui ou anéanti, de par lui-même.»
Le style est en fait composé d’une étude d’objet sur la psychose et la peur dans le domaine de la fantaisie dramatique. Une extrapolation littéraire en quelque sorte. Mais l’intérêt de mon approche est plus riche qu’une aporie. Parce que je pars du sujet et le représente lui dans son mouvement d’effroi, je fixe mon analyse sur cet effroi et je dévoile que ce qui effraie est la découverture de l’altérité absolue (l’étrange) et cette altérité elle est situable dans le discours par son champ lexical le fantasque! Horreur, bestialité, passions, tragédies: réalités pour lesquels il faut des histoires pour en rendre compte (conte). Ce qui est fantasque dans le monde sera toujours échaffaudé en histoires, alors que le réel lui se donne de lui-même. Ce que l’histoire du sujet fait existé ce sont les spectres qui le hantent. Pour exemple, un conflit est toujours ce tissu fantasque par lequel on se sent capable d’accuser tout le monde de n’importe quoi. Vers le paranoïaque comme récit sublime de l’histoire d’un fantasque.
…Et lorsque l’on décrit l’exercice du fantasque chez un sujet qui se raconte lui-même on s’aperçoit qu’il est sans cesse dans cette psychose comme incertitude élémentaire quant à ce qu’il raconte. Et ce frein est un mouvement de langue qui met la corde au coup et donne entrées aux peurs et paranoïas les plus terribles.
ma grand mère un jour m’a dit,
les journaux qui font les titres plus gros que les articles..
c’est qu’ils n’ont rien à dire..