Loin des mots sales, usés, passés de mains en bouches et de crosses en cris, qu’on a traîné sur les sites ou plongé dans la fange des revendications de tout ordre, la lecture de n’importe quel abscons précis de stylistique est un véritable soulagement. Le fangeux robinet des nouvelles du monde n’est bon qu’à inculquer le mépris et le dégoût de l’homme. L’article de journal et le tract sont les deux genres dévorants de l’époque. Et le premier ni le second n’ont la faconde douce et profonde de la béance de l’océan contemplé.
La solitude me réconcilie avec l’homme, non le spectacle perpétuel de ses souffrances et de ses turpitudes. J’envie l’autiste qui ne sait rien des querelles mesquines et infinies de ses congénères étalées ci et là .
J’ai le désir de la campagne, sans télévision ni journaux, sans internet ni radio ; je chéris le projet de la pouvoir gagner en véritable libéré politique, d’y inculquer précocement la lucidité et le détachement à de jeunes adolescents encore naïfs quoique déjà petits tortionnaires de leurs prochains, et d’y cultiver mon jardin à l’uranium, toujours moins nocif que l’incessante pollution médiatique, là où l’on ne rencontre que vingt-quatre petites têtes campagnardes au kilomètre carré. Je ne vois rien de plus désirable que cette fuite, moi qui me suis longtemps mêlé d’un monde qui ne me regarde pas. Moi qui longtemps ai porté sur mes épaules le poids des turpitudes humaines, je ne connais pas plus grand soulagement que de regarder comme tout-à -fait étranger n’importe quel spécimen de cette espèce humaine logorrhéique, qui lorsqu’elle ne fait pas de bruit avec sa bouche, en fait avec ses pleurs ou ses canons.
« La nuit a été donnée à l’homme pour qu’il se repose de l’homme » (P-J Toulet)
Celle-ci encore, ma maison menaçait d’être bombardée. Les missiles s’éboulaient sur les montagnes bleu-proche en de troublants feux de joie au pistil pivoine. J’éprouvais alors cette fameuse et tendre inquiétante étrangeté connue seule du monde des fictions pures. Pas encore perverties par doxa et politiquement incorrect. En attente d’une ingestion par ce capharnaüm rampant, qui rend sourd et me donne la misanthropie.

16 commentaires
Bonjour ffenix,
Ton texte me parle beaucoup et me rappelle le moment où j’ai décroché de mon environnement le plus lointain pour m’ancrer définitivement dans le plus immédiat. Mais ce moment-là , je crois, ne se convoque pas, il ne se prémédite pas. Il ne correspond pas vraiment à un désir mais plutôt à une nécessité. Je n’arrive pas à faire, dans ton texte, la part entre le dépit et la nécessité.
Je suis arrivé à un point où je ne lis jamais le journal, je n’écoute jamais la radio, je n’allume pas la télévision, et je ne consulte aucun site d’actualités. J’utilise le net à d’autres fins, et avec de plus en plus de parcimonie. A part quelques bribes inévitables, j’ignore tout à fait ce qui se passe en France comme dans le monde. Intrigues politiques, financières, guerres, famines ne parviennent plus jusqu’à moi. Et cela ne me manque pas. Je ne cherche plus à savoir. Ce passage à « l’ignorance choisie » s’est fait seul. Il s’est imposé de lui-même.
Une fois que l’on décroche, on ne rattrape plus le mouvement, on perd l’intérêt, on se rend compte à quel point tout ceci est vain et superflu. Tu as raison, les actualités et les informations provoquent nausée, surdité et inquiétude. Elles sont une nuisance dont on ne découvre le degré que lorsque l’on s’en affranchit. Une aggression de moins en moins supportable. Ce devoir d’offuscation, de prise de conscience et de culpabilité permanentes est si pesant à la longue.
On pourra toujours discuter et critiquer – sans doute à juste titre – certains de ces postulats, et me rétorquer qu’il est impossible d’être absolument détaché du monde, à moins de vivre seul dans le désert. Certes. En réalité, il ne s’agit pas tant de détachement que de reprendre le pouvoir de choisir. Choisir ce qui nous touche, et ce à quoi on attache réellement de l’importance. Ce n’est pas de l’égoïsme, mais plutôt de la légitime défense. Revendiquer le droit de ne pas savoir. Et peut-être, enfin, sortir du fantasme d’ubiquité que cultivent les médias – libres ou non – à longueur de temps.
HB
PS : j’adore ta citation de Toulet.
La misanthropie est une affection déplacée. Il n’y a en effet guère d’intérêt à détester son prochain, ou l’Humain, ou les masses bêlantes quand il suffit d’y être indifférent. Tourmenter, exécrer, ou même mépriser, c’est bien trop d’attention accordée à ce qui n’en mérite justement aucune. Sans compter toute l’énergie que ça demande : un bon mot par-ci, un méchant regard par-là , quelques insultes à lancer, parfois même condescendre à dégénérer en querelleur… Tout pour faire savoir à ces gens autour, qui s’en foutent, qu’on ne peut les supporter. Tout également pour se donner l’impression d’exister, avec sa fade gueule, ses idées torves et sa méchanceté sur-jouée. Car haïr le monde revient à se haïr soi, ou encore trop s’aimer. Alors qu’être indifférent, envers ses contemporains de façon égalitaire, c’est aussi finir par n’en avoir rien à foutre de ce qui peut nous arriver. Quel bonheur donc d’abandonner tant d’affection déplacée !
« Car haïr le monde revient à se haïr soi, ou encore trop s’aimer. »
La plupart du temps, je crois quand même que ça revient à trop s’aimer, ou plus exactement, à trop se contempler sans savoir précisément comment se situer, ni par rapport à soi ni par rapport au monde. Est-ce qu’on hait parce qu’on se sent inférieur à autrui ou parce qu’on se croit supérieur ? Un peu des deux, en alternance, sans doute, ceci et cela étant lié intrinsèquement.
Cela dit, qu’il s’agisse de philanthropie, de misanthropie ou d’indifférence, cela ne resulte jamais d’un choix délibéré. On ne choisit ni d’aimer, ni de haïr, ni de s’en foutre. On aime, on hait, on s’en fout, point. L’indifférence, surtout, n’est pas une conquête, juste le produit d’un certain cheminement et d’une certaine sensibilité. Pas de quoi en être fier.
Sweet are the uses of adversity
Which, like a toad, ugly and venomous,
Wears yet a precious jewel in his head
And this our life, exempt from public haunt
Find tongues in trees, books in the running brooks
Sermons in stones and good in everything. »
(says the duke in exile)
Will Shakespeare, As You Like It, 1600
Le désir de nature, de beauté, de liberté, de paix, de silence et d’étoiles n’est pas une forme d’égoïste ou de misanthropie, mais un dégoût de la ville et de la vie moderne. Pour retrouver ses esprits, sa réalité, il est nécessaire de s’extraire de l’illusion collective, de l’hypnose des sociétés de Consommation et Spectacle, des manipulations de masse par les media, des télé, radio, presse, pub, infofficielle et autres névroses urbaines.
Le contraste vertigineux entre la campagne et la cité, l’espace et la foule, le calme et la frénésie, dès que nous rentrons d’un voyage spatial en brousse (en préhistoire disent certains) dans la zone mégalopolitique, nous en dit long sur la véritable fracture de la civilisation. La crise aigüe est d’abord écologique. Et le désir d’intégrité, de simplicité volontaire, de contact avec la terre (ce qu’il reste de ce bon vieux terroir nourricier au 3/4 sinistré en un demi-siècle de re(dé)membrement et d’agrotoxicbusiness) est le contraire d’un déni social ou d’un caprice de l’ego, c’est l’aspiration à l’existence, à l’expérience, au partage, à l’apprentissage de notre humanité.
« But Lo! Men have become the tools of their tools. The man that independantly plucked the fruits when he was hungry is become a farmer; and he who stood under a tree for shelter a housekeeper. We no longer camp as for as a night, but have settled down on earth and forgotten heaven. »
H.D. Thoreau, Walden; or, Life in the woods, 1854
Pour retrouver ses esprits, sa réalité, il est nécessaire de s’extraire de l’illusion collective, de l’hypnose des sociétés de Consommation et Spectacle, des manipulations de masse par les media, des télé, radio, presse, pub, infofficielle et autres névroses urbaines.
Blablabla… Il n’est pas nécessaire de vivre en tipi pour retrouver ses esprits et sa réalité, et pas forcément nécessaire de rejeter en bloc la société de consommation. Je consomme autant que tout le monde, et j’imagine que tu consommes aussi, ne serait-ce qu’un peu de pâtée volante
Je ne rejette pas en plein cette société-là , et je dissocierai spectacle et consommation qui me semblent être deux choses différentes. J’aime le confort, et plus le temps passe, plus je l’aime. Consommer beaucoup, ou disons raisonnablement, comme n’importe quel occidental lambda, ne signifie pas pour autant être dupe, ou aliéné au « mensonge contemporain ». Mais bon. Fuir le vacarme médiatique ne signifie pas vivre en ermite. Comme je disais plus haut, c’est surtout affaire de choisir ce qui nous touche et ne plus se laisser dicter les émotions et les préoccupations.
Pour le reste, et ton histoire de « bon vieux terroir nourricier », laisse-moi rire… C’est un pur mythe de citadin. J’y vis, à la campagne, depuis bientôt dix ans, et je ne sais toujours pas si c’est mieux ou moins bien que la ville. C’est juste autre chose. Les pequenots fachos et bas du front ne sont pas mieux que les jeunes décérébrés à casquette. Et si le paysage est agréable, je confirme, les nuisances et les incommodités sont nombreuses : les ploucs qui labourent leurs champs en pleine nuit, les connards de chasseurs qui génocident les animaux à partir de cinq heures du matin, les chiens qui aboient de partout parce que tous les cons ont un chien, en ville comme à la campagne, les merles dont je déteste le chant dès l’aube, et surtout l’éloignement fondamental de toute source de culture… J’en passe.
Je vais encore très souvent en ville (Lyon, en l’occurence), parce que j’aime encore – à faible dose – cette agitation et ce bruit, j’aime aller au cinéma, au théatre, voir un spectacle de danse, sortir dans un bar, passer du temps dans une librairie ou une grande bibliothèque. Pourquoi tirer un trait là -dessus, alors que je ne m’y sens pas condamné ?
Bonjour Ffenix,
J’aime ta misanthropie, qui suite à un détour somme toute logique, se mêle pour ainsi dire naturellement à cette philanthropie que l’on dit vieillie, certainement par les mêmes qui à bout de toute éthique prophétisent la fin de toute morale, alors qu’ils ne font que prendre leurs phantasmes, leurs égarements, leur déraison, pour la réalité.
Bisous
‘Nours
Salut l’humain!
« Il n’est pas nécessaire de vivre en tipi pour retrouver ses esprits et sa réalité »
Pas nécessaire mais assez utile comme expérience pour réaliser à quel point le « confort moderne » nous apparait comme une évidence et/ou un dû, malgré ses vilains effets secondaires (pollutions, dépendances, dictature industrielle), pas tenable au long cours effectivement tant on est habitué à ces « facilités » du progrès. Et pourtant, nos grand-parents, et tous les aïeux avant eux, parvenaient bien à vivre sans eau courante ni électricité et il faudra peut-être y revenir le jour où l’on devra choisir son camp, si l’on décide de sortir de la matrice. Pour le moment, on reste dans le commentaire et le compromis, critiquant des turpitudes de la société contemporaine mais en profitant également.
Autrefois, on construisait des systèmes individuels et personnalisés pour l’accès à l’eau (puits, citernes d’eau de pluie, pompes) mais aujourd’hui on est entièrement soumis au réseau de distribution collectif (et privatisé) et on sera bien piégés quand celui-ci viendra à défaillir… c’est l’inconvénient majeur des avantages de la modernité technique, l’absence d’autonomie et de connaissances pour répondre à nos besoins élémentaires (eau, nourriture, abri, soins).
« … pas forcément nécessaire de rejeter en bloc la société de consommation. Je consomme autant que tout le monde, et j’imagine que tu consommes aussi »
Le « pas forcément » implique quand même un doute: peut-être est-ce au contraire nécessaire, même si terriblement difficile. Je ne suis pas d’accord non plus avec le « autant que tout le monde ». Les gens n’ont ni les mêmes moyens ni les mêmes choix. Consommer signifie à l’origine, à ce qu’il me semble, manger. Là on est dans l’universel, tout le monde a besoin de manger, mais on a pas tous les mêmes régimes et références alimentaires, loin de là . Dans cette acception du terme, la consommation est une nécessité. Cependant il existe encore quelques nourritures gratuites -ce qui est en soi un petit miracle à l’heure qu’il est : les fruits sur les arbres, les légumes du jardin, l’ortie et autres plantes sauvages…
Le sens actuel courant du mot consommation porte sur l’acte d’achat et focalise sur le superflu, donc la manipulation par la mode, la surenchère technologique, le phantasme lié au produit par la pub mensongère.
Quand j’ai abandonné la consommation de viande, en réaction contre la répugnante industrie concentrationnaire de l’élevage, c’était une manière de poser mon refus d’achat autant que d’absorption d’une nourriture malsaine, sur les plans physiologique et éthique. A l’inverse, quand j’achète mes « graines » et végétaux bio, c’est une manière de soutenir une agriculture amie de la nature autant que de bien me nourrir pour la santé et l’énergie. Il y a donc effectivement nécessité de consommation, dans le sens des besoins biologiques, mais aussi possibilité de l’orienter dans le sens de ses idées, de choisir la cohérence. Et à ce niveau-là , nous ne consommons pas tous pareil ni autant!
« … ne serait-ce qu’un peu de pâtée volante »"
Sorry, pas compris l’allusion, peux-tu éclairer ma lanterne éteinte ?
« Je dissocierai spectacle et consommation qui me semblent être deux choses différentes »
La société du spectacle et la société de consommation sont distinctes certes mais intimement liées du fait qu’elles se soutiennent mutuellement (la pub finance les media) et ont pour but commun de conditionner le public à une obéissance aveugle aux injonctions subliminales et de le distraire des enjeux fondamentaux. Pas facile de se dégager du conditionnement médiatique. On est traité de rétrograde dès qu’on remet en question le mode de vie actuel, malgré tous ses effets pervers qu’on connaît!
« Consommer beaucoup, ou disons raisonnablement, comme n’importe quel occidental lambda »
Beaucoup, est-ce bien raisonnable? Quand on sait que si l’humanité devait vivre avec les standards occidentaux (voiture individuelle, écrans en tout genre, produits de marque, etc), il faudrait trois à six planètes pour satisfaire ces faux besoins! Une fois encore, je récuse le concept de « lambda » (comme tout le monde) car il me semble que l’homme n’est pas une statistique et si l’uniformisation est diffusée par les media, il y a encore (dieu merci) de sensibles différences dans les choix de vie et de consommation.
« Pour le reste, et ton histoire de « bon vieux terroir nourricier », laisse-moi rire… »
Je sais que ça prête à rire ce genre d’expression désuète, mais c’est pourtant une réalité. C’est bien ce qui pousse à la campagne qui nourrit les populations même si la majeure partie en a été déplacée en ville et a tendance à l’oublier.
Les cultures hydroponiques urbaines n’ont pas remplacé les champs cultivés (sauf pour une certaine plante sacrée et illégalisée pour subversion). Et la viande vendue comme aliment est aussi nourrie aux céréales des champs (quand c’est avec ses propres cendres, on sait ce que ça donne!).
C’est donc bien encore l’agriculture qui nous nourrit même si ses ses pratiques intensives s’apparentent plus à l’industrie et ses produits se retrouvent imprégnés des pesticides toxiques des lobbies chimiques.
« J’y vis, à la campagne, depuis bientôt dix ans, et je ne sais toujours pas si c’est mieux ou moins bien que la ville. »
C’est incomparable à mon avis, deux mondes totalement étrangers l’un à l’autre. Moi aussi j’y vis, à mi-temps depuis vingt ans, et j’y ai passé quand j’avais vingt balais deux fabuleuses années non stop avec quelques potes, une révélation pour la fille de ville (et banlieues) que j’étais alors. Certes, les autochtones ne sont pas toujours commodes, mais il ne faut pas oublier que la paysannerie française a subi un véritable génocide culturel depuis les années cinquante. Dans mon village, il y a cinquante ans, il y avait quatre fermes avec 15 à 20 personnes qui travaillaient sur chacune (et je ne sais combien de chevaux, boeufs, moutons, chiens, chats, etc). Il y a vingt ans, il n’y restait plus que deux fermes avec 2 exploitants (couple) sur chacune et à leur retraite, ces terres seront rachetées par de plus grandes exploitations qui ont besoin d’agrandir leur surface arable…
« Les chiens qui aboient de partout parce que tous les cons ont un chien, en ville comme à la campagne »
Un peu brute l’insulte! L’accessoire du con serait le chien? Ne serais-tu pas un peu « mysocanique »? Comme j’ai deux chiens qui vivent entre la campagne et la ville avec moi, je ne peux m’empêcher d’être vexée par cette affirmation péremptoire et cruelle. Il ne faut pas jeter le maître avec l’eau du chien! Personnellement, ils m’en ont fait voir de toutes les couleurs (fugues, trous d’obus et crottes partout dans le jardin, etc) mais je les aime et les vois comme des enfants adoptés (ils viennent de la SPA) qu’il est hors de question d’abandonner, même s’ils représentent une responsabilité que je n’avais pas mesurée au départ, une servitude volontaire en somme.
C’est vrai que ça peut être saoulant les aboiements (comme le chant du merle à l’aube, il y en a pourtant qui trouvent ça charmant!) mais je te rappelle qu’on entend justement ces voix animales à la campagne parce qu’elles ne sont pas noyés dans les rugissements de voitures et les rumeurs de la rue. C’est vrai que les chiens ne servent à rien (sauf pour les aveugles, les chasseurs, les bergers, et les vigiles hélas) qu’à nous gratifier d’une affection indéfectible et sans condition et à nous rappeler l’archétype de la vie sauvage et du loup. Ils sont une bonne compagnie pour les solitaires et en ville ils promènent leurs maîtres et leur imposent une certaine hygiène ambulatoire. Je te renvoie à « Demain les chiens » de Clifford Simak et au dernier single d’Iggy Pop « king of the dogs » pour une petite incursion dans l’univers de ces mammifères familiers. Peut-être serait-il temps pour toi de revoir ce préjugé…
« Je vais encore très souvent en ville, parce que j’aime encore – à faible dose – cette agitation et ce bruit »
Ta « faible dose » en dit long. La ville, je la trouve aussi agréable en touriste quand on y va pour se faire plaisir, aller au musée, concert, spectacle, accéder aux infrastructures culturelles et sportives, butiner une atmosphère. Mais ceux qui y résident à longueur d’année -et qui s’y sentent souvent enchaînés- profitent souvent bien peu de l’offre culturelle pléthorique, moins que ceux qui y viennent exprès pour se distraire du calme campagnard. La vie en ville avec ses pollutions aérienne, sonore, électromagnétique, la promiscuité, l’exhorbitance des prix, la difficulté de logement et tutti quanti, c’est un peu l’enfer quand même, on peut difficilement parler de qualité (hors la culture). Alors évidemment quand on a la chance de vivre au vert et de venir en ville par plaisir et non par nécessité, il n’y a aucune raison de s’en passer (tant que ça ne casse pas) mais il est alors impossible de se mettre à la place de ceux qui y sont plongés comme dans la cocotte à grenouilles où la température monte lentement mais sûrement…
Merci ‘Nours pour cette réflexion concise et claire qui exprime en quelques lignes ce que je tentais précédemment de dire en mille mots.
Bonjour Chatvolant, et bonjour aux êtres humains,
Et à HB bien sûr dont on ne saura jamais si c’est de lui dire bonjour ou de l’ignorer qui l’énervera le plus…
De plus, en tant que super-cabot
, tu peux facilement imaginer ses réactions quand il voit passer un chat, qui plus est volant… 
De fait HB n’aime pas les chiens, car ils essaient d’aboyer plus fort que lui…
Chatvolant, bienvenue dans Libragora, la ménagerie la plus bizarre de l’Univers !
Bisous
‘Nours
Bonsoir chatvolant,
Je ne pensais pas que mon pauvre commentaire susciterait un tel torrent de phrases. En fait, je ne me sens pas vraiment concerné par ce dont tu parles, ni par ce que tu dénonces avec tant de conviction. Le devenir de cette planète comme des hommes qui l’habitent ne m’inspire ni révolte, ni compassion, ni aucun sentiment. Rien. Voilà : ça ne m’inspire rien. Je m’en fous.
Pur individualiste, cynique produit de mon temps, consommateur assumé de superflu – et nous le sommes tous à des degrés divers, qu’on le veuille ou non – je me contente de vivre au présent selon le principe de plaisir et de confort. Pourquoi devrais-je vivre autrement ? Parce que la terre va mal ? Parce qu’on va tous mourir ? Oui, et après ? Je n’ai pas d’enfants. Peu m’importe le monde que je laisserai à ceux d’autrui le jour de ma mort. Franchement, je ne me sens coupable de rien.
HB
PS : La pâtée volante, c’est ce que mangent les chats volants, non ?
Bonsoir HB,
C’est vrai que ma rivière mentale s’est emportée, répondant à ton commentaire (pas pauvre, mais un peu amer peut-être) par un flot de mots démodés, la pression du temps orageux probablement -maintenant qu’il pleut à verse, ça va mieux! ou excès de zèle de débutant dans cette éclectique agora. Désolée de t’avoir ennuyé avec mes sincères considérations, je vais m’appliquer à faire court, sur le modèle de l’aimable ‘Nours.
Ainsi, tu te réclames d’un hédonisme serein et de l’indifférence à l’état du monde. J’avoue que je t’envie. Ce doit être très reposant de se foutre de tout et de tous… et ça évite sans doute les questions et passions sans fin ni fond. Mais d’où te vient cette impression que le texte de Ffenix ou mon post -qui l’appuyait simplement dans son rejet de ta télé et des ineptes actualités- tendraient à te reprocher de quelque manière ton comportement, à te culpabiliser d’aimer flâner en ville et consommer du superflu (bien vu, comme tout un chacun, à des degrés divers) ? Personne, me semble-t-il, ne te demande, et encore moins t’intime, de vivre autrement. Ffenix parle seulement de son désir de changement, de libération politique / métaphysique (que j’approuve et comprend)…
« Franchement, je ne me sens coupable de rien ». Ben, tu as bien raison! en tous cas, ce n’est pas moi qui te donnerait tort. Savoures le plaisir et le confort qui te satisfont, tant qu’ils y sont, tant que tu y es.
Chat volant
Psss: Les chats volants mangent des papillons de nuit et des chauve-souris.
A propos des actualités télé, je propose cette lecture:
http://www.syti.net/JTContents.html
Bonjour chavolant,
Voilà longtemps qu’on ne nous balançait pas un lien vers syti.net, le site des sauveurs du monde, le site de « ceux qui savent et toi t’es qu’un con si tu refuses d’ouvrir les yeux »
… Tout n’est sans doute pas faux dans ce brouet informe, mais le conspirationnisme me fatigue toujours autant à la longue qu’il m’amuse sur l’instant.
Sinon, pour te répondre, une formule comme : « pourquoi devrais-je vivre autrement ? » n’est certes qu’une pure formule de rhétorique, pas une tentative de justification. Je sais pertinemment que personne ne m’intime l’ordre de vivre autrement. Et même si c’était le cas, il y a très peu de chances que j’obéisse
HB
Moi z’aussi je veux dire bonjour à Chatvolant …. Welcome
à Tous et en particulier HB cette histoire d’indifference vis a vis des autres , me rappelle une attitude que je connais bien . Celle des gens dont la communaute a le sentiment d’etre a part (aucun de mes accents ne fonctionnent , pardon) tout en ayant acces a l’univers en passant par dessus le reste du monde . Les nomades ont ca , les gens de cirque aussi Une vie faite de certitudes qu’ils confondent avec la liberté . Une vie sans évolution ou de découverte en somme, Comme si sa propre pensée se statufiait . Bref un truc impossible .
Laissons un peu de mou … de flou …
Variations sur le thème de la misanthropie
À ce qui donne la misanthropie (la femme mise à part), l’homme est de cette fébrile nature qui s’offre en de tremblantes craintes à l’altérité. D’houleuses ambitions charivariques viennent le battre sur la place public cet homme qui ne demande qu’à être.
Fuir est pour celui-là une audacieuse perversion. Celui qui se revendique des dieux et celui-là qui porte l’habit du bon moine est un mauvais homme reclus de ses semblables, le coupable parmi les autres, un traitre de par sa lâcheté qui bientôt ne demande plus qu’à mourir dans les convulsions de sa haine envers son prochain. Ici encore on retrouve cette inquiétante étrangeté de l’être qui le morcelle dans la honte qu’il éprouve pour lui-même. L’animal est à craindre, peut-être. L’homme incarne en poésie cette fâcheuse tentative d’être soustrait à ce qu’il est d’animosité réprimé et puis Bang! Il viole, il pille, il estropie; puis il se cache. Celui qui se cache n’est pas un témoin de la souffrance mais un invétéré protagoniste de la laideur qui avilise. Le masque est toujours de honte et la misanthropie est ce laid faciès.
L’autre est bête et dangereux, il porte l’odeur du sang, nous le connaissons dans ce qu’il est de vil parce que nous-mêmes nous y prenons part jusque dans notre résignation à vouloir vivre.
La modernité, ce furoncle quotidien, est cette spatialité où nous n’aurions pas du être tel que nous sommes. Qu’est-ce que l’existence si ce n’est ce ratage de la socialité qui tente le risque de la sociabilité? Et vivre? D’un carrefour à l’autre à déambuler d’un lieu semblable à un autre. Le prochain se mire sur notre méprisante ressemblance. Odieux est celui qui entre sa tête dans la peur d’être contaminé par ce qu’il refuse: prendre part. Prendre part à l’altérité qui fait rougir de honte, de dégoût. Ce qui dégoûte me contamine jusqu’a la souffrance qui vient s’enraciner en moi et me dire: tu es, toi aussi.
Tu es de ceux-là toi aussi qui sont ces coupables de notre laideur à tous. Expier par la souffrance d’être l’odieux est ce bonheur d’exister que personne n’accepte tel qu’il est. La rage de dents fait souffrir celui qui la porte tant et aussi longtemps que ce dernier n’y prend pas plaisir à ce qui le titille de par sa dent creusée. Abscons est l’être tel qu’il se découvre à nous, mais comment aurait-il pu être autrement? Dis-moi.
Émile
Mimile dizé « « Abscons est l’être tel qu’il se découvre à nous, mais comment aurait-il pu être autrement? Dis-moi. » »
Avèque 2 lents pas ti, mimile. Serre tant. Ya oci la saint pas ti. Cé pa inter dit cé pas dé gro mo é sa fucktionne bien.