Le banquier qui ne comprenait rien

Tiens pour changer un peu des textes arésiens à la mode ces temps ci, je vous propose une petite tranche de vécu

Hier, 15h. Guichet d’une banque
Je me pointe comme chaque semaine pour effectuer un virement SEPA au profit d’un fournisseur étranger.
Simple routine donc
Mais aujourd’hui, rien ne va être simple

Pour commencer, ce n’est pas ma guichetière préférée qui m’accueille mais l’un de ses collègues plutôt rougeaud et débordant que je prenais précédemment pour un directeur alors que visiblement, il a été collé d’office au guichet en remplacement de la blonde sans doute malade ou absente pour formation ou amoureuse d’un guérillero colombien et partie en laissant derrière elle mari et enfants qui braillent à la maison.

_Bonjour
_hmmpff
Je lui passe les documents nécessaires à l’opération
Documents qu’il scrute un long moment, perplexe avant de demander :
_mmmmoui c’est pourquoi ?
_un virement ami banquier aviné qui sort de table ! Voyons, c’est pour un virement pas pour encadrer !

_ah oui

Il se saisit de la souris qui du coup disparait complètement sous sa grosse main aux petits doigts et commencent à farfouiller sur son écran sans vraiment savoir ou aller
Je commence à être amusé et je comprend que je ne suis pas prêt de sortir de l’agence

Le gros suit du doigt mes feuilles et trouve enfin l’information qu’il cherche. Il tape mon numéro de compte et miracle, ma fiche client apparait.
Il lui faut maintenant fermer tout ça pour trouver le lien qui mène au virement
Le bonhomme ne se démonte pas, il est lent et concentré et clique un peu partout en espérant tomber sur la bonne ligne
J’abrège sa souffrance en lui montrant du doigt le lien « virement SEPA »
Il n’apprécie guère mon intervention mais ouvre le document

2 petites vieilles entrent dans l’agence

Le calvaire continue pour le pauvre homme…Il lui faut maintenant remplir les innombrables cases…

_heu nom de la banque ?
Il commence à taper , j’interviens
_Non, c’est le nom de la banque du bénéficiaire qu’il faut mettre pas la mienne
_il hésite mais obtempère, cherche le nom de la banque étrangère et recopie les lettres qui par miracle finissent par faire des mots
_heu nom du bénéficiaire…
_il est là…je lui montre le nom de mon fournisseur qui par bonheur fait 48 mètres de long
Il agonise mais tient bon
C’est long, très long. Il ne sait pas taper avec 2 mains alors il appuie doucement et méthodiquement sur chaque lettre avec son gros doigt
Parfois il se trompe et revient en arrière non sans avoir cherché pendant quelques secondes le bon bouton pour cette fonction.
Il est décidément très amusant le bonhomme.

Une jeune fille entre dans la banque

_heu…numéro de compte ??
Je connais parfaitement mon numéro et il est de toute façon noté sur les documents que je lui ai fourni mais sadique, je ne répond pas
Il ferme l’onglet du virement et retourne à la recherche de mon numéro de compte
Bien entendu, il ne connait pas la fonction copier-coller, il note le numéro chiffre après chiffre sur un post-it et rouvre l’écran virement
Tout à bien évidemment disparu

Il lui faut retaper les informations. Je suis intérieurement au bord du fou rire

Une autre femme entre dans la banque mais ressort immédiatement, visiblement agacée par la queue

Nom de la banque, nom du bénéficiaire…re-belote

Il lui faut maintenant indiquer le BIC ce qu’il fait en vérifiant une a une les données passant de la feuille à l’écran à chaque caractère. Il sait que s’il fait la moindre erreur, le virement sera refusé et des frais seront facturés. Frais que je m’empresserai de dénoncer dès qu’ils apparaitront sur mon compte.

Et là, royal il passe a la case IBAN

mais il se ravise
_Pas la peine l’IBAN , on a mis le BIC !
Là je commence à moins rigoler
_comment ?
_l’IBAN, c’est pas la peine de le mettre
_Bien sur que si !
_Mais non, y’a déjà le BIC
_Oui mais il faut aussi l’IBAN
_Non, il y a le BIC, c’est bon.
_Vous plaisantez ?

Je commence à lui expliquer ( à LUI banquier ) que le BIC est le code d’identification de la banque et que L’IBAN n’est rien d’autre que le numéro de compte de mon fournisseur !! Et que si on laisse comme ça, le virement n’a aucune chance d’arriver ni même d’être accepté et que frais et que moi hop, contestation, réclamation , procès, et lui pendu avec les couilles arrachées avant et déposées dans sa grosse bouche plus habituée aux sucreries et au jambon de Bayonne

Il hausse les épaules et déclare, royal:
_Bon si vous y tenez !
Encore quelques minutes pour chercher et trouver et recopier le fameux numéro
Je sais ou est l’info mais je ne dis rien. j’attend

Une des 2 petites vieilles, n’y tenant plus s’avance

_Excusez moi ?
_grbbbb rrrr qu’il gromelle
_Heu, vous n’avez pas d’argent ici pour un retrait ?
_Non madame, l’agence ne détient aucune valeur

(Belle phrase qu’il a du apprendre en formation il y a 30 ans )
_Ah et alors il faut aller ou ?
_?? grrrr
_Pour retirer de l’argent , il faut aller ou ?
_Les agences n’ont pas d’argent madame, il faut aller à Marseille. Vous n’avez pas de carte ?

La vieille un peu dépitée répond que non, que « bien merci » et elle ressort avec son amie sans avoir pu retirer le moindre euro

L’autre con est toujours devant l’écran , il tente de taper l’adresse exacte de la banque alors que la ville suffit
je laisse faire

Une autre cliente entre

Je le sens un poil inquiet par la case suivante

Elle porte un nom incompréhensible « code économique »

Ses doigts s’approchent du clavier puis se reculent, il ne sait plus
_excusez moi
il se lève et se décide a appeler à l’aide l’un des ses collègues qui révassait tranquillement dans un bureau non loin de là.

L’autre arrive, me salue et fait son Zorro

_Ah oui, c’est pour un virement SEPA…ah aha il suffit de reprendre les informations…attend bouge pas…le monsieur il en fait toutes les semaines des virements…attend..

il file dans une autre pièce et revient au bout de 5 minutes ,triomphant, avec la copie exacte des documents que j’ai apporté
L’autre lui fait remarquer qu’il a déjà ces papiers mais Zorro n’en a que faire. Ils examinent ligne après ligne les anciens bordereaux afin de trouver qu’est ce qu’on bien foutre dans cette case de merde.
Il se rendent compte alors, les deux incapables que à la case « code économique », rien n’est noté !
Ma guichetière blonde amoureuse et partie ne met RIEN dans cette case, ils décident donc de faire tout pareil

Les 2 bonnes femmes commencent à soupirer et une nouvelle entre avec en prime une poussette d’ou s’échappe les pleurs étouffés de son bambin qui préfererait têter un peu de la mamelle maternelle plutôt que de sucer à vide sa tétine bleue, un garçon donc !

je jubile

c’est le moment d’indiquer le motif du virement
Bon prince, je lui donne les références de ma commande ainsi que mon numéro client mais il se trompe
_C’est pas 03 c’est 04 là que je lui dis en indiquant le chiffre faux
_grr il rectifie
_montant ?
Je ne répond pas, juste pour le faire chier et fais semblant de ne pas avoir entendu
_il parcourt du doigt les feuilles en écarquillant les yeux et trouve un chiffre qu’il lui convient

Il tape 1450,…
Je souris et intervient

_c’est le montant du virement précédent ça !
_hein ?
_Le virement d’aujourd’hui n’est pas de 1450 € mais de 783,75 comme c’est marqué la
_Ah oui..mais c’est pas un virement permanent alors ?

j’admire la répartie et répond sobrement que non

_Non, parce que desfois, c’est pour des loyers ou des trucs comme ça, alors ça fait que le montant est toujours le même, alors c’est pour ça..
C’est ça pauvre con, fais le malin.

Le bébé braille, la maman essaie de le consoler sous les yeux attendris des 2 autres femelles qui patientent

Rien de mieux qu’un bébé pour occuper les femmes. elles ne soufflent plus,elles regardent le petit gigoter

Il valide mais le formulaire indique une erreur
Docile, il pointe une à une toutes les infos et ne trouve pas
Il rappelle l’autre Les deux se penchent sur l’écran mais ne comprennent pas
Ils décident d’ouvrir le dictaticiel de la banque

La, ça devient grandiose !

Des centaines d’informations s’affichent, un lien en amène un autre sans que cela ne résolve leur problème

L’une des clientes préfère abandonner et ressort dans l’indifférence générale

Le gros commence à souffrir réellement, il s’excuse, prétexte qu’il n’a jamais fait de virement SEPA et décroche le téléphone
L’autre, lâche et peu concerné se retire dans son bureau pour continuer à faire semblant de consulter son écran.

Après quelques minutes avec une autre conseillère, il obtient enfin son info
Il tape quelques lettres dans une case restée vide et le doux crépitement de l’imprimante retentit
Il me présente les 2 feuilles que je signe, il appose le tampon et se cale au fond de sons siège, visiblement heureux d’avoir accompli son travail.
Il me fait
_voila !

_Oui, heu , généralement , je récupère ce document la pour le faxer à mon fournisseur comme preuve du virement lui dis-je en lui indiquant une autre feuille parmi celles que je lui ai donné en arrivant.
Avec ma blonde, cette feuille sort habituellement automatiquement mais il a du oublier de cocher un truc

_ah
_et oui

Il examine la feuille… »bordereau d’enregistrement d’un ordre de virement SEPA »

Le bébé hurle maintenant

Il recompose le numéro et demande ce que c’est que ce bordereau d’enregistrement des mes 2

J’entends une voix féminine lui indiquer pas à pas la procédure pour arriver au truc, le bordereau s’affiche à l’écran mas il est bien évidemment vierge
Il l’imprime et entreprend de le remplir A LA MAIN

Le bébé est mort sans doute, il ne pleure plus
un mec entre dans l’agence
Il est 15h30

De sa grosse main boudiné, il écrit un a un les caractères afin de bien remplir les cases vides, sa tête passe de la feuille à l’écran à chaque lettre, chaque chiffre. je m’amuse beaucoup de mouvement de yoyo qui ressemble à ceux des chiens en peluche qu’on trouvaient il y a quelques années à l’arrière des voitures des beaufs
Sauf que le mouvement de sa tête est horizontal et non vertical.
Je regarde ce manège, ravi.

Il finit de remplir le document, me le tend, je le signe, il appose un coup de tampon bien rageur et se dit que tout est fini…ouf
C’est tout juste s’il ne passe pas sa grosse main sur le front pour y retirer la sueur.

je ne résiste pas à l’envie de lui demander si j’ai un chequier
ça ne l’arrange pas trop non plus cette demande mais il se retourne et j’ai alors une magnifique mais hélas peu érotique vue sur le haut de la raie de son cul qui dépasse largement lorsqu’il se penche sur le casier.
Je vois bien qu’il cherche dans le mauvais casier, celui des particuliers mais je laisse faire
Il me dit :
_ non, pas de chéquiers

_je pense qu’il doit y en avoir un, je l’ai commandé il y a plus de 15 jours. Peut-être dans le casier des entreprises ??
Il est vaincu et honteux mais ne laisse rien paraitre

Re-raie du cul

Il me tend le chéquier, je signe et me décide a laisser le brave homme tranquille
Je sors

La cliente suivante pose son sac sur le guichet d’une façon si violente et exaspérée qu’il a un mouvement de recul mais le plus drôle c’est quand je repasse la porte 30 secondes plus tard
Il se décompose et les bonnes femmes me tireraient volontiers dessus

_mmmm? fait-il, craintif

_J’ai juste oublié ça
je prend mon téléphone qui était resté sur le coté du guichet et ressort de la banque.

Dix minutes en Corse

J’avance parmi une petite humanité à moitié nue, j’avance et mes pieds heureux, vacanciers et heureux s’enfoncent dans le sable un peu grossier d’une plage de L’île Rousse en Corse.
Et la mer est devant moi avec ses gouttes agglutinées et joyeuses qui s’élancent à l’assaut de la plage.
Et cette masse liquide bleutée, sans cesse renouvelée roule gentiment jusqu’au sable et repart pour aller on ne sait où comme on ne sait pas non plus d’où elle est venue, ni pourquoi, ni comment elle est arrivée là ; précisément à cet endroit, ici et maintenant, là où je marche vers elle.

Shibari – Marie

[NB : pour plus de plaisir et moins de gêne, sachez que le texte suivant est éventuellement digne d'intérêt mais que son thème le réserve à un public averti, selon la législation de notre beau pays, pour cause de sexualité explicite.]

- Enlève le haut.

Son visage à changé d’un coup.
- Tu veux que j’enlève mon pull ?
- C’est ce que j’ai dit, oui.
Je prend soin de durcir mon regard, faisant sentir l’impatience.

Gérontophile

Carpentras, ville maudite d’où sortirent les ignobles, ceux qui torturèrent mes frères au-delà même de leur mort.
Carpentras, ville pourrie où je n’ai jamais réussi à gagner ma vie tant ses commerçants, ma cible de l’époque étaient miséreux.
Carpentras ville stupide au niveau de son infrastructure routière qui nécessite d’en faire 4 fois le tour avant d’en saisir les subtilités.
Mais Carpentras la magnifique, dernière ville digne de ce nom avant le redoutable Ventoux cher à mes amis cyclistes.
Et surtout Carpentras la belle surprise d’y avoir trouver une femme formidable.

Le site ferme sa porte aux OVNIS

Amis OVNIS, c’est votre dernière chance.
En effet, les dirigeants et co-voituriers de Libragora se sont réunis en secret comme le font les francs-maçons pour étudier la question de l’ovnitude.
Qu’est-ce que l’ovnitude ?

De la difficulté de recruter

Ceci est un coup de gueule contre les acteurs qui officient dans le domaine de la recherche d’emploi.
Vous êtes des nuls, ça me donne envie de tout délocaliser.

J’ai besoin de recruter une vendeuse. Il ne s’agit pas d’un poste de commercial payé à la com avec tapage de portes incessants mais d’un vrai poste de responsable sédentaire avec salaire et primes tout ce qu’il y a de plus intéressant.
Je me connecte donc sur ANPE.FR afin de dénicher des candidates.

Ses jambes longues et fines

Fines ses jambes et vraiment super longues tu vois comme des jambes de mannequin des belles jambes de belle fille comme on voit dans les magazines.
Ah oui j’ai de la chance il a de la chance le chéri d’avoir une femme pareille une qui fait tourner les têtes…

L’abbé Pierre Richard est mort

« Bouleversé » qu’il a dit le Chirac pour souligner sa tendre douleur.

Pierre Richard est décédé ce matin, l’abbé au regard de braise n’est plus. RIP

Le petit Pierre Richard est né à Limoges en 1879, Fils de Jean Richard un célèbre comédien et de Roger Pierre un comédien célèbre, il grandit dans les Faubourgs de sa ville natale ou taquin comme pas deux, il gambadait en poussant un cerceau de bois ce qui était la mode avant.

La « gauchisation » des esprits

« Nous on restera la ! même si faut crever su’l pavé ou si faut foutre le feu à tout Paris, on bougera pas ! »
Disait le gros connard rougeaud et aviné aux caméras de télé.
Du coup ca fait un peu désordre car on annonce la fin de ces putains de tentes a la con des enfants de machin-truc sauf que les cloches veulent pas y aller dans les hébergements !!

Etre de gauche, c’est être con ?

J’ai mis ce texte dans Géopolitique mais il n’a évidemment pas grand chose à y foutre. C’est parce que j’ai pas trouvé de catégorie « politique » tout court.

Je vais tacher de vous démontrer pourquoi le comportement gauchisant peut être assimilé à une connerie monumentale à travers un petit exemple de mon cru, tout à fait véridique.

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