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	<title>libragora &#187; Geoculture</title>
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		<title>les suisses&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Jan 2010 19:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gloria</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[La suisse est un pays de vieux, 
il y a beaucoup de vieux ici et ou que tu regardes il y a un papy ou une mamie, c’est très bien, sauf que toi tu es jeunes et tu commences à réfléchir comme un vieillard.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.fotosearch.fr/bthumb/WTD/WTD004/LMF00546.jpg" alt="" /></p>
<p>Je connais pas mal de jeunes gens qui pensent déjà comme des vieux ici, pas de bruit, pas de sexe, pas de fête, pas de restaurant pour que la jeunesse se retrouve, les familles font un enfant et demi en moyenne et non pas un, ni deux, mais un et demi… argh</p>
<p>j’en ai tellement marre de cette mentalité de retraités,  surtout chez les jeunes, des fois ils te disent , « t’es trop révoltée toi » , parce que tu exprimes un désir d’énergie participative chez les gens , «tu es trop extrovertie, modère-toi » oui, j’en ai marre de mon pays de calmés…</p>
<p>c’est dans les paradoxes qui s’annoncent, l’agonie surréaliste d’un pays vieux, c’est quand tu commences à trouver que certains vieux sont plus juvéniles que la jeunesse que ça craint , car en aillant fait le 68, les papis  ont des idées assez <em>sui generis</em>, et ils avancent les mains et font des allusions salaces , juste que non, hein, non, non papi, casse toi, je ne suis pas encore passée de l’autre coté, je veux encore être jeune, et je suis jeune et ce n’est pas parce que ici l’on veut que les jeunes se calment que c’est juste ainsi&#8230;</p>
<p>je n’ai rien contre les vieux, ce qui me fait chier c&#8217;est le manque de jeunesse, en Suisse on manque de mecs, de géniteurs, les suissesses reviennent des Antilles avec des bébés dans le ventre, car ici personne ne baise, ni se marie, les hommes désormais sont en crise, ils vont chez les psy et expérimentent les relations homosexuelles, ou des mantras relaxant qui les endorment des décennies , nous vivons une étrange clinique à ciel ouvert, d’un coté les papis et de l’autre les thérapeutisés , on dirait que les gens doivent être rassurés d’une vie extraordinaire ou alors ils ne vivent pas, ou alors ils doivent avoir vécu beaucoup et très intelligemment et donc une simple personne normale ne fait forcement pas le poids..</p>
<p>et c’est ainsi que l’on voit des mecs de presque 60 ans qui se promènent avec des poussettes dans les parcs, avec une tête qui sens la fatigue et qui va élever ses enfants à devenir des petits papis, car les gens de plus de 60 ans ne supportent pas les gosses qui font le cirque, car un gosse naturellement est agité, l’énergie de l’enfance est une énergie qui doit  être sortie sans quoi on se retrouve plus tard avec des malades mentaux,</p>
<p>sur le sujet des minarets, je suis restée sur le cul, la peur, la méfiance et la jalousie, trois leitmotivs typiques des grands papas du monde, se retrouvent dans la maudite xénophobie… l’étranger comme la joie de vivre sont l’ennemi, finalement, toute nouveauté, toute réjouissance, toute sociabilité, qu’elle soit culturelle, générationnelle ou simplement  biologique, comme la jeunesse des enfants, se sont des choses à bannir, en suisse il faut être très adultes, voir vieux, calmes, blancs et en crise et réprimés en toute forme expressive , donc les gosses naissent vieux, parce que c’est culturel ….hélas…</p>
<p>il y a des jours ou j’aimerai lâcher mes longs cheveux et me mettre ma plus belle robe noire longue et sortir dans la rue et danser, et chanter, et crier et faire des rondes avec les gens qui me souriront, oui j’aimerais que se soit ainsi…mais je sais que ce n’est pas ça et que je me sens seule dans ce monde de vieux,</p>
<p>ou la moindre différence est vue comme une chose qui dérange, même la vie est assimilée au désordre, les enfants sont source de bruit, les amants qui font l’amour se voient envoyer la police, et les jeunes qui écoutent du rap sont vus comme des dealers et se ramassent des insultes, les noirs sont des fainéants, les arabes des terroristes, les juifs sont radins, les latino-américaines des putes, les frontaliers de la racaille,  les jeunes des malades mentaux, les enfants des hyperactifs…</p>
<p>ben les suisses son vieux… voilà …</p>
<p>les chiens sont les seuls qui vivent bien en Suisse, d’ailleurs dans ma ville tout leur est dédié, les parcs, les rues, les lampions, les murs, les chaussées, les bancs publiques, le lac et les voitures, voir les murs de la mairie, la statue de Helvétie , etc…bref de la merde part tout, et des éclaboussures de pisse et des annonces pour des psychiatres pour chien, coiffeurs pour chiens…puah…</p>
<p>j’aime mon pays, ces montagnes, ces lacs, ces plaines, sa nourriture, ce que je n’aime pas ce sont mes compatriotes retraités mentaux… qui on fait du calme, du silence et de l’absence d&#8217;énergie leur culture de base… bien sur ne sont pas tous comme ça, mais on est pas beaucoup.</p>
<p>j’y suis allée exprès à l’extrême dans ce récit, mais il y a beaucoup de ce que je pense… en toute sincérité …</p>
<p>je finis ce récit avec une touche d’humour, à l’hôpital quand je me suis sentie mal suite à la grippe A, l’infirmière m’a dit, vous êtes trop jeune pour la date de naissance que vous m’avez mise là et m’a demandé la carte d’identité…. j’avais pas de rides, et elle qui est plus jeune que moi oui !</p>
<p>c’est du délire…</p>
<p>gloria ©</p>
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		<title>Le Registre Humain®</title>
		<link>http://libragora.net/2007/09/le-registre-humain-reg/</link>
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		<pubDate>Fri, 07 Sep 2007 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>HumanBeing</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[L’enfant matricule 256/859N005/2A arriva accompagné d’un travailleur du Registre Humain®. Huit ans, peut-être neuf, avec un regard fixe et perçant de nature à déstabiliser ses interlocuteurs et à effectuer au premier coup d’œil un tri implacable parmi les candidats potentiels. Un regard déterminé et sans vie, un regard calculateur et inquiétant, exercé au choix.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De ses yeux presque gris il fit le tour de la pièce, dévisagea l’hôtesse d’accueil et lui demanda où se trouvaient les box. D’un geste elle lui indiqua un couloir sur la gauche, et d’un signe de tête invita les deux visiteurs à s’y engager. Après avoir répudié ses précédents compagnons, 256/859N005/2A était fermement résolu à en adopter deux nouveaux, et l’offre ne manquait manifestement pas dans le secteur où il avait nouvellement aménagé.</p>
<p>Depuis que les radiations s’étaient répandues massivement dans l’air suite à l’explosion de plusieurs centrales vétustes dans les républiques de l’ancien bloc de l’Est, depuis aussi que les pesticides de nouvelle génération avaient fait leur apparition massive dans les anciens pays en voie de développement et contaminé durablement produits frais, viandes et poissons, la fertilité avait enregistré une baisse historique et alarmante. Depuis quelques décennies, le taux de fécondité était tombé en dessous de 0,3, voire même à 0 ou 0,1 dans certaines zones de la Mégapole, taux bien sûr insuffisant pour assurer non seulement le renouvellement mais aussi et surtout le simple maintien de l’espèce, vouée de ce fait à s’éteindre au cours des prochains siècles. </p>
<p>Dans le but d’établir une sélection rigoureuse des meilleurs éléments en vue du lancement de Grand Programme de Repeuplement, le Registre Humain® – qui avait en charge l’intégralité de la question démographique – interdisait strictement depuis quelques années à tous les non-citoyens ainsi qu’aux citoyens de rang 5 et 4 de garder les enfants issus de leurs unions. A cela s’ajoutait la régulation et le contrôle draconiens de toutes les méthodes de procréation assistée qui fournissaient en général des éléments trop faibles et trop déficients pour être viables. En outre, ces techniques, dont les dépositaires étaient regroupés au sein de la Corporation du Génome® étaient si coûteuses – monopole oblige – qu’elles n’étaient accessibles qu’à de très rares couples, pour la plupart membres de la PrimoCaste, celle des élites politiques, économique et néoculturelles de la Mégapole. D’autres part, étant donné l’accroissement de la stérilité féminine et masculine, les succès étaient pratiquement miraculeux. Les techniques de clonage quant à elles échouaient encore lamentablement, malgré des avancées et des moyens considérables. On n’arrivait toujours pas à produire des éléments convenables. Au reste, les rares individus viables étaient systématiquement stériles, ce qui rendait la technique parfaitement contreproductive. On avait cru pouvoir la maîtriser rapidement, mais certaines subtilités de l’organisme, mécanique complexe, parfois capricieuse et aléatoire, échappaient encore et toujours aux chercheurs les plus zélés. </p>
<p>Le Registre Humain® était devenu en quelques décennies un trust immense exerçant un monopole et une dictature impitoyable sur la procréation, l’adoption et l’éducation. C’est également lui qui détenait la gestion de l’État Civil, de sorte qu’il fallait disposer de moyens conséquents à la fois pour devenir citoyen et encore plus pour prétendre être choisi en tant que parent. Les mères biologiques étaient dûment sélectionnées, vivant souvent dans des contrées reculées de la Marge et dans les dernières zones non contaminées. Elles constituaient l’essentiel du vivier et fournissaient une matière première de choix – des enfants généralement sains – que le Registre Humain® achetait pour des sommes modiques ou moyennant l’acquisition de la citoyenneté de cinquième rang, qui pour être le rang le plus bas de la Société Enregistrée, permettait somme toute d’obtenir un toit, un emploi et l’accès aux loisirs de catégorie 8 à 10. Pour les mères déjà citoyennes de bas rang, une accession au rang supérieur était généralement la récompense. </p>
<p>Le Registre Humain® élevait les enfants acquis, répondant aux sévères critères de santé, de beauté et d’intelligence, dans le respect des Valeurs Dominantes jusqu’à l’âge de huit ou neuf ans et les vendait ensuite à des parents aussi riches que massivement stériles, habitant la Grande Mégapole. Ce commerce, certes habilement dissimulé derrière une généreuse prophylaxie, dégageait des bénéfices colossaux. L’enfant, denrée rare, était devenu un luxe que seuls pouvaient se permettre les citoyens de premier, second et, dans une faible mesure, de troisième rang. Définitivement, être parent devait se mériter. Il va sans dire que l’éducation de ceux qui devaient régénérer l’Humanité ne pouvait être confiée à n’importe qui.</p>
<p>L’adoption était un parcours long et compliqué pour les parents, et surtout sans garantie de réussite. Tous les couples aisés voulaient un enfant, et aucun d’entre eux ne pouvaient en avoir par des voies naturelles. Le Registre Humain® avait postulé que le moyen de sélectionner les meilleurs candidats était de favoriser l’émulation, la concurrence, et même la compétition entre les parents potentiels. De plus, il ne suffisait pas d’être choisi par le Registre Humain® – un choix avant tout fondé sur des critères économiques – encore fallait-il être désigné par l’enfant lui-même, à qui revenait le choix définitif du couple parental. Ainsi, chacun était tout à la fois adopté et adoptant. Cette volonté mutuelle était le meilleur garant de l’équilibre de l’enfant, équilibre dont il avait besoin afin de devenir plus tard un Suprême Reproducteur.</p>
<p>C’est dans ce but que le jeune matricule 256/859N005/2A était venu aujourd’hui. Il déambulait longuement dans le long couloir, allant d’un box à l’autre pour faire monter les enchères. Le déroulement des opérations était toujours sensiblement identique. Une liste de vœux matériels et affectifs était déposée par l’enfant, constituant une base sur laquelle les futurs parents, isolés dans des cellules hermétiques pendant toute la durée du processus, devaient surenchérir. L’employé du Registre Humain® était là en qualité d’huissier. L’enfant pouvait à tout moment interrompre la criée et partir avec le couple de son choix, celui, généralement, qui proposait le plus de garanties et le profil le plus intéressant. Les enfants, comme aux siècles précédents, demeuraient sensibles aux promesses de cadeaux, de confort et de satisfaction. L’éducation et le cadre proposé par le Registre Humain® était somme toute assez spartiate, destiné surtout à formater l’enfant afin d’en faire un consommateur. On cultivait chez lui l’envie et le désir, mais on ne lui permettait pas de les concrétiser avant qu’il ne soit adopté/adoptant d’une famille. Cette frustration organisée créait chez l’enfant un inextinguible besoin de consommer et de posséder des biens en masse, et faisait reposer la charge financière de cette surconsommation à venir sur les seuls parents, le Registre Humain® n’investissant que le strict minimum, à savoir pas grand chose. </p>
<p>L’enfant allait et venait, l’air grave et pénétré, même si sa décision finale ne l’engageait pas pour l’éternité, se frottant le menton, soupesant de son regard avide des candidats manifestement désespérés et prêts à tout. Jamais les enfants n’auront été si choyés, si désirés, si aimés. Jamais ils n’auront eu autant de droits. Dans ces conditions, des abominations telles qu’en ont connues des périodes reculées de l’histoire, comme les maltraitances physiques et morales ou la pédophilie ont été définitivement endiguées. Ces mots ont d’ailleurs pratiquement disparu du vocabulaire alors qu’ils faisaient, il y a des décennies de cela, la une des périodiques. Les parents adoptants/adoptés étaient placés sous étroite surveillance. Les dérives étaient impossibles, puisqu’en cas de traitement non-conformes aux attentes, l’enfant pouvait répudier ses parents sans aucun préavis. Le Registre Humain® veillait à cultiver chez les plus jeunes, outre le désir, un implacable sens du confort moral et matériel, sens critique d’autant plus aiguisé qu’il ne l’était que par la convoitise. </p>
<p>Ainsi, les enchères, l’ensemble des promesses affectives et matérielles des couples candidats étaient enregistrées dans l’ordinateur central du Registre Humain® et rangées selon un ordre de priorités correspondant à des échéances que les parents élus devaient honorer sous peine de se voir retirer l’enfant. À ces enchères s’ajoutaient les demandes spécifiques du Registre Humain® concernant le prolongement de l’action éducative initiale, à savoir entretenir chez l’enfant son désir et sa frénésie consumériste et ne rien faire qui puisse les contrarier, veiller aussi à ce qu’il absorbe ses huit heures d’images animées quotidiennes. Pour le reste, l’enfant se débrouillait seul, il avait été formé pour cela. Le rôle des parents n’était plus comme avant un rôle éducatif, c’était désormais un rôle purement économique. S’ils voulaient être choisis, les couples devaient donc, depuis leur box, faire preuve d’une grande imagination, car au-delà de la liste déposée, ils étaient obligés d’anticiper sur des désirs que l’enfant n’avait pas encore pour attirer son attention. Un nombre important de guides plus ou moins officieux étaient disponibles en ligne à ce sujet, expliquant aux candidats que dire et que faire, comment le dire et comment le faire, à la fois pour acquérir les faveurs de l’enfant, et surtout pour les conserver.</p>
<p>L’attention de l’enfant s’est portée sur un couple âgé d’environ soixante-cinq ans, dont les largesses à venir ont eu raison des autres concurrents. Les parents âgés étaient en général privilégiés, ce qui s’expliquait par leur plus grande permissivité, leur plus grande endurance, et expliquait aussi pourquoi il fallait parfois plusieurs années afin de pouvoir être désigné. Dans une société fondée sur le travail et l’argent, on n’avait guère le temps de s’occuper convenablement des enfant lorsque l’on menait une ou deux activités de rang 1 ou 2. C’est pour cela qu’à mesure que l’activité diminuait dans le cadre des temps partiels précédant la mise en congé définitive, les chances d’adopter/être adopté augmentaient singulièrement.</p>
<p>Après avoir réglé les dernières formalités à l’accueil, l’enfant s’éloigna avec ses nouveaux parents. C’était le deuxième couple qu’il adoptait et par lequel il était adopté. Pour les parents, bien évidemment, il s’agissait de la première expérience parentale, toute répudiation étant définitive. L’inflation permanente des candidats faisait que le Registre Humain® pouvait se permettre de na pas offrir aux parents déchus de seconde chance. Dans ce domaine comme dans les autres, il fallait faire preuve de ses compétences rapidement et sans compter ses effort. </p>
<p>Le <i>Culte de la Performance et du Résultat</i> est toujours au prix d’une certaine abnégation. </p>
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		<title>Première impression du Mali</title>
		<link>http://libragora.net/2007/04/premiere-impression-du-mali/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2007 17:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[Ceci n’est pas un commentaire touristique du Mali, pas plus qu’un travail sur les rites Dogon ou le voyage d’un « toubabou en terre sub-saharienne ». C’est pour moi le témoignage du fruit d’une conviction et de l’apprentissage d’une réalité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est une aventure humaine et physique, ou comment tout au long des trois semaines j’ai beaucoup appris sur le genre humain et les relations politiques. Comme quelques uns d’entre vous le savent, j’ai une forte opinion de l’engagement associatif, l’engagement associatif est pour moi une condition sine qua none pour participer à l’amélioration de la société.</p>
<p>Il est important pour moi de situer ce voyage de trois semaines, qui s’inscrit dans les activités de l’association Grain de Sable (http://www.graindesable.org). Je ne vous égrainerai pas toutes les bonnes intentions de Grain de Sable, mais plutôt l’angle d’attaque du problème suivant : les Etats de l’Afrique de l’Ouest oscillent entre démocratie installée par les puissances occidentales et asiatiques et des républiques bananières souvent sous la coupe de conglomérats industriels. Entre les hautes strates des gouvernements installés par nos gouvernements pour défendre nos intérêts et la population il y a un vide. Ce vide, au Mali, est caractérisé par un nombre important d’ethnies, de dialectes, d’une langue officieuse le Bambara et d’une langue officielle le Français. À cela, ajoutez un climat rude et des infrastructures de communication relativement sommaires, dès lors imaginez un vote dans la brousse pour une élection dite démocratique où d’ordinaire chaque barrage routier taxe les allers et venues ! C’est là que le chantier de Grain de sable prend racine et s’inscrit dans la durée. Supporter le développement scolaire, c’est doter la population de moyens pour s’alphabétiser et donc apprendre à lire et permettre aux populations de s’exprimer. Construire l’idéologie d’une société démocratique par l’étape alphabétisation de la population. Sur ce dernier point la route est longue. À ceux qui pensent que Grain de Sable est une réminiscence du colonialisme en mal de domination, je rappelle brièvement quelques principes de base de l’association : Grain de Sable participe au financement de l’école mais s’assure de la participation des villageois et des autorités politiques locales, à la fois d’un point de vue financier et culturel.</p>
<p>Grain de Sable n’intervient pas sur le contenu des programmes, car les écoles seront publiques, Grain de Sable supporte les initiatives économiques qui permettront aux villageois de gagner en autonomie pour faire vivre les écoles. De ces règles de principes et non intrusives, Grain de Sable a tout de même quelques exigences concernant la scolarisation totale des enfants, filles et garçons. Voilà en substance ces quelques mots d’introductions sur Grain de Sable et ma volonté d’engagement pour le développement. </p>
<p>Pour ce qui est du voyage, j’ai navigué sur les routes du Mali entre Bamako et Lakamané (400km) la première semaine pour consolider le dossier de construction d’une école de 2nd Cycle, j’ai profité de cette première étape pour entretenir le fraisier politique et assister au démarrage du festival Kassanka, fête de la culture des villages du cercle de Diéma et de culture Kassonké. Cette fête sera l’occasion pour moi de croiser les regards des ministres de la culture (CHEICK OUMAR SISSOKO) et du développement social, de la solidarité et des personnes âgées (DJIBRIL TANGARA). Cette visite à Lakamané sera aussi pour moi l’occasion d’interviewer quelques personnes sur les questions de migration et immigration (vidéo bientôt disponible sur le site de l’association et sur les colonnes de Libragora, au passage je publierai aussi un témoignage assez fort sur l’excision).</p>
<p>J’ai donc repris ma route vers Bamako, cinq heures de route (700km), 3h de sommeil et 9h de route en car pour cette fois-ci me rendre à Mopti, à l’Est du pays, porte d’entrée sur le Pays Dogon de la région de Bandiagara, site actuel du premier chantier de Grain de Sable. Cette fois-ci l’optique des deux semaines est tout autre, je vais à la fois suivre le chantier (infrastructure, fournitures) et mener des actions vers les pouvoirs locaux, et assurer le bon déroulement d’un voyage solidaire organisé avec la municipalité de Chaville. De tous les objectifs fixés pour ce voyage, bon nombre ont été remplis, mais jamais à l’occidentale, toujours à la Malienne. C&#8217;est-à-dire avec une bonne dose de négociation verbale et d’attente. Ainsi entre la réalisation d’une table prototype pour la future école, l’achat de masse en acier pour casser des pierres, jusqu&#8217;à l’obtention de l’aide du Programme Alimentaire Mondial pour le village de Tegourou, le temps fut principalement ce dont j’ai usé le plus, à mon plus grand regret. Enfin, pour clore le plan de voyage, j’ai fait une incursion dans un repère touareg trafiquant de pétrole à la lisière du Sahara au Nord de Tombouctou pour recueillir le témoignage d’un gardien des manuscrits perdus de la bibliothèque de Tombouctou. Cet épisode est à mes yeux le plus fantasque de mon voyage et fera surement l’objet d’un article ultérieur.</p>
<p>Plutôt qu’une approche journalière et datée, dont vous pourrez vous délecter sur le site internet de l’association et que je jugeais un brin égocentrique, j’ai axé ce témoignage autour de trois grands thèmes que j’ai dégagés de mes observations quotidiennes.</p>
<p><b>La fracture mémorielle et les enjeux de la question coloniale</b><br />
Vous l’aurez compris, il y a eu deux parties dans ce voyage, l’une dans la région de Kayes, au nord de Bamako, l’autre en pays Dogon entre Mopti et la frontière du Burkina Faso. Ces deux régions diffèrent dans leur culture, la première région a une particularité culturelle qui fait qu’elle alimente la majorité du flux migratoire vers la France. En d’autres termes, c’est la région de Kayes qui est la plus représentée en France. D’où la facilité de parler en Français et de rencontrer les contents et les mécontents de nos politiques d’immigration. Il est aussi intéressant de replacer le Mali d’un point de vue géographique.</p>
<p>Le Mali est entouré, en partant à neuf heures, du Sénégal, de la Mauritanie, de l’Algérie, du Niger, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée. C’est un carrefour aux frontières ouvertes, ce qui fait que 25% des maliens ne sont pas maliens. Le fruit du rêve Européen fabrique des feignants pour certains et supporte le développement pour d’autres. Quoiqu’il en soit, les migrants d’une manière générale deviennent très vite apatrides et ne cessent dans leur vie de faire des aller-retours entre la France et le Mali. Ils entretiennent ce mouvement, à l’instar du roman de Fatou Diome, « Le Ventre de l’Atlantique », en magnifiant leur statut social à l’image de la mythologie du rêve Américain. </p>
<p>Dès lors, c’est le mécanisme de la fuite, qui inexorablement n’enrichit le pays que du point de vue du pouvoir d’achat mais annihile le développement économique lié au développement de l’industrie. J’apporte ici un regard occidental sur le développement, comme si le Mali n’avait pas encore engagé sa révolution industrielle faute à la fois d’engagement politique fort et de moyens. Le pays Dogon n’est pas très affecté par le phénomène de migration, il est peut-être plus touristique, pour autant je n’ai pas l’impression que cela serve complètement les populations voisines des quelques sites qui font l’objet de l’émerveillement occidental. Un fait marquant, chez les dogons, c’est la pratique séculaire de l’endogamie. Ce mode de vie n’invite bien entendu pas au voyage mais à l’avantage de voir vivre une à deux familles par village.</p>
<p>Pourquoi une fracture mémorielle ? Tout d’abord parce que je suis parti de France avec une lecture de l’histoire qui s’est déroulée ces deux dernières années autour du débat géopolitique sur la traite des esclavagistes et l’histoire coloniale. Il y a eu l’article 4 de la loi du 23 Février 2005 qui a ouvert une polémique car cet article stipulait d’inscrire au chapitre des manuels scolaires la reconnaissance « du rôle positif de la présence française outre-mer ». Bien que le chef de l’Etat ait exigé que cet article soit réécrit le 4 janvier 2006, je gardais aussi à l’esprit un fait marquant qui eût lieu en novembre 2005, à savoir que l’impact esclavagiste fut qualifié de crime contre l’humanité. Il est vrai aussi que la traite des esclaves a été essentiellement transatlantique et orientale, et n’est pas la revendication numéro des maliens envers la France, d’autant que c’est essentiellement la tribu des Peuls qui exploita les Dogons. Néanmoins il est un fait irrévocable : c’est l’héritage administratif de la France, avec toutes ces lourdeurs et le droit en moins. Cette trace ne peut que marquer à long terme l’esprit des Maliens.</p>
<p>Mes deux visites ont donné lieu à deux expériences, l’une consistant à interroger des maliens de la région de Kayes sur leur vision de la migration, l’autre autour d’une conférence avec les lycéens et le corps professoral du lycée de Bandiagara, Bandiagara étant la capitale du pays Dogon, située à une dizaine de kilomètres du village de Tégourou où nous réalisons la première école. Cet échange au lycée, avait un objectif pseudo-éducatif dans le sens où nous voulions favoriser l’échange entre les jeunes de Chaville et les jeunes de Bandiagara. Les échanges furent très orientés autour des aspects positifs et négatifs de la colonisation, la ligne directrice fut « imposée » par le professeur de philosophie. <i>Je publierai le travail du professeur de philosophie lorsque j’aurai trouvé un peu de temps pour le saisir <img src='http://libragora.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </i></p>
<p>Ma position sur la colonisation est simple, je ne culpabilise pas, je reconnais volontiers le tort et convient que des excuses soient à formuler et à présenter, après l’histoire a fait son chemin et moi je suis né, la responsabilité du passé ne m’appartient pas par contre celle du futur m’incombe. Dès lors comment appréhender les contingences d’une époque révolue ? Et bien pour moi c’est aller de l’avant. Le Mali a recouvré son indépendance il y a quarante ans. Le débat qui a suivi cette planche a été houleux et parsemé de rancunes sur les aspects négatifs du colonialisme. Nous n’avons pas manqué de faire remarquer, tout en étant appuyé par les réflexions de quelques professeurs, que si la colonisation a eu des effets négatifs elle ne peut être responsable de l’apathie générale qui grève les réflexions contemporaines au Mali. Certaines remarques de ce débat sont communes aux commentaires des personnes interviewées à Lakamané, notamment sur le fait que la France a fait appel par le passé, pour ses guerres et les Trente Glorieuses à la main d’œuvre malienne, et que le minimum aujourd’hui serait de leur rendre la pareille. Visiblement il y a une incompréhension latente des deux côtés et personne ne veut s’y attaquer. D’un côté la France, où l’immigration est le porte étendard d’un nationalisme exacerbé, où les chiffres sont globalement flous et où la politique de régulation est remise en question. Je préfère utiliser ici le mot « régulation » plutôt qu’ « intégration » tant le concept d’intégration me parait galvaudé.</p>
<p>De l’autre coté le Mali, où l’élite se joue de sa relation avec la France et stigmatise le colonialisme comme facteur ralentissant l’émancipation de la société malienne. Sur quel pied doit-on danser ? Nous sommes là dans un cercle vicieux où face à une audience malienne, il est difficile d’imposer sa vision des choses sans avoir l’air de vouloir donner une leçon et par là-même retomber dans le syndrome du colonisateur.<br />
Je souhaitais aussi ajouter la réflexion suivante : lors de notre séjour à Tegourou, les filles des Jeunes de Chaville ont organisé une réunion avec les femmes du village pour discuter de sujets ayant trait à l’hygiène des enfants notamment. Une discussion m’a été rapportée et souligne à quel point la communication et l’information est à travailler de corps avec les villageois.</p>
<p>La majorité des enfants ne sont pas lavés, ou que très rarement, il est donc fréquent de voir les enfants maculés de croutes de morve entre le nez et la bouche. L’idée était donc de souligner ce point intriguant avec les villageoises, car il est étonnant que les adultes se mouchent et pas les enfants. La réaction fut en substance la suivante : « faut-il faire comme les blancs ? Est ce que cela est bien ? ». Le problème n’est pas de savoir si c’est bien ou pas, moi-même, hormis l’esthétique d’un paquet de morve je ne crois pas que ce soit un facteur de maladie ou autre, par contre la référence aux coutumes des blancs c’est quelque chose qui me marque. Car il est évident, vue de l’occident, que l’accumulation des croyances et des rites ancestraux freinent l’émancipation et le développement de ces populations. Et de l’Afrique en général. Je vais brièvement citer Pascal « je ne discute jamais du nom pourvu qu’on m’avertisse du sens qu’on lui donne », cette citation que j’applique au mot « intégration », je l’applique aussi au mot « développement ». Et c’est là la clef de voûte de l’action de Grain de Sable, supporter le développement sans livrer de solution créant une dépendance, mais plutôt armant la population d’un degré d’autonomie. Je suis contre ce que j’appelle « la théorie du zoo » qui consiste à dire : mais laissez les donc tranquilles ces Africains, ils sont heureux comme ça ! C’est ce que j’appelle refuser aux gens la modernité et le progrès.</p>
<p>Les occidentaux pensent souvent que le souci de modernisation est l’apanage de leur civilisation. C’est faux, au Mali, j’ai rencontré des gens qui veulent entreprendre et se moderniser, s’émanciper. C’est aussi le cas de Tegourou, l’école elle ne tombe pas du ciel, c’est une volonté locale qui a croisé la route de Victor dans ses réflexions humanistes. Je reviens sur cette idée qui m’est cher « la théorie du zoo », c’est par exemple, contrer la déforestation en Amazonie sous prétexte que l’Europe risque d’être asphyxiée, et si les indiens souhaitent se développer pourquoi ne replanterions-nous pas la forêt de Sherwood ? On réalise aujourd’hui que tout cela doit être bien évidemment être contrôlé mais pas prohibé. Et contrôler comme cela ne signifie pas interdire, son sens est pour moi de transférer nos connaissances vers le sujet dans un esprit gagnant-gagnant et pas dominant-dominé.</p>
<p>Pour finir j’ai noté un autre élément qui paralyse le pays, c’est l’institutionnalisation de la corruption, qui se justifie par le niveau de pauvreté extrême de la population. La population est dans une position de léthargie complète, qui s’explique par les éléments que j’ai cités plus haut : faible taux d’alphabétisation, peu de voies de communication, bien que le téléphone portable soit en pleine expansion.</p>
<p>Qui va sortir la population de cette léthargie ? Et bien la Chine pour commencer qui investit massivement dans les infrastructures du pays et en profite pour se rémunérer en déplaçant les chaines de création de valeurs vers l’Asie. Est-ce une nouvelle forme de colonialisme ? Outre la Chine les ONG sont une réponse tangible au développement en Afrique. C’est à mes yeux, la couche active entre les gouvernements, l’ingérence des occidentaux et la population.</p>
<p><b>Un rôle important des organisations non gouvernementales</b><br />
Je vais maintenant passer au rôle important des ONG au Mali, en Afrique et dans le monde. Comme je l’ai abordé précédemment les ONG représentent cette couche de responsabilités et d’autonomie entre les états aux politiques défaillantes, aux aides bilatérales et dans une moindre mesure multilatérale, les OSI (organisation de solidarité internationale) et la population. Leur construction est intéressante car basée sur la générosité des gens, elles placent directement le citoyen dans un contexte international, élaborant les bases une citoyenneté transnationale.</p>
<p>Les ONG chevalier blanc du développement ? C’est une question délicate, car le risque induit par l’ONG dans son effort de bien faire, est aussi de priver l’Afrique de sa capacité d’autonomie. L’action d’une ONG doit être bien pensée pour permette au peuple de gagner en autonomie. Elles doivent donc prendre en charge, autant que possible, l’encadrement du transfert des technologies du Nord vers le Sud.  Au niveau de développement de l’Afrique, il n’est pas question de transférer des connaissances sur le nucléaire mais peut être des méthodes et des processus de développement durable concernant les énergies alternatives, l’agriculture et le bâtiment. En somme créer de la formation.</p>
<p>L’Afrique sur le plan politique est contrastée, paradoxale et ambiguë. Elle construit sa modernité mais dans un temps socio-historique qui est souvent déconnecté du temps de la mondialisation. Exception faite du champ culturel, davantage exploitée et mondialisée que mondialisatrice. </p>
<p>N’oubliez pas que la recherche d’identité nationale, européenne et internationale n’a jamais été aussi forte que depuis que l’on réalise que l’action locale peu impacter dans son ensemble le monde entier.</p>
<p><b>Et moi dans tout ça ?</b><br />
C’est la dernière partie de mes impressions, celle sur lequel j’ai le plus à faire qu’à dire. Car les problèmes que j’ai découverts au Mali sont sensiblement identiques aux nôtres. A savoir que la quête de modernité bouleverse de fait les valeurs fondamentales d’une société et modifie durablement son identité.</p>
<p>Aujourd’hui la définition et la défense de nos valeurs nationales et européennes s’effritent et perdent de leur sens. A commencer par l’identité nationale, qui fait peur aux citoyens et qui en soit n’est que l’image de l’identité démocratique, qui fut féodale, monarchique, révolutionnaire, républicaine, est aujourd’hui percutée de toute part par d’autre civilisation.  C’est aussi là que la colonisation a eu un effet négatif, nous avons voulu imposer un modèle d’identité nationale par la force à des civilisations qui avaient leur compréhension du bonheur et une définition différente de leur valeur, elles avaient leur culture.</p>
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		<title>Bréviaire du Chaos</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Dec 2006 00:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator></dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[La poule. L’œuf. Toujours les mêmes questions qui reviennent. La pensée d'autrui construit-elle notre pensée, où bien est-on attiré par la première parce qu'elle entre en cohérence, en résonance, avec la seconde ? Sans aucun doute y a-t-il interaction entre les deux, une sorte de dialectique, un va-et-vient par lequel on se définit progressivement. On verra ici où j'ai puisé certaines de mes sources spirituelles et intellectuelles, mais aussi pourquoi j'ai d'emblée été attiré par ces sources, c'est-à-dire parce qu'elles ont, à un certain moment, formalisé des intuitions que je portais en moi. Un jour, j'ai compris, et ce fut une révélation, que je n'étais pas seul, pas le seul. Si je parais prétentieux, ce ne sera ni la première, ni la dernière fois.

Voilà déjà quelques temps que je désirais rendre hommage ici au grand penseur que fut Albert Caraco (1919-1971), que j'ai découvert récemment, et tout à fait par hasard, dans les sombres recoins d'une librairie lyonnaise. Son <i>Bréviaire du Chaos</i> est sans doute l'ouvrage qui condense le mieux sa philosophie, si toutefois on peut parler de philosophie. Sa réflexion est avant tout morale et historique, une sorte de diagnostic obscur et désespéré autant que prophétique du monde contemporain, et un appel sans appel à sa fin déjà promise, à son anéantissement définitif. Je citerai ici, autant que possible, de larges extraits de ce petit opuscule, afin que chacun puisse juger de sa nature, de sa valeur et de sa pertinence.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sa biographie n&#8217;a pas vraiment d&#8217;importance, aussi je ne m&#8217;étendrai pas dessus, et ce également parce qu&#8217;elle est profondément lacunaire. On n&#8217;a même pas de certitude quant à l&#8217;année de sa mort. On lit, ça et là, 1971 ou 1972 avec la même constance. Peu importe. Disons qu&#8217;il est issu d&#8217;une riche famille séfarade du Levant, qu&#8217;il a énormément voyagé, qu&#8217;il a vécu l&#8217;exode pendant la deuxième guerre mondiale au cours de laquelle sa famille s&#8217;est réfugiée en Argentine. De retour à Paris, il constate le fruit et le produit de ce qui se disait Humanité, et décide à ce moment-là de programmer se propre mort. Par une incompréhensible allégeance, par devoir ou par loyauté, il restera en vie jusqu&#8217;à la mort de son père, qui précèdera de quelques heures son suicide radical. Gaz, pendaison et barbituriques. Il avait mis toutes les chances de son côté pour ne pas manquer son dernier geste. Il est allé jusqu&#8217;au bout, il a été sincère, et il n&#8217;a pas posé, pas feint. Entre temps, il a rempli des centaines de cahiers d&#8217;une écriture hiéroglyphique, sans la moindre rature. Il avait son oeuvre en tête, et il l&#8217;a spontanément couchée sur le papier. En vain, puisqu&#8217;il est mort dans l&#8217;anonymat, et condamné à l&#8217;oubli.</p>
<p>En effet, le nom d&#8217;Albert Caraco, de prime abord, n&#8217;évoque en général rien à personne. Je ne faisais pas exception jusqu&#8217;à ces dernières semaines. Son oeuvre plus que confidentielle, est encore, trente ans après sa mort, en cours de publication aux éditions de L&#8217;Age d&#8217;Homme, à Lausanne. De son vivant, il aura été refusé, nié, muselé. On le définit souvent comme un imprécateur en colère, le dernier et le plus radical des grands moralistes. Lui se définissait davantage comme un prophète. </p>
<p>Le livre se compose de courts fragments qui ne sont pas sans évoquer autant de prières profanes. Un évangile, une nouvelle apocalypse, bien plus effroyable que la première, car plus réaliste. <i>Je suis l&#8217;un des prophète de mon temps, et, n&#8217;ayant droit à la parole, j&#8217;écris ce que j&#8217;avais à dire.</i> Certes, ce qui frappe d&#8217;emblée est la certitude qu&#8217;il avait de n&#8217;être pas personne, et pas tout le monde. Il s&#8217;est toujours situé au-dessus du peuple, au-dessus de la masse et de ses conflits d&#8217;intérêts, au-delà du politique, dans une autre dimension. Il écrit encore : <i>Le silence m&#8217;enveloppe, on a senti que j&#8217;avais quelque chose à dire et qu&#8217;on ne voulait pas apprendre, on s&#8217;est défendu selon les procédés mis à la mode, on cherche à m&#8217;enterrer vivant et l&#8217;on aboutira qu&#8217;à rendre un jour mes partisans plus fanatiques.</i> Force est de constater que cinquante ans après qu&#8217;il ait écrit ces lignes, les partisans se réduisent à une poignée de personnes que l&#8217;on traite volontiers d&#8217;illuminés. La prophétie n&#8217;a pas encore eu lieu. Et elle n&#8217;est certes pas pour demain.</p>
<p>Le style n&#8217;est pas sans rappeler Guy Debord, <i>La société du spectacle</i> et les <i>Commentaires</i> sur cette même société. Le propos également, sous-tendu par l&#8217;idée d&#8217;un complot contre une parole qui annonce les vérités que personne ne veut entendre. Or, on s&#8217;est rendu compte que ce qu&#8217;avait prévu Debord en 1967 s&#8217;est avéré parfaitement exact. La société du spectaculaire intégré est notre société, elle l&#8217;est devenue à partir des années soixante-dix. Sans doute Guy Debord fut-il l&#8217;un des plus grands visionnaires de tous les temps, et je ne cesserai jamais de le considérer comme tel. Il est évident qu&#8217;on a plus de mal à adhérer aux propos d&#8217;Albert Caraco, tant ils nous semblent lointains, mystiques, et certainement le produit d&#8217;un cerveau malade car atteint de paranoïa. Et pourtant.</p>
<p>La pensée de Caraco est parfaitement circulaire, la thématique n&#8217;est pas variée, voire même lancinante, et la substance tient en quelques lignes : rejet de la procréation, refus du surpeuplement, eugénisme, malthusianisme, imminence relative de la Catastrophe finale, appel au chaos duquel naîtra un ordre définitif, débarrassé de la misère et de l&#8217;indigence. Un nihiliste ? Oui, sans aucun doute. Un pessimiste ? Oui encore, même si cela va bien au-delà de quelques concepts. Son jusqu&#8217;au-boutisme fait, à la première lecture, froid dans le dos. Et cela ne s&#8217;arrange guère à la seconde. Mais quel style, quel souffle épique traverse de part en part ce <i>Bréviaire</i>, quelle violence froide et contenue, aussi.</p>
<p><i>On me reprochera de prévoir l&#8217;immolation des foules et de la juger nécessaire pour que la restauration de l&#8217;Homme ait enfin lieu ; on me dira que je suis inhumain, puisque la vie de plusieurs milliards d&#8217;insectes ne m&#8217;importe et que je prône le dépeuplement.</i> Pourquoi le dépeuplement ? Tout simplement parce qu&#8217;il s&#8217;agit là de la seule manière de mettre un terme au mouvement enclenché par la surpopulation, mouvement synonyme de marche à la perte de l&#8217;humanité. <i>A quoi bon nous leurrer ? Nous deviendrons atroces, nous manquerons de sol et d&#8217;eau, peut-être manquerons-nous d&#8217;air et nous nous exterminerons pour subsister, nous finirons par nous manger les uns les autres. Nous fûmes théophages et nous serons anthrophages, ce ne sera qu&#8217;un accomplissement de plus.</i></p>
<p>Le surpeuplement massif est chez Caraco, une véritable obsession. Il est conscient, mais chacun devrait l&#8217;être, que les ressources viendront inévitablement à manquer, et que la corruption et la raréfaction des éléments tels que la terre, l&#8217;eau et l&#8217;air n&#8217;engendrera que la mort. Lorsque tout viendra à manquer, que restera-t-il pour survivre ? Malthus posait déjà la question à la fin du XVIIIe siècle dans son <i>Essai sur le principe de population</i> daté de 1798, dans lequel il prédit l&#8217;inévitabilité de catastrophes démographiques, à moins d&#8217;empêcher la population de croître. En effet, la population augmente de façon exponentielle et les ressources croissent (et aujourd&#8217;hui, pour certaines, décroissent) de façon arithmétique. Le hiatus est insoluble, et la question viendra immanquablement à se poser un jour où l&#8217;autre de comment briser cet enchaînement infernal.</p>
<p>L&#8217;homme s&#8217;accroît, et la nature décroît. Le bétonnement massif et rapide de la nature est le symptôme d&#8217;un monde à la dérive, perdu d&#8217;avance par la sur-inflation des hommes et de leurs objets. La ville résume cette idée en lui donnant un corps, une réalité : <i>Les villes que nous habitons sont les écoles de la mort, parce qu&#8217;elles sont inhumaines [...] chacune devenant un chaos d&#8217;édifice où nous nous entassons par millions, en perdant nos raisons de vivre.</i> Si l&#8217;on regarde les mégapoles contemporaines, au Japon, notamment, on comprend mieux les implications d&#8217;une telle phrase. Trouvera-t-on encore longtemps de ces solutions provisoires telles que construire sans cesse en hauteur ou sur la mer ? </p>
<p>L&#8217;Homme est mauvais, l&#8217;Homme corrompt, de par sa multiplication incessante et frénétique, la société dans laquelle il vit, en lui ôtant tout moyen de subsistance. On trouvera difficilement moins rousseauiste qu&#8217;Albert Caraco. A ce titre, et à titre personnel, j&#8217;ajoute que Rousseau était un penseur stupide, béat, et d&#8217;un optimisme aveugle qui me fait horreur. Son <i>Emile</i> ne peut aujourd’hui déclencher qu&#8217;un vague sourire amusé, ou dépité, tant son auteur s&#8217;est trompé, tant il a voulu se convaincre et se nourrir de chimères. Il est désormais hors de propos, hors-jeu, et le citer aujourd&#8217;hui est une aberration totale. Cela n&#8217;a plus de sens. Nous avons vu et nous voyons chaque jour un peu plus clair dans la nature de l&#8217;Homme qui mérite encore à peine sa majuscule. L&#8217;Homme contemporain n&#8217;a plus que des droits, il n&#8217;a plus aucun devoir, et surtout pas celui de construire l&#8217;avenir. La jeunesse est condamnée par ses aînés. Sacrifiée sur l&#8217;autel de la nécessaire survie. <i>Notre jeunesse se sent condamnée, et c&#8217;est pourquoi les universités fermentent, elle a raison, nous avons tort et nous lui préparons une nouvelle guerre.</i></p>
<p><i>Nous n&#8217;éviterons ni la faim ni le racisme, et ceux qui prétendent le contraire cherchent à nous égarer. Je n&#8217;en veux pas à l&#8217;homme de la rue, de plus en plus indifférent et qui s&#8217;estime satisfait, l&#8217;industrialisation lui procurant les apparences du bonheur, ce bonheur fût-il provisoire.</i>. On voit ici, au passage, comment Caraco dépasse les clivages idéologiques. Il condense les extrêmes, les englobe et les périme dans le même temps.</p>
<p>Le monde étant un monde fini, clos, il se remplit chaque jour un peu plus, et de manière quasiment anarchique. De tous les éléments naturels, n&#8217;en subsistera qu&#8217;un seul, et c&#8217;est par lui que tout s&#8217;abolira : le feu. L&#8217;holocauste, qui étymologiquement n&#8217;est autre que la destruction par le feu, sera à la fois fin et (re)commencement de la civilisation. C&#8217;est une vision des choses relativement classique et déjà portée par divers courants nihilistes au cours des âges. Là où Caraco se démarque, c&#8217;est par les perspectives qu&#8217;il ouvre.</p>
<p>Face à de telles problématiques biologiques et écologiques, quelles solutions propose-t-il ? Car s&#8217;il  prévoit le pire, il annonce également comment l&#8217;éviter, ou du moins, comment y survivre dignement. Encore une fois, l&#8217;idée qu&#8217;il défend est aussi simple que radicale, idée qu&#8217;il est difficile de défendre aujourd&#8217;hui tant l&#8217;enfant est devenu roi, nécessité narcissique, et tant la famille a perduré en tant que sainte institution, même si on la dit déliquescente. Elle est encore farouchement opérante et productive. <i>La famille est une institution qu&#8217;il faudra surmonter un jour, elle n&#8217;a plus de raison d&#8217;être : elle est, dans la majorité des cas peuplante et l&#8217;univers est surpeuplé, de plus, elle est la source de nos idées les plus contestables.</i> Voilà qui a conforté l&#8217;essentiel de mes opinions sur la famille, et sa nécessaire destruction.</p>
<p><i>Le seul remède à la misère, il est en la stérilité des misérables, </i>(nda : ceux qui d&#8217;ailleurs et de toute évidence se multiplient le plus, et le plus rapidement)<i> mais l&#8217;ordre pour la mort, l&#8217;ordre des marchands et des prêtres, nous défend même d&#8217;en parler. Les marchands et les prêtres veulent s&#8217;enrichir et dominer, ils veulent le profit matériel et le crédit moral, ils les obtiennent de notre imbécillité, car notre désabusement serait leur fin, comme il serait la fin de la misère.</i> Il écrit encore qu&#8217;<i>un monde peuplé d&#8217;onanistes et de sodomites serait moins misérable que le nôtre. Nous sommes malheureux de remplir un devoir imaginaire et de nous conformer à des préceptes révolus.</i> Un monde peuplé d&#8217;onanistes et de sodomites&#8230; En effet, un monde tel que celui-là se programmerait une fin rapide et digne. Caraco s&#8217;élève contre notre animalité. Nous sommes des bêtes, et encore, notre supériorité sur les autres espèces nous donne le sentiment enivrant de l&#8217;immortalité. Tout cela, à bien y réfléchir, ne saurait être qu&#8217;un leurre.</p>
<p>On trouve dans le <i>Bréviaire du Chaos</i> encore bien d&#8217;autres réflexions sur l&#8217;Histoire, la désuétude des doctrines, de la charité, de la notion de prochain, comme par exemple lorsqu&#8217;il écrit : <i>Mon prochain n&#8217;existe pas et mon devoir est de ne lui ressembler en rien.</i> Je n&#8217;avais pas la prétention de vouloir ici résumer l’œuvre d&#8217;Albert Caraco, mais je tenais juste à préciser ce qui concordait et concorde plus que jamais avec mes propos récurrents, et parfois obsessionnels. C&#8217;est chose faite, et pour finir, je lui cède une dernière fois la parole, tant je n&#8217;ai rien à y ajouter :</p>
<p><i>La catastrophe est nécessaire, la catastrophe est désirable, la catastrophe est légitime, la catastrophe est providentielle, le monde ne se renouvelle pas à moins et si le monde ne se renouvelle pas, il devra disparaître avec les hommes qui l&#8217;infectent.</i></p>
<p><b><i>Jean-Marc U.</i></b></p>
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		<title>Rencontre (5)</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Oct 2006 10:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[<i>« Nos mains s’enlacent, nos yeux se cherchent. Ainsi commence l’histoire de nos cœurs. »</i> 
<b>(Rabindranath Tagore)</b>

Il avait des mains un peu dures à l’intérieur, des mains qui avaient vécu et beaucoup travaillé, des mains plus âgées que les siennes, à elle, qui n’ont pas vu grand-chose. Il n’aurait pas pu être son père (trop jeune), ni son frère (trop vieux). Il n’était d’ailleurs ni l’un ni l’autre, et ils n’avaient rien en commun. Si, une chose ou deux, peut-être : ils furent collègues, puis amoureux. Elle entend parfois, très rarement, sa voix à l’autre bout de la planète. C’est toujours très court : le conversations vers l’Asie du Sud-Est sont les plus chères du monde. Si par hasard elle entend son rire, si simplement elle devine son sourire, elle meurt d’envie de l’embrasser. Elle garde ses envies pour elle, car il faut déjà raccrocher. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ici, le temps passe. Avant de s’endormir, elle imagine qu’il est là, près d’elle, qu’elle dort la tête sur son épaule, dans ses bras, qu’elle se réveille quand il l’embrasse doucement, quand il lui sourit, lui dit bonjour en français avec son accent tamoul : « Bonjour. » Les mains sont dures à l’intérieur, un peu marquées, mais ses gestes sont équilibrés : le poids de la main qu’il faut à l’endroit qu’il faut, le mouvement qu’il faut à la lenteur qu’il faut, la densité des doigts qu’il faut : il sait comment la toucher. Avec ses lèvres aussi, il sait, savait, et elle tombe parfois dans de grands moments de sensualité nostalgique, solitaire et mélancolique, quand elle se rappelle leur contact. Elle se rappelle donc le moins possible, ou tente toujours, du moins, de s’arrêter avant la vague cruelle de la douceur, du manque. Elle tente aussi de ne pas trop se rappeler leurs mots, leurs rires, leurs mains dans les mains, leurs échanges de regards, leurs moments passés ensemble : bulles de bonheur. Parfois, ils remontent pourtant d’un coup dans sa tête, pétillants ; elle les écrase violemment. Parfois, ils éclatent d’eux-mêmes avant que le souvenir n’ait eu le temps de se former, trop imprécis déjà ; la sensation de manque n’en est que plus terrible. Parfois, c’est elle qui les fait remonter ; ils pétillent à nouveau ; elle sourit, se sent amoureuse, légère. Puis ils éclatent à la surface et tout devient soudain très lourd ; elle se sent chercher autre chose que des souvenirs, quelque chose de concret à quoi se raccrocher – mais il n’y a rien. Elle refoule et se jure d’oublier, d’y arriver, de coucher pourquoi pas avec le prochain homme qui lui plaira un peu : recouvrir de chair fraîche les souvenirs de touchers amoureux, ce serait tout de même plus simple. Plus simple, mais pas moins douloureux : elle a déjà « couché pour oublier » et sait que ça ne fonctionne pas – bien que ça aide à se détester un peu plus, à se remplir de mépris de soi pour se sentir, ainsi, efficacement indigne du sentiment amoureux. Mais elle n’est plus, de toute façon, capable de créer ses envies selon ses besoins du moment. Elle a un peu vieilli/grandi ces derniers temps, mois, années déjà peut-être, et faire l’amour a pris pour elle un sens qu’il n’avait pas auparavant. Pour le meilleur et pour le pire. </p>
<p>Elle aimait regarder ses mains. Elle y pense, et se rend compte subitement qu’il lui est difficile de se les rappeler avec précision. Qu’elle ne peut plus les sentir dans sa main vide à elle. La texture exacte de la peau, les petites stries sur les ongles, la marque légère des veines sur le dos de la main. Comment, déjà, les sentait-elle, ces veines ?… Petit moment de panique immobile : une bulle vient d’éclater.</p>
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		<title>Une Ballade du Neo-Jésus</title>
		<link>http://libragora.net/2005/04/une-ballade-du-neo-jesus/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Apr 2005 20:58:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PrivateJoker</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[<i>[... texte dédicacé à certains "gothiques" passés de la nuit flamboyante au sombre sans retour : son thème le réserve à un public averti, selon la législation de notre beau pays, pour cause de sexualité explicite...]</i>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme je vous aime, vous parmi tant d&#8217;autres, qui vous posez pour un pénultième Ordre Noir, dangereux à souhait, censé représenter la barbarie ultime en nos jolies sociétés, mais qui en fait de dangerosité n&#8217;arrivera jamais à la cheville de cet &laquo;&nbsp;ordre noir&nbsp;&raquo; bien réel constitué des gangsta rappeurs et de ceux qui s&#8217;acharnent à leur ressembler, devant lesquels vous vous effacez timidement quand vous les croisez dans la rue, afin d&#8217;éviter le ridicule que votre littéraire Joie-Devant-La-Mort ne se transforme en sordide peur pleurnicharde dans une ruelle qui résonnerait de vos cris… Je vous aime aussi pour votre aimable façon de vous gargariser de mots, ceux-ci empruntés à plus doués que vos pauvres esprits, pour votre capacité d&#8217;auto-suggestion quand vous croyez pouvoir détruire cet Occident décadent par la seule action de votre peu de volonté, quand vous vous prenez pour le virus auto-immune qui va l&#8217;éradiquer, incapables que vous êtes de comprendre que vous n&#8217;êtes justement qu&#8217;une scorie de cette décadence, un produit résultant du déjà trop entendu &laquo;&nbsp;Dieu est Mort&nbsp;&raquo; &#8211; qu&#8217;il faut d&#8217;ailleurs plutôt entendre de nos jours tel &laquo;&nbsp;Dieu n&#8217;a jamais été Vivant&nbsp;&raquo; &#8211; et qu&#8217;ainsi vous ne pourrez jamais voir plus loin que le bout de la dégénérescence, celle-ci parfaitement gérée par ces maîtres que vous feignez de pouvoir impressionner, comme si justement le Pouvoir n&#8217;était pas plus facile à exercer sur des individus divisés, énervés d&#8217;avance à l&#8217;idée de bellement haïr leurs voisins… Je vous aime enfin pour votre tendance sex neo-tek underground, quand vous vous croyez en plein périple Sadien dans vos tenues d&#8217;androgynes, latex &#038; cuir garantis pur style vampire, les oreilles emplies de BPM réducteurs de tympan, vous caressant joliment alanguis dans l&#8217;ennui de vos drogues, de vos dragues, sous la lueur blafarde de vos soirées en cave, excités soudain quand de presque vrais barbares, racistes rasés ou cannibales métalliques, se présentent au bar et commandent à boire : alors vous vous approchez lascivement, surtout s&#8217;ils sont grands et forts, image de virilité que vous souhaitez vous attribuer, et vous tentez de lier connaissance, effrayés à l&#8217;idée de les énerver mais affolés à celle de les séduire, vos picotements du bas de la nuque évoluant sur la descente de vos vertèbres en sueur s&#8217;infiltrant dans la raie de vos fesses, que vous leur offririez bien dans l&#8217;holocauste d&#8217;une sodomie aux toilettes, comme vous recherchez l&#8217;humiliation consolante de leur verge élargissant vos sphincters, et celle de leurs regards fiers de se considérer encore hétérosexuels, quand ils se reboutonneraient devant vous après s&#8217;être soulagé dans votre bouche offerte, avides que vous êtes de leur divin mépris… Oui, je vous aime pour tout ceci, et pour l&#8217;inspiration que vous m&#8217;apportez &#8211; autant que pour cette aspiration présente, à ne jamais faire partie des vôtres : à continuer à aimer mon prochain.</p>
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		<title>VISAGE DU CERVEAU</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Mar 2004 23:39:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PrivateJoker</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[<i>"Oh mon amour, tu es seule :
Si seules, convoitées, intimités."
		NOIR DESIR</i>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Clic clac. Porte : coulisse : l&#8217;étau se referme. Tu viens d&#8217;arriver chez toi. Prison idéalement habituelle pour une passion mortifère, une de plus, qui te dévore le trou noir nommé cœur. L&#8217;appartement t&#8217;apporte comme chaque jour son présent, olfactif : tabac froid que le haschich ne peut plus chasser, un reste de nourriture à emporter, la décoration des ordures accumulées ; parmi celles se trouvent ce qui fait certainement la spécificité du lieu, les humeurs sorties de ton propre corps, &#8211; ce serait donc cela qui rendrait le tout reconnaissable entre mille ? Ta morve collée, ta merde séchée, quelques crachats, quelques vomissures que mère alcool a déposées entre tes lèvres ? Même ta propre odeur, celle que des parfums sublimaient, sémination enivrante, celle déposée sur ces aisselles que tu humais tendrement en début de séances érotiques, quand tu étais encore narcissique … Même celle-là, tu as appris à la détester : elle te rappelle trop la senteur des amants, des amantes ; gibier interchangeable.</p>
<p>Comme bon nombre d&#8217;occidentaux citadins, tu habites une résidence en copropriété : joli nom de code pour désigner des cellules semblables les unes aux autres, capitonnées de charmant papier peint et de moquette seyante, où les soi-disant propriétaires vont jusqu&#8217;à entretenir financièrement des &laquo;&nbsp;parties communes&nbsp;&raquo; servant juste à s&#8217;apercevoir de temps à autre, ou encore, du bout des lèvres, pousser un soupir de politesse résignée : excuse pour ne pas croire être seuls en vie. Car comme bon nombre d&#8217;occidentaux citadins, tu survis dans un monde le plus petit possible : frigo, table, canapé, médias qui apportent l&#8217;illusion d&#8217;être relié à on ne sait trop quoi, écrits qui donnent l&#8217;impression de dialoguer avec quelques esprits, musique qui fait vibrer des parties d&#8217;un corps trop solitaire. Dans ton cas il s&#8217;agit principalement de rock, sur lequel tu chantes faux à tue-tête et qui te fait parfois t&#8217;agiter tel un animal &#8211; certains appellent ça danser &#8211; ou même cogner dans les murs : mais rien de grave, les primates aussi se heurtent aux barreaux de leurs cages.</p>
<p>Pourtant, l&#8217;enfer à demeure n&#8217;est rien quand c&#8217;est un enfer auquel on est habitué, un enfer qu&#8217;on s&#8217;est construit. Choisir sa forme de masochisme pour acquérir un visage, choisir son type de souffrance pour permettre au cerveau de naître : un nom qui s&#8217;enfante dans la douleur aujourd&#8217;hui évite d&#8217;avoir à outrer son rire plus tard. Sois riche de ta propre fausse-monnaie, amour : tu n&#8217;auras jamais à solder, en un marché de dupes, ton dû.</p>
<p>Et la limite dure, malgré l&#8217;univers humain.</p>
<p>Personne ici pour te faire rendre comptes au vu de l&#8217;oecumène, pas de faux semblant-sourires, existence mondaine où nos doublons dans les glaces sont copie conforme de l&#8217;oppressant regard des autres : ce dernier, police de la pensée, auquel on doit d&#8217;apprendre à s&#8217;évaluer, première réplique subjective que nous intégrerons pour, ensuite idem, déformer la vision de nous-même. Ici, pas non plus cette tentation en retour &#8211; le regard porté sur les autres &#8211; d&#8217;examiner les environnement-images, objectif avide de photos d&#8217;identité sur lesquelles nous projetons notre dictature intime de spectateurs : exemples à récupérer, à dupliquer, à suivre pour mieux désintégrer sa propre unité, une fois ensevelie sous tous ces fac-similés. Car hors, l&#8217;appréciation ininterrompue est à double sens, l&#8217;estimation réciproque se reproduit à l&#8217;infini : juger et être jugé, façon d&#8217;être fait social ; nos globes nous présumant tels des jurés, sentence du voyeurisme à perpétuité.</p>
<p>Personne dehors pour se rattraper si on tombe, où l&#8217;extermination de l&#8217;unité est bonheur : là une dissociation latérale s&#8217;opère, entre extérieur et ignorance de l&#8217;intérieur. Au contraire, il s&#8217;agit de se tenir droit sur le sentier de l&#8217;identité mais, déséquilibré par l&#8217;impatience de courir, de tomber dans le buis<br />
son des clichés du monde, d&#8217;y cueillir quelques baies amères tel un enfant vorace qui s&#8217;oublie par et dans son ventre, pour ensuite prendre comme cannes de fragiles branches qui soutiennent le soi réinventé, enfin se remettre debout. Dehors, rencontrer d&#8217;autres boiteux à la croisée des chemins, subir ce fait qu&#8217;ils te voient arriver de loin : souffrir qu&#8217;ils jaugent ton individualité, ce fruit sauvage, à l&#8217;aune de leur appétit ; s&#8217;accomplir à tailler tes béquilles suivant leurs remarques, leurs invites et leurs envies ; repartir avec leur empreinte en l&#8217;esprit : en effet, rencontrer tes semblables, &#8211; ici, heureusement, personne d&#8217;autre que ta personne. Qui d&#8217;ailleurs s&#8217;est laisser aller à se délasser, comme chaque soir : une routine de plus pour toi, ou ton vice-versa, ce mensonge d&#8217;interverti-e-s.</p>
<p>Alors justement, miroir ? Tu en approches, lentement. Tu le fixes, longuement. Jusqu&#8217;à ne plus savoir qui est tu : ne plus voir que ce mirage autre, écho d&#8217;un corps, viande humaine dévoilée, parties de peau où d&#8217;inconnus muscles se tendent, contracté nerf en myriade des possibles encore qu&#8217;une veine pulsatile et l&#8217;os saillant s&#8217;agitent … Après, des mains. Un objet s&#8217;avance, menaçant de lumière : reflet furieux, il parcourt son sillon, suivant l&#8217;épiderme, agitée toison érectile ; suffocation sensation, à mesure où la menace se précise, en mesure qu&#8217;un point névralgique est pressé.</p>
<p>Puis les images se tordent. Alors l&#8217;objet pénètre dans son orifice, s&#8217;insère : une vis ; vît cherchant sa voie, chair s&#8217;écarte, empale net. L&#8217;entrée est achevée, donc tu remontes, perception de soulagement mais d&#8217;un vide, la friction à l&#8217;intérieur crée le manque, crée l&#8217;invite. Tu vas jusqu&#8217;au bout pour que cela s&#8217;abîme de ton intimité, pour que celle-ci s&#8217;inspire de sa forme, longue oblongue. Et : tu redescends, plus vite, plus brutal, semant ; doux dans ton entraille, qui se ment mais s&#8217;ouvre : ça s&#8217;évente, muqueuse vrombissante. Ruisselante. D&#8217;ouverture caresse, tendre confesse. Puis tu t&#8217;élèves, puis tu t&#8217;effondres, tu te manques, tu te sondes : puît. Et là, moment, le mouvement devient pulsation, rythme anamorphique d&#8217;une barre-centre, ton ventre s&#8217;égare jusqu&#8217;au crâne : vanne à l&#8217;entour, encéphale s&#8217;énamoure, corps aller-retour. Fait tendreté, peau subjuguée, la chaleur s&#8217;en répand jusqu&#8217;au sang. Tu atteins, enfin, cette seconde attendue ; n&#8217;est plus qu&#8217;un flux et choses qui remuent : soudaine éternité, gémir dans l&#8217;affolé, cri s&#8217;est vidé. Comme les humeurs (qui) se répandent, en cet instant T. Solitaire certes, or illumination ; or placardé dans ton interne immensité : jamais n&#8217;en finir de parfaire l&#8217;oubli du soi réinventé dans les organes, revenir en l&#8217;être via cette raffinée essence ; visage du cerveau contentement &#8211; paix apaisement &#8211; joie alanguissement.</p>
<p>Malgré l&#8217;univers, amour, la limite humaine dure.</p>
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		<title>Dans la même barque &#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Feb 2004 13:35:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FemaleClown</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[À force de faire les cons, nos gouvernements nous embarquent dans une spirale dangereuse dans les rapports de l'orient avec l'occident.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En lisant le blogger de Bagdhad je me suis rendue compte que ce garcon, de tradition musulmane  mais non religieux, devient de plus en plus fière de ses coutumes. Il les considère avec un certain recul, aimant ceci ( sa bouffe), detestant cela ( les barbus), ne méprisant rien. Il a même accepté froidement la présence américaine comme pis aller, afin de se débarrasser de Saddam.<br />
De là bas il critique tout avec discernement, et parfois, il nous renvoie en pleine gueule nos faiblesses et notre &laquo;&nbsp;vide&nbsp;&raquo; culturelle.<br />
Vous voulez un exemple de vide culturelle ? La télé.<br />
Je crois que ce blogger représente bien une certaine jeunesse arabe, qui, sans être d&#8217;accord avec le terrorisme, y voit quand même une cause juste.<br />
La défense d&#8217;une identité et la dignité retrouvée. J&#8217;en viens à me demander s&#8217;ils (les arabes) ne sont pas carrément nostalgiques du temps où l&#8217;occident les craignaient, non pas à cause des bombes mais à cause de leur vitalité érudite et guerrière en tant que peuples etc&#8230; </p>
<p>C&#8217;est ce qu&#8217;on pourrait croire dans un premier temps.<br />
Je percois cependant autre chose.<br />
Ces sentiments sont revisités. Certes il y a ici et il y a là-bas&#8230; Mais le &laquo;&nbsp;modernisme&nbsp;&raquo; est passé partout. Modernisme sous forme de fanatisme religieux, ou  modernisme sous forme de Coca-Cola.<br />
Par delà la religion, les filles,  ici en France se raccrochent à leur foulard pour marquer une différence politico-culturelle ; ce n&#8217;est pas aggressif, c&#8217;est hautain. Mais c&#8217;est surout une recherche d&#8217;identité.  Arrêtons de dire que cela brime ces femmes, laissons les juger par elles-mêmes, face à leur propre histoire. Il n&#8217;eut pas fallu faire une loi contre cela. Je croyais que la laicité était l&#8217;affaire de ceux qui enseignent et non pas l&#8217;affaire de ceux qui veulent apprendre. Et c&#8217;est par l&#8217;enseignement, si tant est que nous avons des choses à enseigner, que les choix culturelles se feront librement. À l&#8217;époque de Jules ferry, il n&#8217;y avait pas des millions de musulmans en France, il faut raisonner autrement.</p>
<p>Notre société ne combattra pas l&#8217;intensité de vie à coup de repression. Tout comme les Israêliens ne viendront pas à bout des Palestiniens en érigeant un mur (et je précise que je ne suis pas anti-sémite, ni même anti-israelien mais je suis contre la politique de Sharon).<br />
Le vainqueur sera celui qui démontrera que sa vie est la plus intense.</p>
<p>Maintenant là où les arabes peuvent se tromper c&#8217;est que l&#8217;intensité de vie ne se mesure pas non plus en nombre de kamikhazes. C&#8217;est l&#8217;erreur symétrique de l&#8217;occident qui pense que l&#8217;intensité de vie accroitrera si on se protège plus. La surprotection est une autre forme de terreur.<br />
Mais où est le débat ? Qui parle vraîment ? Qui avec qui ? Les questions de guerres et de paix sont décidés par des fous, manipulateurs de masses de consommateurs hystériques.<br />
Et les médias ne rapportent que leurs ragots.<br />
Mais je reprends.<br />
Des données modernes et archéiques existent dans toutes les sociétés. Cependant nous nous apprécions nous mêmes avec des valeurs actuelles et nous apprécions nos voisins avec des valeurs passéistes. C&#8217;est ce que font les américains avec leur réflexion sur la vieille Europe et leur sentiment que le reste du monde vit au moyen-âge. C&#8217;est ce que nous faisons avec les arabes.<br />
Un bon exemple pour comprendre que c&#8217;est beaucoup plus complexe que cela.<br />
Je vis à la campagne et je peux vous dire que toutes les bonnes femmes (alsaciennes et protestantes dans mon village) ont un foulard sur la tête. Un foulard bleu.</p>
<p>Autre chose :<br />
Les gitans en France (nos indiens) sont considérés maintenant comme un groupe ethnique dont il faut respecter les traditions. Mais eux n&#8217;ont pas besoin de nous pour respecter leur traditions, ils le font eux-mêmes. Et trés souvent leurs coutumes sont affreuses pour l<br />
es femmes, mais elles y trouvent encore leur compte. Elles ne troqueraient jamais leur place avec une femme qui travaille dans un bureau. Et elles chantent et elles dansent et elles vivent leur vie intensément et on admire tout cela. Mais moi non plus je ne troquerais jamais ma place avec la leur. D&#8217;aprés ma propre histoire, elles ont une vie humiliante. D&#8217;ailleurs je ne les respecte ni plus ni moins que d&#8217;autres. Je ne suis pas en admiration devant leur éthnie. </p>
<p>Les femmes arabes portent le voile, mais la danse du ventre est arabe aussi&#8230; alors ?</p>
<p>Sommes nous donc si incapables d&#8217;embrasser les différences ? Sommes nous si fragiles ? </p>
<p>Pour en revenir au blogger&#8230; Il a été trés choqué par le débat sur le voile en France. Il trouve le voile con, mais il aimerait que ce fut sa propre société qui s&#8217;en débarrasse.</p>
<p>Le jour où on comprendra qu&#8217;on est tous dans la même barque, ca ira mieux.</p>
<p><a href="http://dear_raed.blogspot.com/">where&#8217;s Raed </a></p>
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		<title>Le paysage mélodique</title>
		<link>http://libragora.net/2003/05/le-paysage-melodique/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 May 2003 01:15:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FemaleClown</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[
En entendant parler des gens du Jura, j’ai été étonnée par la musique de leurs mots. À quelques kilomètres de distance, les accents régionaux résonnent si différemment qu’on pourrait les prendre pour des mises en garde : 
«Attention ici vous êtes ailleurs ! Ici on fait la la laaa, et pas tralalila.»
Mais que sont ces accents ... ? ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque les dialectes subsistent, on n’y prête pas attention. On ne se dit pas : tiens, il a un drôle d’accent celui-là ! On pense tout simplement qu’il parle une langue qui nous est inconnue.<br />
En revanche ça se remarque chez les plus jeunes qui ont abandonné les dialectes et qui conservent un accent régional. D’où la surprise de comprendre ce qui nous est étranger.<br />
Telle une chanson traduite en français à partir de paroles originales, locales et immédiates &#8230;<br />
Au-delà de proférer des banalités folkloriques comme quoi les accents sont la couleur des régions etc etc &#8230; Qu’est ce que ça nous dit vraiment ?</p>
<p>Les personnes qui parlent «pareil» s’appartiennent les unes aux autres. Et le découpage administratif ne tient pas compte de ces familles musicales, pourtant facilement identifiables.<br />
J’adorerais pouvoir enregistrer ces mélodies, en un tour de France des accents.<br />
On s’apercevrait alors comment les zones frontalières débordent, les harmonies se superposent avec les fins de phrases qui remontent, qui descendent, les R qui roulent, les voyelles qui s’allongent, les consonnes qui claquent.<br />
Plus on irait vers le sud plus la mélodie serait &#8230; comment ?<br />
Vers l’est, vers l’ouest, que se passe-t-il au niveau mélodique, où sont les transitions et pourquoi ?</p>
<p>J’y vois tout un champ de recherche.<br />
Car finalement, le mode musical du parler des régions, des quartiers mêmes, restent ancré à leur situation géographique. Un accent se perd lorsqu’un individu change d’endroit. Une génération suffit. À moins de se déplacer en tribu.<br />
À l&#8217;heure où certains nostalgiques cherchent à réactualiser l&#8217;enseignement des dialectes, ils ignorent l&#8217;importance naturelle du chant de leurs langages.<br />
L’histoire et la géographie s’unissent dans les accents.<br />
C&#8217;est pourtant le paysage mélodique de maintenant.<br />
Ne serait-ce pas une merveilleuse discipline ? Une matière intéressante pour les enfants des écoles ?<br />
Du moins une approche nouvelle de l’étude d’un pays ?</p>
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		<title>SYNONYMES</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Oct 2002 12:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>PrivateJoker</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

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		<description><![CDATA[[Note du Modérateur : pour plus de plaisir et moins de gêne, sachez que l'oeuvre suivante est pleine d'intérêt... mais que son thème la réserve à un public averti, selon la législation de notre beau pays, pour cause de sexualité explicite.]

(voici le fruit heureux de la collaboration entre la P.R.I.V.A.T.E.J.O.K.E.R.T.E.A.M. et l'artiste graphiste et libertine <b>KOUPAVA</b>, guest-star du <a href="http://www.art-porno.fr.st/">Collectif Art-Porno</a> )
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8230; Et donc la porte se referme et te rejette dans la rue. </p>
<p>Ton esprit renoue avec le vacarme de la ville quand dans ta poitrine affluent les effluves d&#8217;hydrocarbures. Tes pieds cherchent un chemin vers d&#8217;hypothétiques lendemains, tandis que chaque nerf de ta chair garde la trace de son initiation nocturne. Tu retrouves le plan présent pendant, une à une, que tes synapses se désinhibent. </p>
<p>Tu erres sans but et sans lui, pourtant tu te souviens : de la sueur, du sang, du sperme et puis des larmes. Alors aussi des caresses d&#8217;une extrême douceur, une odeur, un goût, des sensations jusque-là inconnues. Et ce suave renoncement, cette jouissance fœtale, animale : ses mains caressant tes fesses avec son sexe enflammant tes reins… Muqueuses affolées.</p>
<p>Une bouffée de chaleur, des tremblements ; tes yeux sont agités où son souvenir te poursuit toujours : en chaque silhouette masculine, en chaque bosse sous un jean, en chaque barbe de trois jours. Infinie avalanche de bas du dos virils en regards accrocheurs ou de peau en pilosité, qui te fait le remémorer.</p>
<p>Plus le temps passe et plus tu penses au monde qu&#8217;il a laissé se déverser en toi, une asphyxie musicale : rythmes pulsés dans ton antre, accords plaqués dans ton crâne, ton corps au diapason… Plus le temps passe et plus tu penses à lui, à ce qu&#8217;il t&#8217;a fait, à ce qu&#8217;il aimerait faire, et à ce qu&#8217;il re-fera quand tu le laisseras faire.</p>
<p>Car son sexe se tendra, tendre renouveau,<br />
Tes intimités s&#8217;offriront de nouveau,<br />
Ta bouche l&#8217;accueillera à nouveau, et enfin se répandront vos flots.</p>
<p>En ce lit de vos envies, en l&#8217;unisson qui vous ravit : dans vos cris et sans un mot…</p>
<p><a href="http://www.artporno.org/"><img src="http://www.libragora.net/modules/xcgal/albums/CoupDeCoeur/normal_synonymes.jpg"><br />
</a></p>
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