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		<title>L&#8217;angoisse numéro 2 vient de paraître</title>
		<link>http://libragora.net/2010/02/angoisse-numero-2-vient-de-paraitre/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 11:53:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>konsstrukt</dc:creator>
				<category><![CDATA[A coté]]></category>
		<category><![CDATA[délire]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>L’ANGOISSE BAISE SANS CAPOTE !</strong>
le numéro deux de la revue l’angoisse vient de paraître !
plus gros ! plus fort ! plus long !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>cliquer ici pour découvrir le sommaire et télécharger gratuitement la revue :<br />
<a href="http://www.revueangoisse.blogspot.com">http://www.revueangoisse.blogspot.com</a></p>
<p><strong>Dans ce numéro, des textes, images, musiques, vidéos de :</strong></p>
<p>ANDROVIRUS – ANDY VEROL – ANNE TRANCHAND – BENJAMIN MONTI – BORIS CRACK – CAMILLE PHILIBERT – CHRISTOPHE SIEBERT – DAVE 2000 – FLORIAN TOMASINI – ISABELLE SOJFER – JAURIS VALMERT – JEAN-MARC RENAULT – JOEL MAS – JR – KIOSAKU – MAMADOU LOVE – MARLENE TISSOT – MERYL MARCHETTI – MORPHEE – PASCAL BOULANGER – PIERRE LE PILLOUER – REGIS BELLOEIL – REMO – SOOMIZ – THE OTHER COLORS – THOMAS VINAU – TST – VINCENT VUONG</p>
<p><strong>ET D’AUTRE PART, une petite annonce :</strong></p>
<blockquote><p>je suis invité à lire mes insanités vers millau le 26 février et vers avignon le 3 avril. je ne suis pas défrayé, je n’ai pas de voiture et je n’ai plus un thune. je cherche donc des bonnes âmes qui seraient prêtes à me convoyer à ces deux soirées, et à me ramener à bon porc évidemment.<br />
les trajets en questions seraient donc les suivants :<br />
26 février : bordeaux ou environs – montpellier (retour le lendemain)<br />
3 avril : bordeaux ou environs – montpellier ou avignon, con (retour le lendemain)<br />
je n’aurais donc pas trop de thunes pour participer à l’essence, mais en revanche, sur place, vous serez traités comme des artistes (picole à volonté, couchage sur place sur un matelas de fourmis rouges, filles dénudées qui dansent, merguez végétariennes etc., ah c’est beau la vie de bohème).<br />
d’avance, merci.</p>
<p><em>pour me contacter : konsstrukt@hotmail.com</em></p></blockquote>
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		<title>Les Nanotechnologies : danger pour les libertés démocratiques ?</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 05:30:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>escape</dc:creator>
				<category><![CDATA[High Tech]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[moderne]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>

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		<description><![CDATA["En attendant la cybernétique, les flics".   C'était un des slogans de Mai 68, et j'avais même provoqué l'hilarité d'une salle comble d'invités à un colloque en la rappelant, tant il est évident que je n'étais pas né à l'époque de Mai 68...  Mais passons.  De quoi est-il question ici ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui va suivre est une entreprise originale de &laquo;&nbsp;reportage scientifique&nbsp;&raquo;.   Pour que ce soit plus prenant, cela prendra vraiment la forme d&#8217;un reportage, EN TEMPS RÉEL&#8230;  Je veux dire par là que je vais partir du peu qui est à ma disposition, à savoir les connaissances que j&#8217;ai acquises au cours de mon éducation scientifique, et de la lecture d&#8217;articles ne parlant PAS des nanotechnologies&#8230;  Ce sera l&#8217;étape zéro de mon discours.  Je publierai un premier article, CET ARTICLE, en me basant sur ces connaissances.</p>
<p>Puis, j&#8217;effectuerai des recherches par les outils que vous connaissez, et j&#8217;acquérais les connaissances qu&#8217;il est loisible au citoyen d&#8217;acquérir.  Ce sera l&#8217;étape un.   Je répercuterai le nouvel état de mon appréhension du sujet dans un nouvel article. Il y aura sans doute une étape DEUX, peut-être une TROIS, etc.</p>
<p>Le but est de vous montrer comment l&#8217;appréhension du topic change avec le degré d&#8217;information auquel on a accès. Le but est aussi de vous mettre en garde contre les procédés de manipulation et de prose dilatoire à l&#8217;oeuvre dans les topics sensibles&#8230;  En effet, il est bien évident, (et même déjà à l&#8217;époque du cheval de Troie ou d&#8217;Hiroshima) que le degré atteint dans une technologie au niveau secret dépasse (souvent de loin) celui affiché publiquement. Ce n&#8217;est pas forcément une mauvaise chose, du reste. Mais la conséquence, en ce qui concerne une technologie qui, de par sa nature propre, met fondamentalement en jeu les libertés démocratiques (c&#8217;est ma thèse en ce qui concerne les nanotechs), c&#8217;est qu&#8217;on ne peut plus se fier au seul discours officieux ou médiatique sur l&#8217;objet en question, et qu&#8217;on doit faire &laquo;&nbsp;FEU DE TOUTE CONNAISSANCE&nbsp;&raquo;, en usant de tout ce qu&#8217;on sait dans les domaines connexes.</p>
<p><strong>Alors voilà.  Par quoi commencer ?</strong></p>
<p>Par ce qui est presque une définition (étant donné que je me place à l&#8217;étape zéro): les nanotechnologies sont les technologies qui concernent des <em>utils</em> dont la dimension caractéristique est très inférieure à l&#8217;échelle humaine. Je rappelle que je me situe à l&#8217;étape ZERO.   Il s&#8217;agit de rendre &laquo;&nbsp;PROGRAMMABLE&nbsp;&raquo; cette matière.</p>
<p>Immédiatement, avec ce que j&#8217;ai appris à l&#8217;école et lu dans les journaux scientifiques, je vois quatre types de directions d&#8217;applications.</p>
<p>1°) manipulation de capillarité ou de qualité hydrodynamique<br />
2°) manipulation de percolation<br />
3°) potentiels asymétriques et mouvements browniens<br />
4°) régulation biochimique</p>
<p>Allons-y, toujours au niveau zéro, celui de mon &laquo;&nbsp;BON SENS&nbsp;&raquo; non renseigné :</p>
<p>1°) Manipulation de capillarité ou de qualité hydrodynamique</p>
<p>Vous disposez des agents dans une solution pour qu&#8217;elle ne glisse pas, ou qu&#8217;elle ne mouille pas, ou au contraire pour qu&#8217;elle glisse ou qu&#8217;elle mouille. Par exemple des nanoparticules qui font qu&#8217;une feuille flotte sur l&#8217;eau (vous copiez la chimie du nénuphar), ou bien encore des nanoparticules de cuivre dans votre cappuccino pour pas que ça fasse des grumeaux quand vous versez l&#8217;eau bouillante sur la poudre (véridique : et en plus, mauvais a priori pour la santé.  Mais qui s&#8217;en soucie ?).</p>
<p>2°) Manipulation de percolation</p>
<p>Soit un bloc de gruyère cubique, constitué de X % de trou et (100 &#8211; X) % de plein. On constate que si X est au-dessus d&#8217;une certaine valeur seuil, alors on peut faire passer un filet d&#8217;eau de part en part du gruyère dans presque tous les cas, tandis que si X est en-dessous de cette valeur, l&#8217;eau est stoppée par le bloc de gruyère. Cette valeur du seuil est une constante universelle, au même titre que le nombre PI, mais à la différence près qu&#8217;on ne connaît pas aujourd&#8217;hui de formule permettant de la calculer. Le phénomène par quoi la qualité &laquo;&nbsp;PASSE&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;NE PASSE PAS&nbsp;&raquo; du bloc de gruyère EMERGE de l&#8217;ensemble des TROUS / NON-TROUS s&#8217;appelle PERCOLATION.</p>
<p>Avec la percolation, on peut faire en sorte qu&#8217;il y ait un calcul très rapide d&#8217;un ensemble de petits phénomènes locaux pour donner UN SEUL phénomène global.</p>
<p>Exemple, en utilisant le 1°) HYDRODYNAMIQUE et le 2°) PERCOLATION. Vous utilisez 1°) pour répandre un agent sur le tissu d&#8217;un vêtement qui détecte une nanotache de sueur&#8230;  et vous utilisez 2°) pour collecter toutes les nanoimpressions sur le vêtement, afin que le tissu, de blanc qu&#8217;il était, devienne noir au cas où la personne sue vraiment un peu.</p>
<p>Résultat: vous venez de créer une sorte de détecteur de mensonge (ou, en tout cas, de sueur), et cela, sans que l&#8217;intéressé puisse RIEN faire pour échapper à la loi du nano&#8230;</p>
<p>Je continue.</p>
<p>3°) Potentiels asymétriques et mouvements browniens</p>
<p>Je ne rentre pas dans les détails, mais en combinant ces deux aspects vous pouvez créer des petits moteurs à l&#8217;échelle moléculaire. Le truc a été découvert en observant de près des biomécanismes. Il faut savoir qu&#8217;on sait déjà fabriquer des molécules qui enserrent une autre molécule comme une cage qui enserre un trésor (et qui peut s&#8217;ouvrir) ou des ensembles qui sont de minuscules engrenages (mais pas au niveau moléculaire il est vrai (d&#8217;ailleurs ça n&#8217;y aurait pas de sens)). Le niveau RÉELLEMENT ATTEINT doit être plus élevé que ce qu&#8217;on en dit dans les médias. Les nanotechnologies que je mentionne ici étaient déjà acquises en 1998&#8230;</p>
<p>4°) Régulation biochimique</p>
<p>Là vous pouvez utiliser des nano-agents pour intervenir sur la chimie d&#8217;une cellule (c&#8217;est déjà ce que font tous les nano-agents, et ce, bien qu&#8217;ils ne franchissent pas les barrières cellulaires !)&#8230;   Vous pouvez aussi créer des puces minuscules (comme la fameuse dont les &laquo;&nbsp;conspirationnistes&nbsp;&raquo;  parlent) qui peuvent délivrer un agent biochimique létal dans le corps du pucé si la puce est &laquo;&nbsp;activée&nbsp;&raquo;.   Et contre cela, vous ne pouvez RIEN (j&#8217;entends dire : à partir du moment où vous vous laissez pucer, vous êtes cuit).</p>
<p>Voilà. C&#8217;était mon aperçu avec &laquo;&nbsp;MA BITE ET MON COUTEAU&nbsp;&raquo;, le niveau ZERO. Je vais maintenant effectuer quelques recherches sur le Web pour tâcher de voir si cet aperçu cadre avec ce qu&#8217;on nous énonce (et avec ce qu&#8217;on ne nous énonce pas), pour le confronter à la réalité (postulée ou supposée), et à l&#8217;opinion. A bientôt, dans deux semaines.</p>
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		<title>LE TAROT, UNE LECTURE AU PRÉSENT</title>
		<link>http://libragora.net/2010/02/le-tarot-une-lecture-au-present/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 21:29:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>HumanBeing</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mon quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[jeux]]></category>
		<category><![CDATA[mythe]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>"Une erreur fondamentale réside dans la croyance que le Tarot sert à prédire l'avenir" </em>
<strong>Alexandro Jodorowsky</strong>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-full wp-image-2825 alignright" src="http://libragora.net/wp-content/uploads/2010/02/a0_conver_b_h335.jpg" alt="" width="178" height="335" />Cela faisait des années que je ne touchais plus au Tarot de Marseille, que je l&#8217;avais écarté – définitivement, croyais-je – de ma vie.</p>
<p>Initié dans l&#8217;adolescence par une grand-tante aussi illuminée que fascinante, illuminé je le suis moi-même devenu, du fait d&#8217;abord de cette maladie mentale avérée quoique non encore diagnostiquée à l&#8217;époque, puis du fait bien entendu de mes nouvelles croyances. Sans parler des drogues, de toutes ces drogues qui vous donnent l&#8217;illusion d&#8217;être ce que vous n&#8217;êtes que dans vos plus profonds fantasmes.</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup pratiqué vers la fin des années 90. Au milieu de soirées enfumées, ou dans les cafés, c&#8217;était l&#8217;époque de l&#8217;épate, de l&#8217;égo qui se flatte comme il peut. L&#8217;époque de la cartomancie de foire. Je surfais sur la crête de l&#8217;effet Barnum, la maladie dont je souffre me conférant &#8211; c&#8217;est son seul intérêt &#8211; une certaine acuité dans le domaine de la psychologie humaine, notamment dans les phases hypomaniaques aiguës. Je parvenais à amener le consultant à dire de lui-même ce qu&#8217;il croyait entendre par ma bouche. La lecture froide n&#8217;avait aucun secret pour moi. Les cartes étaient devenues un instrument de pouvoir. Ma seule rétribution résidait dans le regard surpris et fasciné d&#8217;autrui. Je croyais moi-même, étant malade et en permanence imbibé de divers produits, que j&#8217;étais un véritable voyant. J&#8217;avais acquis une certaine réputation dont je profitais et abusais allègrement – surtout avec les filles. Mon physique ingrat ne me permettait pas de les séduire autrement que par la manipulation mentale.</p>
<p>Le revers est que je devins peu à peu dans certains milieux – parce que je l&#8217;avais largement cherché et cultivé – une pure attraction de salon. Je m&#8217;éloignais de plus en plus de ce que ma tante, décédée dans ces années-là, m&#8217;avais transmis. Elle n&#8217;aurait pas aimé que j&#8217;utilise le Tarot de cette manière. Elle m&#8217;aurait renié et j&#8217;avais honte de moi, de cette trahison dont j&#8217;étais l&#8217;auteur. Cela coïncida avec les premières hospitalisations, et avec mon mariage. En clinique, en hôpital psychiatrique, je continuai néanmoins à faire des tirages, ce qui me valut systématiquement les foudres des médecins et des infirmiers, m&#8217;accusant de déstabiliser les autres malades alors que j&#8217;étais sans doute le plus malade et le plus déstabilisé de tous. J&#8217;en vins à faire le serment que plus jamais je ne tirerais les cartes car elles constituaient un danger avant tout pour mon propre équilibre. Je dus me recentrer sur la thérapie, sur les traitements, sur l&#8217;hygiène de vie, la désintoxication, toutes ces choses qui permettent de se soigner à défaut de guérir.</p>
<p>Des années s&#8217;écoulèrent pendant lesquelles je cessai toute pratique de la cartomancie. Jusqu&#8217;au jour où, récemment, voyant qu&#8217;une amie cherchait des réponses qu&#8217;elle ne trouvait pas, je lui proposai de lui faire une lecture du Tarot. Pour la première fois, je sentais que c&#8217;était uniquement pour l&#8217;aider, et non pour me mettre en valeur. Je sentais qu&#8217;elle avait besoin de réponses au présent, qu&#8217;elle doutait, qu&#8217;elle voulait de l&#8217;aide maintenant pour maintenant. Ainsi, je brisai mon premier serment, tout en en faisant un autre : celui de ne plus jamais tenter de prédire l&#8217;avenir. Je connaissais la Loi de Murphy et je savais que le fait de prédire des catastrophes les faisait inévitablement arriver. Je savais que pour tout le positif que je prédirais, seul le peu de négatif se produirait effectivement, par une sorte d&#8217;effet pervers lié à l&#8217;autosuggestion et à l&#8217;auto-conditionnement. Je savais que les consultants ne retenaient que cela, comme on ne retient en général que les trains qui arrivent en retard et non ceux qui arrivent à l&#8217;heure.</p>
<p>La redécouverte de Jodorowski me conforta dans cette nouvelle optique. Celle d&#8217;une lecture au présent qui n&#8217;entrave pas, par des prédictions stupides, le libre-arbitre du consultant. Peu à peu, donc, je m&#8217;éloignai de la prétendue voyance et de la manipulation délibérée et cynique pour entrer dans une pratique désintéressée et « philanthropique » de la tarologie, disons d&#8217;une branche de la tarologie que l&#8217;on appelle psychotarologie. Les cartes amènent un dialogue qui permet une sorte de thérapie forcément sauvage puisque je n&#8217;ai aucune qualification de psychologue, mais toujours le même sens de l&#8217;écoute intuitive et la psychologie. Les cartes n&#8217;ont plus aucun sens précis, plus aucune signification arrêtée ou figée. Elles disent ce qu&#8217;elles veulent et à moi d&#8217;approcher par leur biais la réalité des consultants. Elles deviennent un levier pour soulever leurs blocages, un moyen pour eux de faire le point, et de prendre conscience de leurs propres ressources et de leurs propres faiblesses afin de préparer l&#8217;avenir de la meilleure manière qui soit. L&#8217;avenir commence désormais après la lecture, avec de nouveaux outils de connaissance, et non pendant. Le pire ne peut arriver qu&#8217;en dehors de ce qui se passe ici et maintenant.</p>
<p>Je crois que c&#8217;est la meilleure manière d&#8217;honorer la mémoire de cette tante disparue, de donner un sens à ce qu&#8217;elle a voulu me transmettre car elle croyait en moi. J&#8217;ai dévié du chemin par vanité, par égocentrisme, par égoïsme, et je crois m&#8217;être racheté.  Je dois maintenant poursuivre ma pratique gratuitement, sans chercher à en tirer pour moi-même un quelconque bénéfice, ni primaire, ni secondaire.</p>
<p>Je ne peux plus faire machine arrière.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>New bottle, old wines</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 18:57:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NouNours</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[pensée]]></category>

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		<description><![CDATA[Si ce n'est pas déjà fait, avant de commencer ce texte, lisez « Avant-propos nouveaux » d'Émile (Ze Doc). « New bottle, old wines » en est directement inspiré.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Doc, c’est un plaisir de te revoir sur le nouveau Libragora. Toi qui te faisais trop rare sur l’ancien, tu es le premier à étrenner la Une de notre site tout nouveau tout beau. J’espère que cela inaugure une ère où Émile sera beaucoup plus présent. Tu nous manques. « Nous » ? Oui il y a au moins moi et Glo/Glo, et tous ceux qui sont trop timides pour te dire qu’ils t’aiment ! Sans compter ceux qui ne veulent pas que tu saches/crois qu’ils sont pd (les timides !), et celles qui s’évanouissent systématiquement à chaque fois qu’elles veulent t’écrire où te commenter ! Donc, ça fait « nous » (!), indubitablement, et je te confirme que je parle rarement de moi à la première personne du pluriel. </p>
<p>Comme vous l’avez tous con pris, mon titre fait référence symétriquement à l’album de Ray Anderson, « Old Bottles, New Wine », le meilleur album (lisez « celui que je préfère ») de ce tromboniste de Jazz si rares. Je mets un « s » car je pense alors à Anderson lui-même et bien sûr à son instrument privilégié (non mesdames, nous ne parlons pas du même…), le trombone (mot dérivé de l’italien et qui signifie grande trompette (*)), vraiment beaucoup trop rare dans la musique, même considérée dans sa globalité. On me souffle (!?) que les harmonies (municipales ?) font largement usage de cet instrument. C’est ma foi vrai. Que les harmonies ne m’en veuillent !</p>
<p>Je ne pouvais pas intervenir pour la première fois sur la plus récente création (créature ?) du divin Bertrand, sans le remercier abondamment et déposer mes offrandes les plus délectables à ses pieds si parfaitement exquis et qui sentent si bon (les dieux y sont comme ça !). Bertrand, il est bô tout plein Libragora, et en première exclusivité mondiale, en 3D si on le voulait, qui exploserait celle d’Avatar les doigts dans le nez, avec des « a » qui ressemblent (presque (**)) à des « a », il est trop bô le logo (merci nano) ! À nous relire dans ce si bel écrin, je trouve les mots des libragoriens, et même les miens, encore plusss mieux (***) : c’est le grand panard.</p>
<p>A new bottle, un nouvel écrin, si si Bertrand, pour zi old wines, les vieux cons que nous sommes tous : sept ans et plus (les années de « Monde de Merde ») pour pas mal d’entre-vous, et moins pour d’autres mais avec des années qui comptent double ou triple et même plus pour la plupart des uns et des autres, et je pense au hasard à Lust/HB, à ‘Nours/nano, à Incubus/Inkie, à Ogrou/Surfiste, à Glo/Glo aussi dont l’amour donne des ailes d’un optimisme nécessaire à sa plume d&#8217;oie.</p>
<p>Si nous sommes zi old wines, alors nos écrits couchés ici sur Libragora, seraient donc l’esprit du vin, cette part des anges qui effectivement nous monte très facilement à la tête comme nous avons pu le vérifier et plutôt plusieurs fois qu’une ces dernières années. Gageons qu’au moins ici et maintenant, la raison l’entendement et le discernement arriveront tous gagnants. On peut rêver, non ? </p>
<p>J’aime bien ton texte Doc. J’aime tous tes textes. Pourquoi ? Je ne suis pas sûr que ma compréhension soit exhaustive, mais il est certain que j’aime tes textes car ils m’emmènent ailleurs, qui plus est, un ailleurs toujours différent. Pour te donner un exemple d&#8217;ailleurs pas très significatif mais qu&#8217;importe, nous, les français, nous visitons des parcs naturels plutôt que des parcs fauniques. Cet adjectif utilisé à partit du 19ème, donc très récemment, est peu usité en France, et jamais accolé à parc. Personnellement, je préfère la qualification française de parc « naturel », qui inclut de fait toute la nature y compris donc la faune, la flore et le paysage. Doc, tu comprendras donc (peut-être ?), que « parc faunique » m&#8217;emmène illico presto dans le Canada imaginaire de la Nature faut nique et&#8230;   </p>
<p>J’ai quelques questions : </p>
<p>==&gt; « en tempête de l’autre côté de [ta] fenêtre », vois-tu également Libragora ? </p>
<p>==&gt; Le qualificatif « aversif » m’était inconnu, comme c’est le cas aussi, dans mes dictionnaires préférés; je voulais savoir s’il était couramment utilisé au Canada ?</p>
<p>==&gt; « bruir » en français de France s’écrit normalement « bruire » (faire un léger bruit), est-ce donc une faute de frappe ou le canadien a-t-il conservé une orthographe ancienne ? J’ai trouvé sur le Net, un « bruir » qui consiste à imbiber une étoffe de vapeur pour l’amollir. J’ai mis en note (****), un extrait du TLFI concernant l’aspect phonétique de « bruire », qui montre les changements de prononciation qui ont pu affecter les mots comme bruire, et qui nous parle des notions de synérèse et de diérèse sur lesquelles il faudra quand même un peu travailler avant de les avancer dans notre prochain diner en ville&#8230;</p>
<p>En guise de conclusion, je voudrais revenir sur ces parcs fauniques (ou naturels), pour dire combien je déteste, même si c&#8217;est la moins mauvaise « solution » (???), cette idée de parquer la Nature, qui (cette idée, que je ne peux m&#8217;empêcher de qualifier, de cons: une idée d&#8217;êtres humains, quoi !), procède directement de notre soi-disant supériorité (?) qui nous placerait en dehors (?) et largement au dessus (?) de notre mère Nature&#8230;<br />
En entrant dans le tout nouveau tout beau Libragora, je propose de laisser notre connerie au vestiaire&#8230;<br />
ça nous changera&#8230;<br />
peut-être ?<br />
mais c&#8217;est aussi ça l&#8217;optimisme !&gt;)</p>
<p>Bizoux<br />
‘Nours</p>
<p> (*) : Voir le TLFI : « Empr. à l&#8217;ital. trombone « grande trompette » (dep. 2e moit. XIVe s., SACCHETTI ds TOMM.-BELL.), dér., à l&#8217;aide du suff. augm. -one, de tromba (trombe*). Trombon « sorte de trompette », att. dep. 1573… » </p>
<p>(**) : Presque, en effet car en fait ils ressemblent étrangement à des « q », deux « q » pour être exact. Si on se souvient que c’est Inkie qui a démarré le sitting de protestation qui a abouti à ça, on ne s’étonnera pas plus que Libragora en la personne de son logo, soit devenu un site deux « q » !&gt;)</p>
<p>(***) : L’eusses-tu cru ?</p>
<p>(****) : Voir le TLFI.  : « 1. Forme phon. : [], (je) bruis []. Synérèse dans FÉR. 1768, FÉL. 1851 et dans les dict. mod.; diérèse dans LAND. 1834, LITTRÉ (avec la rem. : ,,Autrefois dans bruire, brui était monosyllabe; aujourd&#8217;hui, il est dissyllabe&laquo;&nbsp;) et DG (bru-ir; au XVIIe s. bruir). À ce sujet cf. MART. Comment prononce 1913, p. 197 : ,,Deux consonnes différentes quelconques suffisent généralement ici pour empêcher la synérèse, par exemple dans argu-er, sanctu-aire ou respectu-eux, et presque tous les mots en -ueux, aussi bien que dans obstru-er, conclu-ant, conclu-ons, flu-ide, bru-ine et dru-ide, où figurent les groupes connus, cl, br, etc. [...] Toutefois la diphtongue étymologique s&#8217;est maintenue, même en vers, malgré les mêmes consonnes, dans autrui, dans pluie et truie, dans bruit, fruit et truite, dans détruire, instruire et construire; elle s&#8217;est diérésée seulement dans bru-ire, bru-issant, bru-issement, qui sont plutôt des mots poétiques et même dans ébru-iter.&laquo;&nbsp; »</p>
<p>(Le titre auquel vous avez échappé : « trô bô l’eux l’eau gau », dixit nano)</p>
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		<title>Avant-Propos nouveaux</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 23:51:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emile</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[pensée]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>

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		<description><![CDATA[Je voulais d’abord dire quelque chose de mes aversions climatiques. Quoi, ne vit-on pas à une époque où le climat devient aversif?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, il a grêlé. Un interstice de pluie parmi l’hiver. Maintenant, le vent glacé se cogne fortement contre les fenêtres. Peut-être ce soir, elles se seront brisées.</p>
<p>Je suis assis dans ma chambre devant mon pupitre, je regarde par la fenêtre au dehors. Là, en ce moment, tout me semble violent, ça se déchaîne, ce qui ne me donne pas le goût de sortir puisque, chez-moi, il fait chaud et tout y est resté calme. Au dehors, le ciel s’est violacé dans la tempête, et les nuages se sont tous pelotonnés pour obscurcir le jour. Le sol, recouvert de la pluie froide qui miroite, givre.</p>
<p>Je pense au calme de l’intérieur de ma chambre qui me permet d’observer ce spectacle climatique en force. Une seule angoisse «espérons que les fenêtres sauront résister». Je la tais pour une niaiserie. Je n’écoute plus que le rugissement du vent. Il me vient à l’idée que ce climat est plus vrai que le dedans de ma chambre, si faussement vitré sur les frontières extérieures. Et pourtant, ici, je déploie une certaine quantité de ma personne. À contempler, j’ai cessé de voir que le bloc de charpente qu’est ma chambre résiste encore aux déluges climatiques et que je suis coupé du vent. Ma nature intérieure, incarnée en rayonnement sur les murs de ma chambre, m’accompagne dans le sentiment de ma protection. Ma chambre m’intimise en grande protectrice.</p>
<p>Il a grêlé aujourd’hui, mais cette averse est demeurée au dehors et ne m’a ni détrempée ni glacée les os. C’est la force de l’hiver entravée par celle de ma fenêtre.</p>
<p>Enfant, lorsqu’on nous emmenait, moi et mes camarades de classe, en promenade dans des parcs fauniques, on regardait les animaux de la faune protégés par les fenêtres de l’autobus. Ce souvenir rapproché à ma coïncidence d’aujourd’hui, où d’être juché sur la tempête me laisse maintenant voir par l’intuition que ces fenêtres protectrices m’accompagnent sur mes pas et me laissent découvrir en spectacle ce qui autrement me tiendrait en proie. Je vois alors en un seul tableau, à la découverte intérieure de la cité du réel, cette société humaine ou architectonie de la ruche.</p>
<p>Je regarde toujours par la fenêtre, ma tasse de café s’est vidé et je suis soudainement réveillé de mes pensées par mon voisin d’en haut dont je viens d’entendre les pieds bruir sur mon plafond.</p>
<p>Alors, dis-je, quel était ce récit que je voulais écrire et qui racontait l’histoire de ces quelques silhouettes vêtues, ce me semble, de chapeaux et de manteaux, silhouettes prises en tempête de l’autre côté de ma fenêtre.</p>
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		<title>les suisses&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Jan 2010 19:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gloria</dc:creator>
				<category><![CDATA[Geoculture]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[La suisse est un pays de vieux, 
il y a beaucoup de vieux ici et ou que tu regardes il y a un papy ou une mamie, c’est très bien, sauf que toi tu es jeunes et tu commences à réfléchir comme un vieillard.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.fotosearch.fr/bthumb/WTD/WTD004/LMF00546.jpg" alt="" /></p>
<p>Je connais pas mal de jeunes gens qui pensent déjà comme des vieux ici, pas de bruit, pas de sexe, pas de fête, pas de restaurant pour que la jeunesse se retrouve, les familles font un enfant et demi en moyenne et non pas un, ni deux, mais un et demi… argh</p>
<p>j’en ai tellement marre de cette mentalité de retraités,  surtout chez les jeunes, des fois ils te disent , « t’es trop révoltée toi » , parce que tu exprimes un désir d’énergie participative chez les gens , «tu es trop extrovertie, modère-toi » oui, j’en ai marre de mon pays de calmés…</p>
<p>c’est dans les paradoxes qui s’annoncent, l’agonie surréaliste d’un pays vieux, c’est quand tu commences à trouver que certains vieux sont plus juvéniles que la jeunesse que ça craint , car en aillant fait le 68, les papis  ont des idées assez <em>sui generis</em>, et ils avancent les mains et font des allusions salaces , juste que non, hein, non, non papi, casse toi, je ne suis pas encore passée de l’autre coté, je veux encore être jeune, et je suis jeune et ce n’est pas parce que ici l’on veut que les jeunes se calment que c’est juste ainsi&#8230;</p>
<p>je n’ai rien contre les vieux, ce qui me fait chier c&#8217;est le manque de jeunesse, en Suisse on manque de mecs, de géniteurs, les suissesses reviennent des Antilles avec des bébés dans le ventre, car ici personne ne baise, ni se marie, les hommes désormais sont en crise, ils vont chez les psy et expérimentent les relations homosexuelles, ou des mantras relaxant qui les endorment des décennies , nous vivons une étrange clinique à ciel ouvert, d’un coté les papis et de l’autre les thérapeutisés , on dirait que les gens doivent être rassurés d’une vie extraordinaire ou alors ils ne vivent pas, ou alors ils doivent avoir vécu beaucoup et très intelligemment et donc une simple personne normale ne fait forcement pas le poids..</p>
<p>et c’est ainsi que l’on voit des mecs de presque 60 ans qui se promènent avec des poussettes dans les parcs, avec une tête qui sens la fatigue et qui va élever ses enfants à devenir des petits papis, car les gens de plus de 60 ans ne supportent pas les gosses qui font le cirque, car un gosse naturellement est agité, l’énergie de l’enfance est une énergie qui doit  être sortie sans quoi on se retrouve plus tard avec des malades mentaux,</p>
<p>sur le sujet des minarets, je suis restée sur le cul, la peur, la méfiance et la jalousie, trois leitmotivs typiques des grands papas du monde, se retrouvent dans la maudite xénophobie… l’étranger comme la joie de vivre sont l’ennemi, finalement, toute nouveauté, toute réjouissance, toute sociabilité, qu’elle soit culturelle, générationnelle ou simplement  biologique, comme la jeunesse des enfants, se sont des choses à bannir, en suisse il faut être très adultes, voir vieux, calmes, blancs et en crise et réprimés en toute forme expressive , donc les gosses naissent vieux, parce que c’est culturel ….hélas…</p>
<p>il y a des jours ou j’aimerai lâcher mes longs cheveux et me mettre ma plus belle robe noire longue et sortir dans la rue et danser, et chanter, et crier et faire des rondes avec les gens qui me souriront, oui j’aimerais que se soit ainsi…mais je sais que ce n’est pas ça et que je me sens seule dans ce monde de vieux,</p>
<p>ou la moindre différence est vue comme une chose qui dérange, même la vie est assimilée au désordre, les enfants sont source de bruit, les amants qui font l’amour se voient envoyer la police, et les jeunes qui écoutent du rap sont vus comme des dealers et se ramassent des insultes, les noirs sont des fainéants, les arabes des terroristes, les juifs sont radins, les latino-américaines des putes, les frontaliers de la racaille,  les jeunes des malades mentaux, les enfants des hyperactifs…</p>
<p>ben les suisses son vieux… voilà …</p>
<p>les chiens sont les seuls qui vivent bien en Suisse, d’ailleurs dans ma ville tout leur est dédié, les parcs, les rues, les lampions, les murs, les chaussées, les bancs publiques, le lac et les voitures, voir les murs de la mairie, la statue de Helvétie , etc…bref de la merde part tout, et des éclaboussures de pisse et des annonces pour des psychiatres pour chien, coiffeurs pour chiens…puah…</p>
<p>j’aime mon pays, ces montagnes, ces lacs, ces plaines, sa nourriture, ce que je n’aime pas ce sont mes compatriotes retraités mentaux… qui on fait du calme, du silence et de l’absence d&#8217;énergie leur culture de base… bien sur ne sont pas tous comme ça, mais on est pas beaucoup.</p>
<p>j’y suis allée exprès à l’extrême dans ce récit, mais il y a beaucoup de ce que je pense… en toute sincérité …</p>
<p>je finis ce récit avec une touche d’humour, à l’hôpital quand je me suis sentie mal suite à la grippe A, l’infirmière m’a dit, vous êtes trop jeune pour la date de naissance que vous m’avez mise là et m’a demandé la carte d’identité…. j’avais pas de rides, et elle qui est plus jeune que moi oui !</p>
<p>c’est du délire…</p>
<p>gloria ©</p>
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		<title>BLACK CHINESE</title>
		<link>http://libragora.net/2009/11/black-chinese/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 20:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Crikrof</dc:creator>
				<category><![CDATA[A coté]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[L'histoire que j'vais maintenant vous narrer
M'sieurs, dames
Est celle d'un piètre cavalier, pas de ceux des westerns
Qui sans colt n'a jamais cotoyé Jessie James ou Calamity Jane
Fermez-vous à double tour ma p'tite dame
Ce cowboy est mal famé, sa trombine est partout placardée
Qu'a-t-il fait ce scélérat ? Un bien mauvais choix
Puisqu'il est né au mauvais endroit]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Black Chinese est de&#8230;<br />
Black Chinese est de&#8230;<br />
Black Chinese est de retour</p>
<p>Black Chinese, car c&#8217;est de lui dont il s&#8217;agit<br />
Ne répond pas aux critères d&#8217;identité nationale<br />
C&#8217;est le boss qui l&#8217;a décidé, c&#8217;est le shérif qui le reconduit<br />
A chaque fois qu&#8217;on lui demande ses papiers à ce vandale<br />
Il tend ses poignets et on lui passe les menottes<br />
Mais vers quelle foutue frontière l&#8217;expédier ?<br />
Ce ne doit jamais être le bon aller<br />
Car aujourd&#8217;hui comme à chaque fois, dans ses vieilles bottes :</p>
<p>Black Chinese est de&#8230;<br />
Black Chinese est de&#8230;<br />
Black Chinese est de retour</p>
<p>Black Chinese est né tout mélangé, un métis quoi<br />
Et pour tout corser, il est bien intégré<br />
Il pianote au saloon pour nourrir ses drôles mais il ne vote pas<br />
C&#8217;est dommage mais il le cherche : c&#8217;est un étranger<br />
Il cherche jamais la rixe, Black Chinese, ça sent pas bon<br />
C&#8217;est peut-être un mauvais bougre, un terroriste, un insurgé<br />
Rassurez-vous mon bon monsieur, on va le réexpédier<br />
En attendant, attention, attention :</p>
<p>Black Chinese est de&#8230;<br />
Black Chinese est de&#8230;<br />
Black Chinese est de retour</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Dialogue avec l&#8217;attente.</title>
		<link>http://libragora.net/2009/10/dialogue-avec-l-attente/</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 00:10:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gloria</dc:creator>
				<category><![CDATA[FolieSophie]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Je voulais dire quelque chose sur l’attente, je crois qu'entre les formes de tortures les plus cruelles il y a celle de l’attente.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On attend pas mal de choses dans la vie, on commence déjà par la naissance, on attend d’apprendre à marcher et après on attend l’usage de la parole, ensuite l’autonomie et enfin l’école, mais hélas après on attend la reconnaissance et ceci nous porte à attendre de mûrir pour cesser d’attendre, et voilà que l’attente de la personne juste pour nous, nous laisse attendre ce dernier train qu’on refuse de prendre car cela est la seule attente qui ne nous fait pas peur&#8230;</p>
<p>Oui on attend pas mal de choses, la nuit souvent nous attendons d’avoir sommeil et cela nous surprend en attendant désormais le matin, on attend le grand amour comme s’il était en stand-by, alors souvent sans avoir pas bien choisi on attend l’enfant, par souci d’avoir trop attendu et de ne jamais avoir eu l’attente plus importante de la vie, celle d’être parents, et ceci sans avoir attendu l’amour de sa vie, les attentes ne respectent pas les rythmes biologiques parfois alors tu te mets à espérer que les enfants en grandissant te laisseront le temps d’attendre ce regard derrière une porte qui attendait depuis toujours de rencontrer le tien, mais des fois c’est long d’attendre et certains attendent encore couchés dans un cimetière&#8230;</p>
<p>En peu de mots rien n’advient sans son attente préventive et apéritive, ce bonus qui nous fait payer toujours la maturité en une série d’attentes, qui prend des années pour arriver à saisir le fait qu’il ne fallait peut-être pas attendre pour vivre, que la vie est courte et que de toute façon attendre est pour ceux qui peuvent se le permettre&#8230; l’incertitude, sale pute de l’attente nous rend cyniques, deuxième coup de darde en pleine gueule traversant nos vies &#8230; les doutes et les paroles nous tiennent par le cou et jamais nous n&#8217;arrêtons d’essayer de comprendre quel est le moment juste pour cesser d’attendre&#8230;</p>
<p>Des fois je deviens triste en pensant à toutes les choses pour lesquelles nous n’aurions jamais dû attendre même pas une minute, non on ne devait pas attendre trop pour aimer, on ne devait pas attendre pour dire à quelqu’un qu’on l’aime, parce que ces mots ont trop attendu dans la gorge et blessent depuis l’intérieur et cette absence de son étrangle l’amour qui meurt de frustration non libérée, non, nous ne devons pas toujours attendre pour tout, le fait d’être toujours au point pour agir comporte un risque et ceci est l’antithèse de l’attente, après on paye la mort du choix.</p>
<p>Oui l’attente est une forme de cruauté si on la laisse gérer nos vies, si on la néglige elle commence à grandir comme une mauvaise herbe, qui nourrit notre primitive tendance égocentrique en laissant s’échapper l’amour, l’amitié, et aussi l’envie d’être en nous ; au moment exact de notre cruel mauvais choix nous voyons l’éloignement des personnes et des raisons de vivre, et nous ne pouvons rien faire pour arrêter ce mouvement-là ; l’attente est une cruauté qui dicte nos vies, des fois pour se défouler dans notre primitive connerie égocentrique nous laisser s’envoler le jus et la merveille seuls ingrédients indispensables au bonheur&#8230;</p>
<p>N’attendons plus pour vivre, courons dans les bras de l’aimé et cessons de nous infliger des attentes artificielles qui cachent notre perfectionnisme idiot et misérable&#8230;</p>
<p>N’attendons plus pour être&#8230;</p>
<p>Soyons&#8230; ! </p>
<p>2009 © de « Dialogues »  </p>
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		<title>Essai 2</title>
		<link>http://libragora.net/2009/09/essai-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 13:58:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vaelag</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citoyenneté]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Il y a tellement de chose à exprimer, et si peu de gens pour écouter.

Loin de vouloir faire dans le dramatique à outrance, loin de vouloir me faire l'écho d'un esprit déprimé. Il convient de constater que de réels problèmes ont court à l'heure actuelle. On aimerait nous faire croire et faire croire que le monde est tel que les "grands" l'ont conçu et cela semble marcher.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le citoyen, au lieu de se réformer soi même et de définir un lien de causalité direct entre ce qu&#8217;il observe et ce qu&#8217;il fait est substitué par un sentiment de révolte et de rejet contre ces prétendus &laquo;&nbsp;grands&nbsp;&raquo; : déviant ainsi l&#8217;énergie humaine première, qui est celle de la pensée, dans une cause tout aussi futile que néfaste : celle de la recherche d&#8217;un démon extérieur.</p>
<p>Les hommes se plaignent que les océans se vident, et ils exigent que chaque restaurant soit prêt à leur fournir des biens et des eaux, obligeant un approvisionnement constant et dévastateur.<br />
Les hommes se plaignent du manque de liberté, et ils demandent de vivre sans risque et sans danger.<br />
Les hommes se plaignent de la destruction de l&#8217;environnement et ils exigent de construire sur de nouveaux terrains de nouvelles maisons.</p>
<p>Une illusion tendrait à nous faire croire que le monde que nous voyons est extérieur à nous, nous enlevant de fait notre capacité intrinsèque à pouvoir le modifier, alors qu&#8217;il n&#8217;est que le strict reflet de notre pensée que nous avons cultivé et matérialisé.</p>
<p>Ainsi pour conditionner un mouvement, il faut non seulement alimenter une pensée mais aussi la cultiver.</p>
<p>Une pensée en particulier est selon moi porteuse d&#8217;une idée terriblement destructrice non pas dans sa nature même mais dans l&#8217;environnement dans lequel elle s&#8217;exprime : celle de l&#8217;abondance.<br />
L&#8217;abondance, que je prends au sens de capacité à être sans restriction matérielle aucune, fait naître selon moi l&#8217;idée perverse que l&#8217;on peut avoir tout ce que l&#8217;on peut imaginer, tout ce que l&#8217;on peut produire : c&#8217;est donc tout avoir, une possibilité infinie de création sur un support théoriquement tout aussi infini. Le problème est que ce support ne l&#8217;est justement pas, il en est même intrinsèquement opposé : le monde biologique est basé sur un système d&#8217;équilibre, de restrictions naissant de cet état de balance et qui assurent la survie de chacun. De fragiles écosystèmes se sont développés à cette seule condition. Supprimer le prédateur d&#8217;une espèce voit la prolifération de cette dernière, supprimer la proie voit le déclin du prédateur. Apparaît là la notion d&#8217;équilibre. </p>
<p>Le problème posé se voit être le suivant : comment un mode de vie fondé sur l&#8217;abondance peut-il cohabiter avec un support matériel qui, dans son essence profonde, est au contraire délimité par des bornes strictes qui interdisent tout excès ?<br />
Un professeur de physique chimie de mon lycée a dit un jour, lorsque nous lui demandions pourquoi le rendement de la réaction d&#8217;un alcool avec un acide carboxylique augmentait lorsque l&#8217;on augmentait la proportion de l&#8217;un ou l&#8217;autre de ces éléments, que la nature n&#8217;aimait pas les excès et qu&#8217;elle tendait à les éliminer.</p>
<p>Ne nous serions-nous tous pas trompés de voie ?<br />
Et si nous nous étions déconnectés de notre support ? De la réalité ? Nous enfermant dans une illusion techno-matérielle nourrie par le désir d&#8217;abondance, le désir de posséder, de dicter ? Alimentant l&#8217;idée que nous sommes les maîtres d&#8217;une chose ; sur laquelle pourtant nous n&#8217;avons pas la moindre prise ?</p>
<p>Il est en effet vrai que l&#8217;homme ne maîtrise rien, il peut parfois diriger ou influer mais avec beaucoup de maladresse : luttant et subissant bien plus souvent les changements que les contrôlant.</p>
<p>Une recherche faisait état d&#8217;une situation désertique dans l&#8217;Ouest américain après que cette région ait été florissante, verte et riche. Il ne semblait pas y avoir d&#8217;explication et pourtant : l&#8217;extinction du bison dans ces régions ne permettait plus à ses prédateurs de le chasser, le nombre de cadavres a donc baissé de façon significative, entraînant les charognards et toute une chaîne du vivant qui s&#8217;était établie autour du bison, qui une fois ce dernier disparu sombra avec lui. La réintroduction de cet animal eu lieu et le résultat fut au rendez vous : un redémarrage de l&#8217;écosystème et un retour de la végétation, dans un lieu auparavant désertique. </p>
<p>Le déboisement entraînent une instabilité du sol, du fait de la suppression des racines qui le fixent, mais également une non rétention des eaux qui permet l&#8217;avancée des déserts dans certaine régions du monde notamment en Chine où, née de cette constatation, une politique de reboisement est menée.</p>
<p>Ainsi il est une preuve que l&#8217;homme comprend mal le monde qui l&#8217;entoure et encore moins les interactions infinies qui le constituent.</p>
<p>On dit bien souvent du &laquo;&nbsp;no-life&nbsp;&raquo; et ce de façon péjorative que celui-ci a perdu tout contact avec son environnement, à savoir sa famille, ses amis, le tissu social qui est l&#8217;essence relationnelle de l&#8217;homme et qui lui permet de vivre en groupe: condition sine qua non de son développement .</p>
<p>Nous pourrions bien dire, à certains égards, que nous sommes tous des &laquo;&nbsp;no-life&nbsp;&raquo; se mouvant dans la négation permanente de cet état de fait, coupés non pas du tissu social mais de celui du vivant, du réel que je considère comme étant l&#8217;essence existentielle de l&#8217;individu, et qui régit la relation qu&#8217;il partage non pas entre ses congénères mais avec l&#8217;univers, le Tout dont il fait partie.</p>
<p>Il m&#8217;apparaît dès lors comme essentiel de redéfinir notre perception du bien matériel et de cette relation avec ce sur quoi nous évoluons et qui permet notre existence : notre support, la Terre et toutes ses ressources.</p>
<p>C&#8217;est à cette seule condition : c&#8217;est-à-dire à l&#8217;abolissement de la perception de l&#8217;idée d&#8217;abondance  que nous pourrons vivre en accord avec notre environnement, avec les autres et finalement, peut-être, avec nous-même.</p>
<p>(Soyez indulgents s&#8217;il vous plaît ! J&#8217;étais un peu dans la déprime quand je l&#8217;ai écrit.)</p>
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		<title>Éloge de la femme mûre</title>
		<link>http://libragora.net/2009/07/eloge-de-la-femme-mure/</link>
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		<pubDate>Thu, 09 Jul 2009 12:30:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>HumanBeing</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mon quotidien]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Je n'ai jamais cherché pourquoi j'ai toujours préféré les femmes belles aux jolies filles, et les femmes moins belles aux femmes plus jeunes. Les femmes mûres à celles qui étaient encore vertes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« Femmes mûres »&#8230; j&#8217;ai toujours trouvé la juxtaposition de ces deux mots parfaitement ridicule. C&#8217;est pourtant ainsi que la société des hommes qualifie les femmes qui ont entre quarante et cinquante ans. Pour certains, ça commence avant, pour d&#8217;autres, comme moi, la maturité commence après. Au moment où les femmes ne peuvent plus être mères. Qu&#8217;importe. Elles ont toujours été l&#8217;objet de mon désir.</p>
<p>Ça n&#8217;a jamais vraiment commencé. Rien n&#8217;a déclenché cela. Adolescent, je me branlais déjà sans comprendre sur des photos de femmes mûres. Sans comprendre ce qui dans leur corps, dans tout leur être, m&#8217;attirait irrésistiblement. Je les dévisageais à la terrasse des cafés, et quand elles portaient des jupes courtes, j&#8217;essayais de glisser mon regard entre leurs jambes attendant qu&#8217;elles les croisent et les décroisent et les recroisent. </p>
<p>Certaines, parfois, trop rarement, portaient des bas, et quand j&#8217;en entrevoyais la limite, en haut de la cuisse, mon c&#339;ur s&#8217;emballait, le sang cognait à mes tempes, et j&#8217;imaginais des scénarii dans lesquels je les suivais jusqu&#8217;aux toilettes, où nous faisions l&#8217;amour de manière bestiale. Je rentrais chez moi et je me masturbais avidement gardant parfois des semaines durant le souvenir de ces images. </p>
<p>J&#8217;en suivais aussi certaines dans la rue. J&#8217;imaginais des étreintes magnifiques dans l&#8217;ascenseur, dans la cage d&#8217;escalier, chez elles. Pourtant, elles demeuraient inaccessibles. Jamais je n&#8217;ai osé parler à l&#8217;une d&#8217;entre elles. C&#8217;était une passion aussi dévorante que silencieuse. Cela a duré des années, toutes les années qui ont précédé notre rencontre. Depuis, l&#8217;immense charge sexuelle de cette attirance instinctive a peu à peu cédé le pas à une autre attirance, plus proche de la complicité intellectuelle que du désir physique, même si ce désir ne m&#8217;a jamais quitté. </p>
<p>Nous nous sommes donc rencontrés. J&#8217;aimais les femmes plus âgées et tu aimais les hommes plus jeunes. Heureuse convergence. Te souviens-tu comme au départ, nous avions presque honte de cette relation ? Et puis, peu à peu, le regard des gens a commencé a glisser sur notre amour. Aujourd&#8217;hui, nous n&#8217;y prêtons plus attention. Les gens pensent parfois que tu es ma mère. Les gens pensent alors parfois que nous sommes trop proches, que notre rapport l&#8217;un à l&#8217;autre est indécent. Ils se disent même que peut-être on couche ensemble envers et contre toute morale. Que c&#8217;est dégueulasse. C&#8217;est vrai qu&#8217;on couche ensemble, mais ça n&#8217;a rien de dégueulasse. C&#8217;est même plutôt assez beau.</p>
<p>Les gens ne savent parfois pas quoi penser. Ils se disent que, quand même, tu es un peu jeune pour être ma mère. Parce que je fais plus vieux que mon âge, ou parce que tu ne fais pas le tien. Sans doute un peu les deux. Ou bien est-ce qu&#8217;ils sentent cette étrange complicité quand on se parle, quand on se regarde, cette totale absence de limites et de barrières entre nous. Dix-huit ans nous séparent pourtant, à dix jours près. </p>
<p>Tu ne caches pas ton âge, simplement personne ne te donne ta cinquantaine passée. On te prête volontiers moins. Ça te flatte, mais tu ne mens jamais. Je t&#8217;ai appris à ne plus mentir sur ton âge, parce que ton apparence, et tout ce qui émane de toi, ment à ta place. Oui, tu aurais l&#8217;âge d&#8217;être ma mère. Je pourrais être ton fils. Mais tu n&#8217;es pas ma mère. Et je ne suis pas ton fils. Demain, nous serons mariés depuis sept ans.</p>
<p>Tu sais, je te trouve toujours aussi belle, même si je n&#8217;attache plus depuis longtemps une très grande importance à ces choses-là. Tu es belle et je t&#8217;aime. Tu es belle et tu n&#8217;as pas d&#8217;âge. Tu seras belle dans dix ans, dans vingt ans, et les rides et les plis et toutes les disgrâces que les années imprimeront sur toi ne changeront rien à cela. </p>
<p>J&#8217;aime les marques du temps sur ton corps, j&#8217;aime les marques du temps sur le corps de toutes les femmes, ces marques mêmes qui dégoûtent tant les hommes parce que leur narcissisme ne se satisfait que de chair fraîche et de plastique standardisée. Parce qu&#8217;ils donnent pour avariés des corps qu&#8217;ils considèrent avoir trop servi. Ces hommes qui ne font pas l&#8217;amour, mais se masturbent frénétiquement dans le vagin des femmes plus jeunes pour se rassurer, croyant endiguer ainsi leur propre décadence. </p>
<p>Il faut regarder droit dans les yeux le temps qui passe. Sans baisser le regard, sans chercher à s&#8217;y soustraire. Sans souffrance. Apprendre à vieillir et à se voir vieillir, et à voir l&#8217;autre nous voir vieillir. Vieillir, avant tout, c&#8217;est se détacher enfin de toutes les contingences. C&#8217;est un privilège.  </p>
<p>Tu dis que je suis trop jeune pour comprendre cette angoisse qui est la tienne. Tu dis qu&#8217;un jour je me lasserai de toi, qu&#8217;un jour je me réveillerai à tes côtés en te trouvant vieille et laide, et que je te quitterai sur le champ pour une femme plus jeune, dont le corps sera plus désirable. Comme si cela avait une quelconque importance. Oui, ton ventre s&#8217;est affaissé un peu, tes seins retombent un peu plus lourdement, et un peu plus bas sur tes côtes, le dessous de tes bras pend davantage qu&#8217;il y a huit ans, quand on s&#8217;est rencontré, tout est moins ferme, tout se relâche, malgré le soin que tu apportes à ta personne. </p>
<p>Les cons diraient néanmoins que tu es bien conservée pour ton âge, que tu es encore tout à fait « baisable », et tu alimenterais encore facilement leur fantasme bon marché de la vieille salope qui brûle dans un désespoir débridé ses dernières cartouches. Ces fantasmes que j&#8217;avais à quinze ou seize ans. Qu&#8217;ils disent et qu&#8217;ils pensent ce qu&#8217;ils veulent. Après tout, on n&#8217;empêchera jamais les hommes d&#8217;être cons quand ils pensent aux femmes et quand ils parlent d&#8217;elles au pluriel.</p>
<p>Je sais que tes efforts pour ralentir le temps seront vains, un jour, et cela ne me dérange pas. Cela ne me dérange pas que notre différence d&#8217;âge se voie de plus en plus, ni même qu&#8217;elle choque les gens, qu&#8217;elle bouscule le bon goût ambiant, le jeunisme qui est de rigueur aujourd&#8217;hui. Je ne cherche pas à ce que ton corps reste le même. Oui, tu as vieilli. Mais je sais que même très vieille, tu seras toujours belle.  </p>
<p>Parce que tu es belle. Tu es belle d&#8217;une beauté qui échappe à tous les canons. Tu es belle de manière parfaitement imparfaite. De manière intemporelle. Tu es belle parce qu&#8217;on lit sur chacun de tes traits l&#8217;épanouissement et la sérénité. La bienveillance et la douceur. Tu es belle parce qu&#8217;il émane de toi quelque chose qui échappe aux mots.</p>
<p>Oui, tu as vieilli. Et cela te va si bien. </p>
<p>Signé : ton chat vert</p>
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